Le lait subventionné coûtera plus cher à partir du mois de mars prochain. Il augmentera de 20%, l'équivalent de 5 à 8 dinars, en raison de son nouvel emballage en carton qui remplacera le fameux sachet en plastique, considéré comme impropre et préjudiciable à l'environnement. Mahmoud Benchakor, président du Comité interprofessionnel du lait (CNIL), s'exprimant, jeudi, à l'émission de l'invité de la rédaction de la chaîne III de la Radio algérienne, a souligné que la décision de remplacer le sachet de lait en plastique par des briques en carton, «coûtera plus cher». L'abandon de l'emballage du lait dans les sachets et son remplacement par le carton induira «automatiquement une augmentation du prix du lait subventionné dans une fourchette oscillant entre 5 et 8 DA, par litre», fait-il savoir. Ce qui revient à une augmentation d'environ 20% du prix du litre de lait subventionné par l'état et cédé à 25 DA. Le président du CNIL a expliqué que la hausse des prix est justifiée par les coûts de la fabrication de cet emballage assuré par l'Eliopack et Tetrapack. M. Benchakor s'est tout de même interrogé, ci cette hausse sera du goût du consommateur algérien. «Cette augmentation sera-t-elle supportable pour certaines catégories ? Beaucoup de gens restent attachés au prix actuelle du litre de lait à 25 DA», remarque-t-il. Le prix du lait est plus bas en Algérie, que nulle part ailleurs, relève-t-il. Cette politique de prix a entraîné, selon lui, «beaucoup de consommation et de gaspillage» et des «fuites à travers les frontières». Il est fort probable que la décision d'abandonner le fameux sachet en plastique en faveur de la boite en carton, aura des bienfaits pour les consommateurs, notamment sur le plan de la santé et du gaspillage de ce produit. Le nouvel emballage permettra, selon les spécialistes du domaine, d'assurer sa disponibilité à longueur de journée sans craindre sur sa péremption et prolongera la conservation de cette matière en cas de stockage, contrairement au sachet en plastic qui n'offre pas ces avantages. Il faut dire que le lait reste un aliment très consommé en Algérie. Les besoins se situent, annuellement, à quelque 4,5 milliards de litres. Alors que nous produisons localement, 600 à 800 millions de litres, des quantités qui sont généralement transformées en yaourt, en lait fermenté et autres fromages. Le déficit en matière de production laitière est si important, qu'il est urgent de renforcer la stratégie nationale pour renverser la tendance et maîtriser la consommation. Une production en deçà de la demande locale, ce qui pousse l'état à débourser des sommes colossales dans l'importation de la poudre du lait. La facture d'importation de cette matière est estimée en 2016, à 849,2 millions de dollars (usd). Alors que les subventions débloquées par l'état en soutien au prix du lait sont estimées à environ 20 milliards de dinars/an. Déficit en vaches laitières Le déficit en lait est dû également à une production fourragère et un cheptel insuffisants. «L'Etat doit faire un effort supplémentaire pour substituer le lait produit localement à la poudre de lait importée (…) et repenser à produire chez nous tous les besoins de la vache (…) nous importons les vaches à coût de devise, nous importons les céréales, nous importons les produits vétérinaires», a déploré Benchakour. Si l'Algérie produisait des aliments du bétail en quantité, cela lui permettrait de disposer d'un cheptel d'un million de vaches laitières qui la libérerait, du même coup, de sa dépendance vis-à-vis des marchés internationaux. Le nombre des vaches laitières au niveau national est largement en deçà du cheptel nécessaire pour répondre aux besoins. Ce cheptel est constitué actuellement de 200 000 vaches. Afin d'augmenter la production laitière, il est impératif de revoir le système d'élevage et de maintenir une durée de production des vaches laitières à 5 années au lieu de 2 à 3 années. Pour réduire cette facture, un projet algéro-américain pour l'élevage de vaches laitières, devrait entrer en production dès fin 2016. Cette ferme devrait être dotée de 20 000 vaches laitières d'ici 2019.