La violence! La violence est un sujet aussi vaste que tous les océans et mers réunis! C'est même le sujet «chouchouté» par les sociologues. Dans la famille, dans la rue, sur les lieux du travail ou dans les établissements scolaires, la violence se manifeste sans «préavis». Elle naît par la... violence, oui c'est paradoxal mais c'est ainsi. Maître Toufik Beskri est un avocat qui porte une double casquette. Il est aussi chercheur en sociologie. Il guette le moindre dossier où la violence est la star pour s'exprimer pleinement à la barre. Et si la justice gère un dossier où la violence est située en toile de fond, l'avocat, lui, va puiser dans l'après-exercice de cette même violence. La dernière affaire qu'il a eu en mains concerne les poursuites engagées par une maîtresse d'école qui a eu affaire à un parent d'élève de troisième année primaire, venu «laver» l'affront fait en classe par la maîtresse. Il est apparu que les faits avaient commencé en classe lorsque la maîtresse avait surpris M.L.neuf ans, en train de jouer avec son portable. Elle lui enlève l'appareil et lui tire l'oreille tout en le mettant en garde contre de telles pratiques proscrites en classe. De retour à la maison, M.L. se plaint auprès de la maman laquelle grossit les faits et rameute le mari, gardien de parking sauvage autoproclamé chef de sécurité des lieux. Ce dernier écoute maman et le lendemain matin, à la première heure, considérant que la vérité sort de la bouche des enfants, donc de son propre fils, il se présente devant le portail et demande à voir cette maîtresse qui a non seulement maltraité son enfant, mais encore «volé» le phone. Il a fait un tel boucan que la direction a préféré appeler «Police-secours». Entendu, le papa-vengeur était aveuglé par la «vérité qui est sortie de la bouche de l'enfant», qui plus est, son propre fils de neuf ans, un âge intouchable, même par sa propre maîtresse. Maître Toufik Beskri va, à deux reprises, plaider côté «sociologie». Devant le tribunal, il ne réussira pas à effacer les trois mois d'emprisonnement ferme pour violation d'un lieu public, tentative d'agression sur une fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions et menaces. C'est alors que devant Rabia Benamrane, en appel, le prévenu a eu une chance inouie lorsque son défenseur a dû faire appel à un truc auquel seul un sociologue pense. En effet, Maître Beskri dira à trois mètres de la composition correctionnelle: «Madame la présidente, depuis que l'enfant a appris que son papa a été condamné à la prison ferme il n'est plus le même. Il a changé du tout au tout. Il s'est recroquevillé sur lui-même, pensant être responsable des ennuis causés. Si la peine n'est pas levée, le gosse risque d'aller vers la déprime, le traumatisme et j'arrête ici les douloureuses suppositions.» L'assistance était tout ouie. L'avocat a effectivement réussi à capter l'attention de tous. Et là, nous pouvons souligner à juste titre que l'avocat a été effacé pour douze minutes par le sociologue. Le verdict a été donc revu à la baisse et le ferme a été banni pour ne laisser place qu'au sursis. L'enfant pourra donc dormir tranquille ce soir de la sage décision de la cour.