C'est le président de la Fédération nationale des boulangers qui en a fourni le chiffre. 72 millions de baguettes de pains sortent quotidiennement des fours des 21.400 boulangeries recensées à travers le pays. Un chiffre qui donne le tournis, quand on sait, par exemple, qu'un pays comme la France qui compte près de 40 millions d'habitants de plus que l'Algérie, produit à peine 60 millions d'unités par jour. Les Algériens sont deux fois moins nombreux. En revanche, ils consomment deux fois plus de pain que les Français. La comparaison s'arrête là. Dans un point de presse qu'il a animé au siège de l'Union générales des commerçants et artisans algériens, hier, le président de la Fédération nationale des boulangers a voulu, avant tout, rassurer les citoyens, en leur annonçant que les boulangers n'ont jamais menacé de recourir à la grève pour faire aboutir leurs revendications. Qualifiant de manoeuvre grossière cette rumeur colportée, selon lui, par ceux qui veulent profiter de la détresse des boulangers pour faire pression sur le gouvernement, Youcef Kalafet a indiqué que les boulangers sont des gens sages qui savent que ce n'est pas en faisant grève qu'ils résoudront leurs problèmes. «Les boulangers savent qu'en faisant grève, ils risquent d'affamer le peuple et le dresser contre eux. C'est pourquoi, ils ont décidé d'une démarche plus pragmatique, en optant pour le dialogue et la concertation pour faire aboutir leurs revendications», a-t-il confié. Au nombre de ces dernières figurent, notamment la marge bénéficiaire prélevée sur la baguette de pain et la formation des boulangers, un manque endémique dont souffre, hélas, la plupart de ceux qui exercent ce noble et stratégique métier. «Un dossier comprenant l'ensemble de nos revendications a été déposé auprès-du Premier ministère. Nous sommes confiants, car ces revendications portent essentiellement sur la marge bénéficiaire et sur la formation des boulangers, le talon d'Achille de la profession», a-t-il affirmé. Selon lui, le prix de 7, 50 dinars la baguette qui date d'avril 1996 doit être actualisé. Pour ce faire, le porte-parole des boulangers a indiqué que quatre boulangeries pilotes, une à l'Est, une à l'Ouest, une au Sud et une au Centre du pays, ont été choisies pour déterminer avec exactitude le prix de revient d'une baguette de pain de 250 grammes. Reconnaissant que beaucoup trichent sur le poids, M. Kalafet a indiqué que «c'est pour compenser le manque à gagner que ceux-ci ont recours à cette regrettable pratique». L'huile est chère. La farine est importée, tout comme la levure, alors qu'il existe deu usines, une à Oued Smar et l'autre à Bouchegouf qui sont malheureusement toutes les deux fermées. Du moins, c'est ce que nous a déclaré notre interlocuteur qui s'inquiète sur l'absence d'écoles spécialisées pour la formation de boulangers. «Il n'existe pas de centres spécialisés dans la formation de boulangers», regrette-t-il amèrement. Et les Centres de formation professio-nnelle? «Ils ne dispensent pas de formation dans ce sens», a-t-il précisé. A une question sur le programme d'achat de groupes électrogènes élaboré par le gouvernement, le président de la Fédération des boulangers a indiqué que ce sont les banques qui sont à l'origine du blocage. «Le gouvernement a promis des prêts de cent millions de centimes sans intérêts, malheureusement, les banques refusent et exigent 7% d'intérêt», a-t-il confié.