Un acte criminel. Alors que les bénévoles affluent pour venir en aide aux rescapés des incendies, les autorités s'orientent désormais vers la piste criminelle. S'exprimant mardi soir à la télévision d'Etat, le Premier ministre, ministre des Finances Aïmene Benabderrahamane a affirmé que les premières investigations ont démontré que les incendies sont d'origines criminelles. «Les premiers indices laissent penser qu'il s'agit d'incendies à caractère criminel», a indiqué le Premier ministre. En dépit du fait que les conditions naturelles difficiles aient facilité la propagation des feux, les analyses préliminaires au niveau de Tizi Ouzou font ressortir que les départs de feu avaient été minutieusement choisis de façon à causer le plus de dégâts possibles, d'autant que les feux ont pris dans des reliefs difficilement accessibles pour les secours, a ajouté le Premier ministre, qui a révélé que «les services de sécurité avaient capturé deux criminels à Médéa dont un a reconnu être l'auteur de cet acte criminel». En effet, trois «pyromanes» ont été arrêtés à Médéa où un incendie s'est également déclaré. Un quatrième a été arrêté à Annaba par les éléments de la brigade de la Gendarmerie nationale de la commune de Seraïdi (wilaya d'Annaba), rapporte l'APS citant le commandement du Groupement de wilaya de la Gendarmerie nationale. La même source souligne que l'individu a été appréhendé, mardi, en flagrant délit de pyromanie dans la forêt de Seraïdi, sur les hauteurs du mont de l'Edough. Dans sa déclaration, le Premier ministre a souligné que «l'Etat sévira contre ces criminels qui seront poursuivis par la force de la loi car ils sont les ennemis de la nature et de la patrie». Des actes punis par la loi. Une procédure judiciaire devrait être engagée contre ces «criminels». Un acte qui ne devrait bénéficier d'aucune circonstance atténuante. Il y a eu morts d'hommes. Depuis lundi soir, les réactions s'enchaînent sur les décisions à prendre suite à ces actes «criminels». Si les débats font rage et que chacun a son opinion sur la gravité des sanctions à prendre, seule la justice tranchera. L'éventail des sanctions que pourra prendre la justice est assez large. À cet égard, il y a lieu de rappeler que lors d'un Conseil des ministres tenu le 25 juillet, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné l'élaboration d'un projet de loi punissant sévèrement les auteurs d'incendies criminels de forêt avec des peines allant jusqu'à 30 ans de prison ferme, voire la perpétuité si l'incendie a causé la mort d'individus. De quoi faire réfléchir avant de penser à passer à l'acte. Le doute n'est plus permis. L'acte est criminel et délibéré. Le ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a affirmé que «des mains criminelles nourries de haine contre notre pays et voulant nuire à l'Algérie sont derrière les incendies qui se sont déclarés à Tizi Ouzou», précisant que «cinquante départs de feu en même temps, c'est impossible. Ces incendies sont d'origine criminelle». Ce n'est pas la première fois que l'Algérie est victime d'un «complot incendiaire». Une sorte d'attaque terroriste. Certes, le mot est fort, mais comment doit-on qualifier cette série d'incendies déclarés simultanément dans 16 wilayas du pays, si ce n'est d'attaque «terroriste de grande envergure» contre l'Algérie. Au vu des ravages et des dégâts, le doute sur les circonstances ayant provoqué ces feux qui ne peuvent qu'être de nature criminelle, ne subsiste plus. Le choix du moment est loin d'être fortuit.