Merdj est véritablement un petit bout de femme qui dirige une jeune association qui milite pour l'émancipation de la femme rurale dans une zone où rares sont les femmes qui osent défier l'ordre établi. Amal (l'espoir, ndlr), tel est le nom de cette association qui vient de naître dans cette partie ouest de la wilaya de Tipasa. La présidente de cette association n'a pas ménagé son auditoire pour dénoncer les conditions dans lesquelles vivent les femmes rurales, qui n'ont ni les moyens pour venir consulter les médecins en ville pour se faire soigner ni pour apprendre à lire. Des femmes venues des montagnes de Beni Haoua (Chlef), Damous, Larhat, Gouraya, Aghbal et Messelmoune ont commencé depuis très peu de temps à fréquenter un étroit local à Gouraya pour apprendre à fabriquer les pâtisseries et autres gâteaux, à coudre, à broder ou à faire de la poterie. Avec très peu de moyens, au bout de 8 mois de dur labeur, la présidente, Merdj, a réussi à métamorphoser ces femmes autrefois analphabètes. Elles travaillent à présent chez elles dans la perspective de se prendre en charge. Des actions très simples rentrant dans le cadre de la préservation du patrimoine rural. Pour les citadins, cela paraît anodin. Ce n'est pas le cas pour Mme Merdj et les femmes qui l'entourent. Elles étaient émues et surprises de voir quelques personnes et citoyens anonymes du monde associatif venus les encourager dans leur action.