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«L'armée américaine étend les opérations de ses services secrets à travers l'Afrique» Selon le Washington Post qui cite des documents et des personnes engagées :
Le journal de la capitale fédérale dont il porte le nom, le Washington Post, a indiqué dans son édition électronique de mercredi que l'armée américaine étend les opérations de ses services secrets à travers l'Afrique «en établissant un réseau de petites bases aériennes pour espionner les repaires des terroristes des confins du Sahara jusqu'à d'autres régions de l'Afrique subsaharienne». Le quotidien américain qui cite des documents et des personnes engagées dans ce dispositif, apporte des détails sur ces opérations. C'est ainsi qu'il écrit que celles-ci sont menées à travers des petits avions turbopropulseurs non armés, camouflés en avions privés et équipés de capteurs qui peuvent faire des enregistrements vidéo, suivre les traces de chaleur infrarouge (pour déceler une présence humaine) et détecter les signaux de radio et de téléphone cellulaire. «Ces opérations se sont, néanmoins, intensifiées au cours des derniers mois dans le cadre d'une guerre de l'ombre croissante contre Al-Qaïda et les autres groupes affiliés», souligne le journaliste auteur de l'article à partir de Ouagadougou (Burkina Faso) qu'il présente comme «une plaque tournante du réseau d'espionnage des Etats-Unis». Des dizaines de militaires et de contractuels américains auraient établi, depuis quelques années, une base aérienne au sein de l'aéroport international. «Les avions-espions américains non armés traversent des centaines de kilomètres au Mali, en Mauritanie et au Sahara, où ils recherchent des combattants d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)», selon le Washington Post qui n'indique pas si les avions-espions dont il s'agit traversent une partie du Sahara algérien, tout en indiquant que ces vols de «surveillance» se sont intensifiés à la suite du coup d'Etat perpétré au Mali. Par ailleurs, il relève que si l'armée américaine a lancé des frappes aériennes en Somalie pour lutter contre l'organisation terroriste des Shebab, «elle limite généralement sa participation, pour les autres régions de l'Afrique, à l'échange de renseignements avec les forces alliées africaines afin que ces dernières puissent attaquer les camps terroristes sur leur propre territoire». Se gardant de commenter les détails spécifiques des opérations des avions-espions, le commandement militaire des Etats-Unis pour l'Afrique (Africom), cité par Washington Post, soutient que les Etats-Unis «travaillent en étroite collaboration avec leurs partenaires africains pour faciliter l'accès, si nécessaire, à la conduite de missions pour soutenir et poursuivre leurs objectifs de sécurité communs». Les opérations de surveillance et de renseignement, selon Africom, «sont tout simplement un outil que nous utilisons pour permettre aux militaires du pays hôte de mieux comprendre le contexte de la menace». Cependant, note le journal de la capitale fédérale qui cite également l'envoi de troupes américaines en Afrique centrale pour lutter contre l'Armée de résistance du seigneur dirigée par l'Ougandais Joseph Kony, «l'engagement militaire rampant des Etats-Unis dans les conflits africains comporte des risques». Les pays du Sahel bénéficieront-ils des renseignements recueillis ? Le Pentagone partage-t-il ses renseignements récoltés avec ces opérations avec les armées des pays du Sahel ? Ceux-ci se sont organisés, rappelle-t-on, en Comité d'état-major opérationnel conjoint (Cemoc) rassemblant les armées des pays concernés. Il a été créé également l'Unité de fusion et de liaison (UFL, services de renseignements des pays du Sahel) dans le cadre de la lutte commune contre le terrorisme et le crime organisé et transfrontalier. Les pays de la sous-région avaient, rappelle-t-on, encore, exprimé leur rejet de toute intervention militaire étrangère dans la région, et opté pour l'échange de renseignements et demandé l'aide logistique de la part de parties et Etats extrarégionaux. Des séminaires ont été organisés, dans ce sens, par le Centre africain d'études et de recherches sur le terrorisme (Caert) en coopération avec l'UFL avec l'invitation d'experts internationaux expliquant qu'une intervention militaire étrangère au Sahel ne ferait qu'empirer la situation au bénéfice des terroristes qui sévissent. Un rapport avait, rappelle-t-on, également, été adressé par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, au président du Conseil de sécurité de l'ONU, au terme d'une mission onusienne dans la sous-région, se félicitant du rôle des pays représentés dans le Cemoc dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé et transfrontalier dans cette partie de l'Afrique. Le rapport onusien évoquait, par ailleurs, les armes libyennes circulant au Sahel et dont une grande partie est tombée entre les mains de terroristes.