Le monde la culture en France a exprimé mercredi sa tristesse suite au décès du chanteur algérien Rachid Taha, qui a succombé à une crise cardiaque dans la nuit de mardi à mercredi. Le chanteur, connu pour sa reprise de "Ya Rayah" de Dahmane El-Harrachi, est décédé à l'âge de 59 ans. Sitôt la mort de Rachid Taha annoncée par sa famille, les réseaux sociaux se sont emparés de la triste nouvelle et les réactions d'artistes, de politiques et d'amis ont commencé à tomber depuis la matinée de mercredi. La ministre française de la Culture, Françoise Nyssen, a rendu hommage sur son compte Twitter à celui qui " savait tout chanter, tout réinventer – The Clash autant que Trenet. Il nous quitte aujourd'hui mais les mélodies orientales de 1,2,3 Soleils, elles, ne nous quitteront jamais". L'ancien ministre et candidat à la présidentielle de 2017, Benoît Hamon, a exprimé dans un twitt sa "tristesse", évoquant ses "souvenirs" liés au chanteur qui surfait aisément entre le rock, le punk et le raï. L'eurodéputé écologiste Yannick Jadot a, quant à lui, salué la mémoire de Rachid Taha en publiant, sur son compte Twitter, l'une des chansons de l'interprète de "Douce France". "C'était un ami pour qui j'avais une grande et profonde affection. Rachid Taha était talentueux, original et généreux. C'était un artiste à la fois créatif et atypique. Il incarnait un idéal, une fraternité en actes, combative et militante", a twitté le président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, alors que le producteur de musique Pascal Nègre a évoqué des souvenirs professionnels en citant le succès de "Ya Rayah", le concert historique de 1,2,3 soleils, des fêtes, "des discussions et de rires jusqu'à la fin de la nuit". "Quelle tristesse ..! RIP l'ami", a-t-il écrit dans un twitt. "Rachid Taha était un grand artiste, mon ami et mon frère, il sera dans mon cœur pour la vie", a twitté pour sa part le chanteur et auteur-compositeur Axel Bauer. Né en Oran et arrivé en France en 1968 avec sa famille, alors qu'il n'avait que 10 ans, le chanteur s'était engagé dans la lutte contre le racisme. Il expliquait, déjà en 2007, le racisme contre la communauté maghrébine, en soutenant que "beaucoup de Français n'ont toujours pas digéré la guerre d'Algérie" qui a abouti à son indépendance. Avec la montée du Front national de Jean-Marie Le Pen, au cours des années 1990, Rachid Taha a publié un hymne antiraciste "Voila Voilà", mais son plus grand succès reste la reprise de Dahmane El-Harrachi (Ya Rayah), avec une autre tentative pour la chanson mythique d'El-Anka "El H'mam".