- Vous avez opté pour une politique de vente indirecte en Algérie. Pourquoi ? Cisco a pour ambition de déployer des solutions et services qui puissent répondre au plus grand nombre. Bien évidement, ces solutions nécessitent d'être adaptées au profil de chaque entreprise, c'est le rôle de nos intégrateurs. Nous pouvons citer comme partenaires ceux présents à la seconde édition de Cisco Expo, par exemple : ABM, Ares Algérie, CFAO Technologies, CBS, Dimension Data, RTi. Nous avons également des partenaires spécialisés dans la formation tels que Learneo et Microtel.
- Le e-marché du datacenter pèse entre 5 à 10 milliards de dollars par an. Pourriez-vous expliquer son apport pour les entreprises et l'économie algérienne ? Les systèmes d'information modernes sont tous basés sur la disponibilité des applications et des informations quel que soit l'endroit où l'on se trouve, c'est-à-dire sur n'importe quel site de l'entreprise ou bien même à l'extérieur. Ceci implique évidemment la mise en place de réseaux et de facilités de connexion efficace. Cela implique aussi de centraliser les serveurs, les ressources applicatives et les données et en gérer l'accès à travers le réseau au sens large. C'est l'objet des datacenters. En tant que ressource, ils sont les dépositaires des informations de l'entreprise, et donc un outil-clé contribuant à la décision et à la gouvernance. - Qu'en est-il de la sécurité informatique en Algérie ? Quelle est l'apport de Cisco en la matière sachant que les actes de piratage peuvent se produire à tout moment ? Que peut-on faire pour s'y prémunir ? Selon le Cisco 2010 Annual Security Report, rendu public le mois dernier, l'année 2010 a marqué un grand tournant pour la cybercriminalité. Les fraudeurs commencent à cibler d'autres systèmes d'exploitation que les PC sous Windows telles que les plateformes, incluant les smart phones, les ordinateurs tablettes, et les plateformes mobiles en général. Par ailleurs, 2010 a été la première année dans l'histoire de l'Internet où le nombre de spam a diminué, où les cybercriminels ont investi massivement dans le «money muling» et où les utilisateurs ont continué à être la proie de multiples formes d'exploitation de confiance. Les ingénieurs de Cisco travaillent actuellement sur des solutions permettant d'éviter cette nouvelle forme de cybercriminalité. Des solutions existent déjà sur le marché et d'autres devraient voir le jour très prochainement. - Que représente le marché de la sécurité informatique en Algérie et que pèse-t-il en chiffre d'affaires ? J'aimerais citer un chiffre validé par une société spécialisée dans les études et les mesures de marché, mais comme vous le savez notre marché est très peu couvert à l'inverse des pays occidentaux par exemple. Nos propres estimations chiffrent le marché de la sécurité informatique en Algérie, tous produits confondus, à environ 9 millions de dollars. - En cas de panne informatique qui se produit souvent notamment au niveau des banques et de la poste. A-t-on une idée sur les pertes financières en valeur en Algérie ? Quelles sont les solutions pour les éviter ? Je ne saurais commenter à la place des concernées la réalité et la fréquence des pannes que vous évoquez ni leurs conséquences financières. Les pertes peuvent être extrêmement variables, peuvent inclure même la perte d'image qu'une société peut valoriser faiblement ou fortement. D'un point de vue technique, la conception d'architecture doublée, redondante dans notre langage informatique, permet d'assurer des secours en cas de panne d'un équipement, d'un lien… - On a évoqué lors de votre séminaire la fracture numérique. Pourriez-vous en parler dans les détails de cette fracture en Algérie ? La fracture numérique est une notion qui fait référence à l'accès aux technologies informatiques, et en particulier à Internet. Souvent on en parle pour expliciter la différence entre pays développés et les autres moins favorisés, mais elle existe également à l'intérieur d'un pays. Certaines zones aux Etats-Unis souffrent de fracture par rapport à d'autre. En Algérie, il est clair qu'il faut augmenter le nombre de connexion à Internet et des efforts extrêmement positifs sont constatés grâce à l'action gouvernementale de ces derniers trimestres. L'accès à Internet mobile reste pour moi le deuxième chantier à ouvrir pour encore démocratiser l'accès à Internet. Avec une masse critique atteinte, je suis certain que le reste suivra, comme le développement de contenu et de services en ligne locaux. - Interveniez-vous sur les services de la biométrie, le e- commerce et e-learning et le e-library, le e-paiement, la télé compensation et la monétique ? Vous citez des services qui ont de nombreux composants distincts : réglementation, accords contractuels, logiciels, matériels, réseaux, moyens humains. En tant que fournisseur de solutions de télécom, nous intervenons en général que sur une petite portion liée à nos solutions, typiquement le réseau. Je pense que tout ce qui concerne la mise en place des moyens de paiement électroniques doit être une priorité pour permettre à une «économie d'Internet» d'exister. J'espère que les chantiers en cours dans le pays vont permettre de les rendre disponibles à grande échelle le plus rapidement possible. En même temps, je garde toujours à l'esprit que l'environnement des TIC dans un pays ou dans une organisation ne peut basculer d'un état à un autre du jour au lendemain. Les choses se mettent toujours en place graduellement et de même que l'adoption de nouveaux outils prennent du temps. De ce fait, je suis en réalité plutôt enthousiaste quant au progrès accomplis dans certains domaines et par certaines institutions ou sociétés telles que celles auxquelles nous avons remis un trophée lors de Cisco Expo Algeria 2011. J'y vois les signes d'une évolution graduelle et très positive.