BOUIRA Après dix jours de grève La Coordination des travailleurs s'explique Une conférence de presse a été animée, hier après-midi, par deux représentants des enseignants, Hammouche Rabah et Laârbi Mohamed, chargés de l'information au sein de la Coordination des enseignants de la wilaya de Bouira en grève illimitée depuis le premier jour de la rentrée des vacances d'hiver. Les animateurs ont tenu, de prime abord, à réaffirmer l'autonomie de la structure qu'ils représentent vis-à-vis des partis politiques, des syndicats ou autres associations à caractère culturel. “Nous sommes les porte-parole de la Coordination des travailleurs de l'éducation issue des différentes assemblées générales déjà tenues et représentée au niveau de toutes les daïras de la wilaya.” Les deux conférenciers sont revenus sur les pressions qu'ils subissent au même titre qu'une bonne frange d'enseignants à différents niveaux ainsi que les multiples manipulations tentées par les syndicats, en particulier l'UGTA, qui “use de toute forme de subterfuges pour faire avorter le débrayage qui se poursuit toujours tout en essayant de chapeauter le mouvement pour une éventuelle récupération”. En ce sens, les représentants des enseignants exhibent un tas de PV dans lesquels les enseignants, tous paliers confondus, mentionnent leur retrait de confiance à la Commission des œuvres sociales de l'éducation parrainée par l'UGTA. Concernant le même syndicat, les conférenciers s'attaquent à la FNTE qui devrait aujourd'hui se réunir avec les responsables du ministère. “C'est de la pure récupération car les enseignants savent que tout se marchande sur leur dos. Et comme par le passé, la fédération va, une fois de plus, éluder le vrai débat et les véritables revendications des travailleurs de l'éducation.” En matière de perspectives, les enseignants envisagent, c'est du moins ce qui a été proposé lors de la dernière réunion tenue avant-hier avec les représentants des daïras, de boycotter les examens de fin d'année, de tenir régulièrement des sit-in et de programmer des marches de protestation. Tout cela s'inscrit dans une seconde étape si les responsables continuent à faire la sourde oreille aux revendications légitimes de cette catégorie de la population. À propos d'une rencontre organisée avant-hier avec les élus de l'APW, les conférenciers se disent satisfaits de l'écoute et du réconfort qui leur ont été témoignés par les membres de cette assemblée. “Les élus à l'APW, qui reconnaissent la légitimité des revendications soulevées par les enseignants, ont été à la hauteur de nos espérances. Les élus ont compris l'élan de notre protestation et sont prêts à nous céder leurs locaux si jamais on ne trouve pas où se réunir”, affirment les deux conférenciers. Une troisième réunion est prévue aujourd'hui entre tous les représentants des daïras pour aborder l'évolution des choses. Les porte-parole de la Coordination des travailleurs de l'éducation de la wilaya de Bouira ne savent pas si la réunion aura lieu du fait qu'antérieurement plusieurs autorisations de se réunir leur ont été refusées par les chefs d'établissement. Ils réaffirment toutefois que la grève est maintenue jusqu'à ce que des solutions concrètes et durables soient trouvées aux préoccupations exprimées par l'ensemble des travailleurs de l'éducation de la wilaya de Bouira. Riahd S. Sit-in de protestation des enseignants à Tizi Ouzou “Où sont les promesses de la tutelle ?” “Nous réclamons notre dû.” La pancarte collée au mur du foyer de la Direction de l'éducation résume la détresse des enseignants de Tizi Ouzou. À l'appel du SATEF et de l'UNPEF, ils étaient nombreux à braver le froid et la pluie pour venir crier leur ras-le-bol. Les revendications sont les mêmes : versement des arriérés de salaires et autres rappels, retour à la gestion décentralisée des traitements avec date de règlement fixe. D'aucuns n'ont même pas attendu le “feu vert” des syndicats pour débrayer. Motif avancé : “La tutelle nous a menti. Nous n'avons encore rien perçu”, disent-ils. Le mécontentement se propage ici et là. À Azazga, les travailleurs du lycée Chihani-Bachir sont en grève illimitée depuis le 8 janvier. “Cette action sera maintenue jusqu'à satisfaction de nos revendications”, soutiennent des protestataires. Dans une déclaration, l'union locale de l'UGTA d'Azazga constate que “pour la énième fois, la Direction de l'éducation a failli à ses engagements pris lors de la réunion du 12 décembre 2002 et ce, en présence du wali, consignés dans un PV”. De son côté, le Syndicat d'entreprise de l'éducation (SETE-UGTA) monte au créneau. Dans une conférence de presse, le bureau de wilaya a sévèrement critiqué les responsables de l'Académie pour leurs “fausses promesses”. Le SETE, qui s'est réuni hier en session extraordinaire, n'exclut pas l'éventualité de recourir de nouveau à la grève pour se faire entendre. La même menace a été brandie par MM. Sadali et Azzi, responsables du Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation. A. T. Béjaïa Des milliers de travailleurs investissent la rue Entrés en mouvement de grève illimitée depuis samedi dernier, des milliers de travailleurs du secteur de l'éducation de la wilaya de Béjaïa, 10 000, selon le Syndicat des travailleurs de l'éducation (SETE/UGTA), organisateur de cette manifestation, ont battu le pavé, hier, des rues de Béjaïa pour manifester leur désarroi socioprofessionnel. C'est vers 11h que la procession des manifestants s'est ébranlée du TRB au siège de la Direction de l'éducation de Béjaïa où une prise de parole de syndicalistes de wilaya du SETE a été improvisée. Tout au long de l'itinéraire de la marche, les professionnels de l'éducation n'ont cessé de scander des slogans dénonçant leur tutelle. À l'issue de la manifestation, les membres syndicalistes du conseil de wilaya du SETE ont organisé au niveau de leur siège une conférence de presse. Ils sont revenus longuement sur la genèse de la crise qui secoue actuellement le secteur de l'éducation aussi bien à l'échelle locale qu'à l'échelle nationale. “Le secteur de l'éducation vit une situation catastrophique au niveau de la wilaya”, a déclaré de prime abord le secrétaire général de wilaya du SETE, M. Benmouhoub N. “La situation, poursuit-il, devient dramatique davantage bien que la sonnette d'alarme ait été tirée.” En rappelant les différentes étapes de négociations avec les pouvoirs publics, l'orateur remarque que malgré les PV de négociations, “rien n'a été fait à ce jour”. S'il est vrai, pour M. Benmouhoub N., que fondamentalement le nœud gordien est la situation financière, telle que celle des virements des salaires des travailleurs à temps, il n'en demeure pas moins que des problèmes de régularisation des travailleurs, la surcharge des classes, l'opération d'intégration… sont autant de problèmes que traverse le secteur. L. Oubira