La loi portant ouverture du champs audiovisuel au secteur privé doit, de l'avis de plusieurs partis, contenir des garde-fous bien définis et transparents à même de faire obligation aux investisseurs d'offrir des prestations médiatiques objectives et impartiales et d'empêcher les détenteurs de fonds et les personnes influentes d'accaparer ce secteur à des fins personnelles. Cependant, les avis des responsables de ces partis oscillent entre opposants et partisans de l'idée de création de chaînes de télévision propriétés des partis politiques. D'aucuns pensent que les partis politiques doivent rester à l'écart du secteur alors que d'autres ne voient pas d'inconvénients à ce que les partis politiques possèdent leurs propres chaînes de télévision, pour peu qu'elles se conforment au cahier des charges régissant le secteur. Dans ce contexte, M. Kassa Aissi, responsable de la communication au parti du Front de libération nationale (FLN), a mis l'accent sur la nécessité d'un débat national qui impliquerait les spécialistes du secteur "en vue de trouver les mécanismes et cadres juridiques définissant les missions et le rôle des médias audiovisuels privés dans la consécration de la démocratie et la préservation des libertés et des intérêts suprêmes de la nation et du pays". M. Aissi a souligné la nécessité de "définir un cahier des charges régissant le secteur qui tienne compte des 20 ans d'expériences dont dispose la presse écrite privée" et de "mettre en place des garde-fous qui font obligation aux médias audiovisuels de respecter les fondements et traditions de la société algérienne loin de la désinformation et de l'incitation à la fitna". Concernant la détention par les partis de chaînes de télévision, M. Aissi a indiqué que les partis ne disposaient pas de moyens financiers leur permettant de créer des chaînes de télévision ajoutant que la logique politique "veut que le secteur ne soit pas contrôlé par les partis pour qu'il ne dévie pas de sa voie impartiale et objective". De son coté, M. Mustapha Hamissi, responsable de l'information au parti de la liberté et de la Justice (PLJ) a mis l'accent sur l'impératif de "mettre en place des garde-fous pour limiter le contrôle du secteur par les détenteurs de fonds" soulignant par la même la nécessité "d'ouvrir ce secteur sensible aux professionnels pour créer des chaînes de télévision et de radio". Il a également appelé à la "mise en place d'un cahier des charges qui définirait les contours de toute action médiatique et son rôle en matière de consécration de la pluralité médiatique au sein de la société algérienne pour une meilleure prise en charge des problèmes que rencontre le citoyen algérien". L'intervenant a appelé à "la désignation de deux autorités de régulation, l'une concernant le secteur de l'audiovisuel et l'autre l'éthique avant l'octroi d'agréments". Pour sa part, M. Ramdane Taazibt du Parti des travailleurs (PT), a souligné que son parti "ne s'oppose pas à la détention de chaînes de télévision par les partis politiques, pour peu que ces dernières respectent le cahier des charges et les textes prévus par la loi en question tout en accordant la priorité aux professionnels". M. Taazibt a souligné l'impératif de mettre en place des textes juridiques bien précis afin de prémunir ce secteur contre tout "monopole par les groupes d'intérêts, les détenteurs de fonds sales et les milieux d'influence" insistant à ce que ces médias soient "un espace d'échange d'idées et de programmes et de prise en charge des aspirations et préoccupations quotidiennes du citoyen". Ouvert au privé, le secteur de l'audiovisuel doit "être un outil pour rassembler les Algériens, réaliser la démocratie, promouvoir les libertés et contrôler la performance du gouvernement et des assemblées élues", a estimé M. Mohamed Hadibi, chargé de l'information au Mouvement Ennahdha. Les chaînes privées devront, a-t-il poursuivi, constituer "un large espace indépendant pour l'échange d'idées et des programmes ainsi qu'un centre de rayonnement pour répandre la culture du dialogue et prendre en charge les préoccupations du peuple tout en défendant les intérêts du pays et en luttant contre tous les fléaux". Il a estimé nécessaire de mener une enquête sur le financement de ces médias avant de leur accorder des autorisations "afin qu'ils ne soient pas un outil à la portée de groupes d'intérêts ou des parties extérieures ayant des agendas bien précis". Pour sa part, M. Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA) a insisté sur "l'impératif d'appliquer rigoureusement la loi régissant ce secteur afin que ce dernier ne tombe pas entre les mains des détenteurs de fonds et parties influentes au détriment de la pluralité médiatique et politique". Le secteur audiovisuel privé doit "être un moyen d'expression, de prise en charge des préoccupations de la société, d'accompagnement des réalisations, des projets d'envergure et des réformes tout en apportant des alternatives positives aux questions et problèmes soulevés sur la scène nationale", a estimé de son côté le porte-parole officiel du Rassemblement national démocratique (RND), M. Miloud Chorfi. "Il faut qu'il y ait une fusion entre les jeunes professionnels et les investisseurs privés dans le souci de réaliser une complémentarité en faveur de la pluralité politique, médiatique et démocratique" a préconisé M. Chorfi qui a insisté sur "l'impartialité du secteur dans le traitement de l'information".