L'appel surprenant du président du Tajamou Amel El Djazaïr (TAJ), Amar Ghoul, pour une «conférence politique nationale inclusive afin d'aboutir à un projet consensuel», continue de susciter des réactions. En effet, le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a décliné, hier, la proposition et l'invitation faites par Amar Ghoul, qui a appelé, la semaine dernière, la classe politique et la société civile pour l'organisation d'une «conférence nationale sous l'égide du président de la République». Sans le nommer, le patron du MPA a manifestement refusé de prendre part à cette «intrigante» proposition, alors que les deux hommes politiques sont liés par ce qui est appelé l'alliance présidentielle. «Le MPA ne fera jamais partie d'un rassemblement initié par un parti politique», a répondu Benyounès, qui a inauguré hier une permanence de son parti à Bouira. Le patron du MPA a refusé de commenter plus la démarche de l'ancien ministre des Travaux publics, qui continue de susciter des questionnements renforçant ainsi les incertitudes sur la tenue de la présidentielle d'avril 2019. Amara Benyounès, qui n'a pas encore exprimé la position de son parti par rapport au 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, est en revanche favorable pour «la continuité». Néanmoins, le projet de la «continuité» auquel ne cessent d'appeler les formations politiques de soutien du Président est conditionné au MPA. Dans son bref discours fait hier devant les cadres de son parti, l'homme qui défendait sans relâche, mais sans convaincre personne, le président Bouteflika a appelé à la mise en place d'un «projet économique fort et solide». «Nous avons besoin d'un projet économique pouvant sortir le pays de la crise», a-t-il dit. La déclaration faite par Amara Benyounès laisse entendre que la stratégie et le projet économique ont manqué jusqu'ici. Néanmoins, ce sont les incohérences et les déclarations contradictoires auxquelles s'adonnent des chefs de partis proches de la sphère présidentielle qui suscitent l'étonnement.