Ce taux de participation n'est pas étonnant .A la dernière élection présidentielle de 2009, sauf 20 % des électeurs sont allés voter. Lors des élections législatives, le taux de participation a été encore plus bas.
Généralement, les autorités essayent de justifier ce manque d´intérêt aux élections par le manque de stabilité de la communauté, due principalement à la crise économique ou beaucoup d´Algériens ont quitté l´Espagne pour aller chercher du travail en Europe du nord, et d´autres retournés en Algérie ces dernières années. Mais il faut tout de même signaler qu´il existe un grand problème de communication entre les ressortissants et les consulats, et lors de ces présidentielles le manque sensibilisation était flagrant.
Une virée dans les quartiers abritants la communauté algérienne, nous a permis de constater que les Algériens d´Espagne, ont vécu un non événement, les discutions tournent plutôt autour de leur quotidien, et du match de football de la copa del rey. Ils se sentent très peu intéresser par l'évènement, sinon indifférents. Les autorités algériennes n'ont jamais, selon eux accédé à leurs revendications.La majorité des Algériens établis en Espagne, connaissent ni les candidats à cette élection ni leur programme.
Une algérienne de valence, 26 ans, originaire d´Oran, confie qu´elle a voté pour Bouteflika, « j´ai voté pour Bouteflika, parce que je ne connais pas les autres, je ne vois aucune garanti dans le changement, en fait j´ai peur du changement ».
Par contre, Salim, un Algérien, cadre dans une entreprise, 45 ans, nous a déclaré que : « Je ne suis pas allé voter car je savais que les jeux sont faits d´avance, La campagne avait commencé tard, et le peuplea été prisd´assaut par les alliés de Bouteflika, toute l´administration était derrière lui, les autres candidats auraient du boycotter ce scrutin », Et d´ajouter,« Nos autorités ne s'intéressent à la communauté à l'étranger que lors de rendez-vous électoraux».
De son côte, Nadia, L. 58n ans , vit depuis 39 ans en Espagne , pense que le vote est un devoir et un droit, « j´ai voté , j´ai fais mon devoir , mais concernant ces élections , je dois dire que la prise d´otage de l´Algérie par le pouvoir continue , je crois que nous avons raté un autre rendez vous de l´histoire , c´est dommage », et de continuer,« un changement aurait permis à l´Algérie d´avancer , Bouteflika n'a pas la capacité physique de gérer les affaires du pays . Jusqu'à quand, on doit patienter ?», s´interroge Nadia.
« Ils ont essayé de convaincre le peuple par le slogan de la stabilité et la sécurité mais en réalité ils parlent de leur stabilité et leur sécurité, ils savent bien ce qu´ils ont faits, ils veulent surtout préserver leurs intérêts » et d´ajouter « Ce n´est pas seulement Bouteflika qui importe, mais le changement de tout un système, une vraie démocratie, comme c´était le cas en Espagne par exemple.», constate, Salem, 47 ans, un algérien de Barcelone, joint par téléphone.
Du 12 au 17 Avril, le scrutin s´est déroulé, dans un climat calme et serein. Jusqu´a l´heure du dépouillement aucun dépassement n´a été enregistré au niveau de tous les bureaux. Coïncidant avec un jour férié en Espagne, les consulats étaient injoignables durant la journée du vendredi 18 avril.
La chasse aux électeurs
Pris de panique au troisième jour du scrutin par une très faible participation, et pratiquement au niveau de tous les bureaux de vote, les autorités « employés des consulats », ainsi que les représentants de certains candidats, se sont mobilisés et se sont mis à la recherche d´électeurs. Ils ont essayés par tous les moyens de les attirer pour les inciter à aller voter.
Des appels dans les mosquées pendant les prières, transport des électeurs qui habitent loin des centres de vote, visites dans les quartiers fréquentés par les ressortissants Algériens, etc.
Les pro-Bouteflika ont même distribué des T. shirts et des casquettes avec la photo de leur candidat, précisément au port d´Alicante, aux voyageurs algériens venus d´Oran. A ce sujet, les partisans de Benflis, ont mis les photos sur le réseau social facebook pour dénoncer ce genre de pratiques.
Des listes électorales incomplètes Dans la majorité des bureaux, un peu plus que la moitié des votants, ne figurent pas sur les listes électorales. Les cartes d´électeurs non distribuées avant le vote. A chaque élection c´est le même scénario qui se répète. Les listes électorales n´ont jamais été faites correctement. Les raisons souvent avancées par les consulats, se focalisent sur les déplacements permanents des ressortissants et le non communication des changements d´adresses.
« J´ai toujours voté, mais cette année, je ne figure plus sur la liste électorale, et j´habite un village à 15 km de valence depuis presque un vingtaine d´années, c´est même curieux », nous raconte un Algérien en colère, qui veut garder l´anonymat.
« Ma femme décédée en 2009 a reçu cette année belle et bien sa carte de vote, je ne comprends pas et pourtant j´ai remis l´acte de décès au consulat d´Algérie à alicante », s´indigne un citoyen Algérien de valence d´une cinquantaine d´année et qui réside en Espagne depuis 22 ans.
Ce que de la presse Espagnole a dit… Lavanguardia titre : « la faible participation marque les élections présidentielles Algériennes » et « Bouteflika, réélu sans surprises ». El Mundo titre : « On met un bulletin à l´urne et il sort transformer »et d´ajouter, « Les bureaux de vote à Alger étaient orphelins d´électeurs, alors qu´au centre-ville, les cafés étaient pleins. Ce qui reflète l'image de l'indifférence au processus électoral dont les Algériens pensent que les jeux sont faits d´avance » El Pais titre :« Le désespoiret l'apathie ont marqué les élections en Algérie ».