Pour occuper le terrain des opérations, y peser, renflouer les rangs du parti, il est question de présenter un candidat à la présidentielle de 2004. Les dirigeants de cette organisation semblent sérieusement vouloir se redéployer sur le terrain des opérations. Au niveau national, des actions de sensibilisation auraient déjà été entreprises. Au Centre comme à l'Ouest du pays, la base militante du FIS dissous ayant été mobilisée. En effet, sur la base d'informations crédibles en provenance de sources sûres et très au fait de l'actualité politico-sécuritaire, il est rapporté que le représentant de cette organisation pour la région Ouest, en l'occurrence Chenouf Mohamed Lazreg, aurait rencontré, dans la wilaya de Mostaganem, des ex-militants actifs du parti dissous aux fins de trouver la démarche qui aboutirait à la restructuration du FIS dans cette région. Les révélations de nos sources indiquent que cette visite avait aussi pour tâche de déblayer le terrain à une prochaine visite, dans cette wilaya, qui sera effectuée par Mustapha Kébir, le frère de Rabah du même nom, représentant du FIS dissous à l'étranger. En ce qui concerne le Centre du pays, L'Expression a pu détenir des informations crédibles dévoilant que sur instruction de l'ex-chef de la région de Larbaâ, Mustapha Kertali, des contacts auraient été engagés entre les éléments de l'AIS appartenant à cette région et de hauts cadres du mouvement Ennahda, pour «renflouer» les rangs de ce parti. Il s'agirait d'une démarche, expliquent nos sources, qui consiste, pour cette organisation autodissoute, d'avoir une couverture politique lui permettant d'une part d'encadrer et de prendre en charge «légalement» la catégorie de ses éléments ayant bénéficié de la loi sur la concorde civile, et, d'autre part, d'arriver à gagner «la confiance» de la base militante du FIS dissous. Nos sources semblent dire que même les membres des familles de cette frange seraient appelés à adhérer aux rangs de la formation d'Ennahda. Il semble clair, maintenant, que le choix de l'AIS sur ce parti n'est pas fortuit. Mais pourquoi pas El-Islah de cheikh Djaballah? Les spécialistes de «la chose islamiste» disent que ce dernier appartiendrait à la tendance «djaz'ariste», donc enclin au «modernisme» et ne pouvant composer avec «les salafistes». En outre, selon eux, les «djaz'aristes» aspirent plutôt à faire «leur révolution» pour s'emparer d'un pouvoir et non engager une réislamisation de l'Algérie comme c'est le cas du courant «salafiste». En revanche, la propension de l'AIS à réactiver Ennahda ou le «réanimer», proviendrait d'un choix qui semble être «régionaliste», en ce sens que la majorité des responsables de ce parti serait, en effet, originaire de l'Est, c'est à dire de Jijel, Skikda, Mila..., ce qui favoriserait, selon nos informations, une meilleure communication entre les deux partenaires. D'ailleurs, les «efforts déployés» par les cadres d'Ennahda à vouloir débaptiser leur formation (voir L'Expression des 11 et 22 janvier derniers) ne doivent pas passer inaperçus, puisqu'il s'agirait d'un gain en stabilité partisane et, également, d'une phase inscrite dans une stratégie globale qu'il faudrait franchir. Par rapport à cette dernière, nos sources précisent que les dirigeants d'Ennahda, seraient satisfaits, car la considérant comme un moyen idoine pour la sauvegarde de leur mouvement. A ce niveau, il y a lieu de constater que le recours à l'AIS émanerait du fait que celle-ci étant, indiquent des sources, le «seul interlocuteur» qui pourrait convaincre la base militante du FIS dissous à épouser massivement «leur plan». Tels sont donc les dessous d'une ex-armée qui avance en souhaitant, peut-être, devenir un parti politique ou bien porter soutien et aide à «ceux qui le méritent», et ce, semblent conclure nos sources, afin d'être fin prête à la présidentielle de 2004. Et qui pourra, dans cette situation, rivaliser avec «ce nouveau-né»? Taleb Ibrahimi trouvera-t-il encore les fameuses trois ou quatre millions de voix? Ali Benhadj (libérable?) pourra-t-il être de la partie? Qu'en sera-t-il de «la djaz'ara» de cheikh Djaballah? Pourra-t-elle renverser la vapeur? Enfin les observateurs disent que le terrain est déjà balisé, peut-être miné, par une nouvelle nébuleuse terrestre...