Les insurgés islamistes somaliens shebab ont publié, hier, sur leur compte Twitter, des photos du cadavre d'un homme blanc, présenté comme le chef du commando ayant échoué à libérer l'otage français Denis Allex, prisonnier depuis 2009. «Le commandant français, tué durant l'opération de secours bâclée à Bulomarer», a indiqué la légende de la première image, sur laquelle apparaît un jeune homme aux cheveux courts, du sang séché sur le visage, vêtu d'un pantalon clair et d'une chemise sombre dont dépasse une chaîne et une croix chrétienne.«François Hollande, cela en valait-il la peine ?», dit la légende de la deuxième photo sur laquelle le corps apparaît en plan plus large, à côté de matériel militaire, dont des armes, des chargeurs, un gilet pare-balles, un casque, un sac-à-dos et du matériel optique. Sur ses jambes sont posés une arme de poing et un fusil d'assaut, tous deux munis de silencieux et de couleur camouflage. L'homme décédé porte des chaussures de type militaire et un gant de protection à la main droite. Les islamistes somaliens avaient déjà annoncé plus tôt hier qu'un soldat français, qu'ils disaient avoir fait prisonnier, avait succombé à ses blessures. Les Shebab affirment que le soldat était le «commandant dirigeant l'opération, capturé après avoir été grièvement blessé et abandonné par ses camarades». Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait confirmé implicitement hier la mort de ce soldat. Il avait également dit craindre, de la part des insurgés somaliens, une «mise en scène macabre» de son corps et de celui de l'otage, Denis Allex - probablement un pseudonyme -, un agent des services français de renseignement extérieur (DGSE) enlevé le 14 juillet 2009 à Mogadiscio et présumé mort depuis l'opération qui n'a pu l'arracher à ses geôliers. Sur le sort de cet otage, les insurgés somaliens ont annoncé hier être parvenus à «un verdict unanime». Paris considère très vraisemblable le décès d'Allex, mais les Shebab ont assuré, sans en apporter la preuve, qu'il était encore en vie et entre leurs mains et avaient annoncé leur intention de le juger.