Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a critiqué le plan américain de règlement du conflit israélo-palestinien, appelé «Accord du siècle», en dénonçant des «concessions à sens unique en faveur d'Israël», ont rapporté hier plusieurs médias qui se réfèrent à un entretien qu'il a accordé au quotidien italien La Stampa. Selon ces sources, M. Lavrov a critiqué le projet annoncé fin janvier par le président américain Donald Trump pour un règlement du conflit entre Israéliens et Palestiniens, estimant que les Etats-Unis avaient «négligé la base légale internationale déjà existante en la matière». «Les Etats-Unis ont agi dans leur style en proposant de résoudre d'un seul coup l'un des conflits les plus invétérés de l'actualité. Dans le même temps, Washington a de facto négligé la base légale internationale du règlement au Moyen-Orient, généralement acceptée et qui inclut les résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale de l'ONU, l'initiative de paix arabe», a indiqué M. Lavrov dans une interview au quotidien italien La Stampa. Selon M. Lavrov, l'approche des Etats-Unis «contribuera à peine à la normalisation de la situation». Le fait que le soi-disant «Accord du siècle» est catégoriquement rejeté par les Palestiniens en témoigne aussi», a-t-il poursuivi. Dans son projet, Donald Trump reconnaît à l'occupant israélien le «droit» d'annexer les colonies qu'il a créées, et de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967. Les colonies sont illégales au regard du droit international. Le président de l'Etat de Palestine, Mahmoud Abbas, avait affirmé solennellement, mardi dernier, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, rejeter le plan américain de règlement du conflit israélo-palestinien et souligné que ce projet ferait de la Palestine «un Etat fragmenté». «Nous avons rejeté ce plan car El-Qods ne ferait pas partie de la Palestine et cela suffit pour le refuser», avait réaffirmé Mahmoud Abbas.Il avait réaffirmé aussi que «les Etats-Unis ne pouvaient plus être le seul médiateur» pour une paix au Proche-Orient et appelé le Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) et les membres du Conseil de sécurité à organiser «une conférence internationale de paix». Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a, selon l'agence de presse Wafa, déclaré en recevant samedi dernier le MAE espagnol Arancha Gonzalez Laya: «Nous voulons une conférence internationale qui ressemble à la conférence de Madrid de 1991, dirigée par le Quartette international et d'autres pays, basée sur la loi et la légitimité internationales et comme alternative réelle aux plans américains unilatéraux.»