Il y a plusieurs semaines, à l'occasion de l'installation de la commission du MJS (ministère de la Jeunesse et des Sports) chargée du suivi du processus de renouvellement des instances sportives, il a été décidé d'auditer les différentes fédérations et que les conclusions de ces audits seraient rendues publiques lors des assemblées générales ordinaires de fin de mandat. Beaucoup d'informations, parfois contradictoires, ont circulé quant aux conclusions de ces audits. Mais, le fait est que ces dernières n'ont pas été rendues publiques. Même si rien n'a filtré d'une manière précise, il est de plus en plus clair que certains présidents et membres des bureaux fédéraux sortants ont été déclarés inéligibles pour les nouvelles élections en raison d' «irrégularités» relevées dans leurs gestions. Et ce qui démontre encore plus que ces supposées «irrégularités» sont bel et bien réelles c'est le fait que les concernés, dès que la sentence de leur exclusion est tombée, n'ont même pas tenté de résister en faisant recours auprès des instances en charge du dossier. Seuls quelques uns ont suivi cette voie. La majorité d'entre eux se sont retirés sans faire trop de bruit. La question qui se pose alors est : pourquoi des dossiers ne sont pas transférés à la justice dans les cas où il y a de graves irrégularités et il en existerait apparemment ? Pourtant, certaines fédérations sportives ont consommé quelques dizaines de milliards durant le précédent mandat. Des sommes faramineuses qui doivent être impérativement justifiées. Sinon, l'impunité ne ferait que favoriser la rapine. Si les audits diligentés ont révélé quoi que ce soit d'irrégulier au niveau des fédérations, les Algériens sont en droit d'avoir connaissance de leurs conclusions. Par ailleurs, ce qui est encore plus intrigant c'est le fait que des bilans, moral et financier, ont été adoptés, à l'unanimité même, alors que quelques jours plus tard les auteurs de ces bilans ont été déclarés inéligibles. Les membres des assemblées générales de ces fédérations, qui logiquement, reçoivent les textes des bilans plusieurs jours à l'avance, ne sont-ils pas en mesure de déceler ces mêmes irrégularités qui ont conduit à des «sanctions» ? Il y a même, apparemment, des bilans adoptés alors qu'ils sont sujets à des réserves émises par les commissaires au compte. Ceci pour dire que, dans beaucoup de cas, ce n'est pas seulement le président et les membres des bureaux fédéraux qui sont responsables, mais toutes les personnes constituant l'assemblée générale. En dernier lieu, il est utile de dire qu'il est anormal qu'un auteur d'«irrégularité» s'en sort seulement avec une «mise à l'écart». S'il y a des soupçons, c'est à la justice de décider, et après enquête, que ce sont de simples erreurs de gestion, sans une mauvaise intention, ou que ce sont des délits qui méritent une sanction à leur hauteur. Mais, dans tous les cas de figure, les citoyens sont censés prendre connaissance des conclusions des différents audits ou enquêtes. A. A.