«Olive», qui sort la semaine prochaine à Los Angeles, est un film exceptionnel à plus d'un titre. D'abord, il voit Gena Rowlands renouer avec le grand écran après quatre ans d'absence. Ensuite, c'est le premier film tourné entièrement avec un téléphone portable. En soi, «Olive» a tout du drame classique. Une fillette de 10 ans, qui ne parle pas, «met sens dessus dessous la vie de trois personnes: une vieille femme aigrie (Gena Rowlands), un homme obèse et un étranger qui n'arrive pas à s'adapter à la vie aux Etats-Unis», raconte Hooman Khalili, le réalisateur du film. Mais là où «Olive» se démarque, c'est par la façon dont il a été tourné: à l'aide d'un téléphone portable multifonction Nokia N8. Pour l'occasion, sa caméra intégrée a été surmontée d'un objectif 35 mm, format habituel des caméras de cinéma, afin d'obtenir une plus grande profondeur de champ. Le film n'a coûté que 500 000 dollars, déboursés par Chris Kelly, un ancien responsable de Facebook, et William O'Keeffe, un philanthrope de San Francisco. Indépendant, le film n'en a pas moins réussi à refaire passer Gena Rowlands devant la caméra, après quatre années d'absence du grand écran. A 81 ans, l'ancienne égérie de John Cassavetes s'est laissée séduire non pas par le procédé utilisé, mais bien par le scénario.