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Difficile retour dans les villages
Exode rural à Bouira
Publié dans El Watan le 08 - 09 - 2014

L'exode rural a vidé de nombreux villages durant les années 1990 l Les habitants veulent y retourner mais les conditions de vie ne sont pas encore réunies.
L'espoir nourri par les populations de retourner dans leurs villages à travers la wilaya de Bouira qu'ils ont quittés sous la menace terroriste dans les années 1990 semble s'amenuiser au fil du temps. Des centaines de familles avaient pris le chemin de l'exode pour fuir l'insécurité. Les villes étaient alors le seul refuge pour ces villageois et montagnards, forcés de vendre à bas prix leurs bétails et renoncer à leur vie de campagne.
La mort dans l'âme, les «réfugiés» de la décennie noire se résignent à vivre dans des conditions pas souvent commodes. Ce n'est pas tout le monde qui pouvait s'offrir le luxe d'une habitation salubre et spacieuse. Les uns débarquent chez leurs proches, les autres n'avaient que le choix d'ériger des baraques de fortune à la lisière des centres urbains. Près de deux décennies plus tard, plusieurs villageois y sont retournés et d'autres attendent toujours. À Thizoughar, un village situé à moins de dix kilomètres au nord de la commune de Bechloul, la vie peine à reprendre ses droits. Les habitants qui ont fui l'insécurité au milieu des années 1990, n'ont jamais abandonné l'idée d'y retourner un jour.
Une association qui porte le nom du village a été même créée dans le but de réclamer leur droit dans un cadre légal. Les pouvoirs publics avaient alors promis monts et merveilles. Des habitations groupées, l'aménagement et la réhabilitation de la seule et unique route qui mène à la région, de l'eau potable et de l'électricité et d'autres aides. Mis à part quelques ruches pleines accordées dans le cadre du PPDRI, les promesses se sont envolées. Plusieurs actions de protestations ont eu lieu pour sensibiliser les responsables locaux.
La situation demeure inchangée. La région de Thizoughar, dont la moitié de la superficie a été submergée par le barrage de Tilesdit, qui était le grenier de la commune, devient aujourd'hui inhospitalière. Le projet de route qui désenclavera la région ne semble pas une priorité des autorités. Ces dernières affirment à maintes reprises que la fiche technique du projet a été établie sans que ne se concrétise. Pour s'y rendre, les villageois sont contraints d'effectuer un contournement de plus de trente kilomètres, dont une longue piste impraticable. Dans la commune de Haizer, 09 km au nord de Bouira, plusieurs villages situés sur le flanc sud du Djurdjura, notamment Tanagout, Ighil Guefran, Thaourirt, sont dépeuplés depuis 1993, année où les habitants ont pris le chemin de l'exode pour fuir le terrorisme.
Les récoltes d'antan ont disparu. Les familles qui vivaient dans la sérénité n'ont qu'un seul choix, celui de raser les murs au chef-lieu communal. Ces dernières années, une quinzaine de personnes ont construit des maisons dans le cadre de l'aide à l'habitat rural et d'autres ont investi dans l'élevage de volaille, raconte Kaci Bouguerra, un jeune du village, mais le réseau d'électricité tarde encore à être installé. Il ne manque pourtant que les câbles électriques, ajoute ce villageois. «On a interpellé les autorités locales à plusieurs reprises, mais rien n'a été fait», dit-il.
Ammi Moh, un vieux de 73 ans, fait partie de ces villageois infatigables. Il ne cesse de frapper à toutes les portes de l'administration pour faire entendre la voix des habitants. À ses appels, les commis de l'Etat continuent de faire la sourde oreille. «On ne sait pas à qui se plaindre. Les demandes d'audience que j'ai envoyées au wali n'ont connue aucune suite. Nous ne demandons que de retourner dans nos villages et l'Etat doit nous aider, c'est notre droit», dit-il. Ce vieil homme à qui les terroristes ont volé 38 vaches, ne veut pas renoncer. Il réclame d'être indemnisé pour qu'il puisse reprendre l'activité qu'il a toujours exercée, l'élevage.
À une quinzaine de kilomètres au nord de la commune d'Al-Adjiba, la localité d'Agouilal tente de renaitre de ses cendres. «Il y a peu de familles qui ont décidé de revenir au village. Les moyens manquent. Le transport est inexistant. L'unique école primaire est fermée depuis une année. La salle de soins n'a pas ouvert ses portes depuis un peu plus de quatre ans», dit un habitant de cette localité. «Les écoliers font le déplacement quotidiennement jusqu'à la ville de Bechloul, Al-Adjiba ou M'chedallah. Il y a des enfants qui passent toute la semaine chez des proches au village de Semmache pour éviter le va-et-vient et être proche de l'établissement», ajoute-t-il.
Cependant, la situation dans ce village ne cesse de se détériorer. Notre interlocuteur a souligné qu'avec la pénurie de l'eau potable et la dégradation du réseau routier, la région risque fort de connaitre un deuxième exode. La même situation est vécue par les populations de la région de Lakhdaria, à l'ouest de Bouira. Des villages entiers ont été dépeuplés après l'avènement du terrorisme. À Z'barbar, Mâala, Kadiria, Boukram, l'insécurité régnait en maitre des lieux pendant de longues années. Quitter le village, c'est fuir une mort certaine.
À Kadiria, les quelques familles qui ont choisi de regagner leurs maisons sont confrontées à un manque criard de commodités. Dans la commune de Mâala, les habitants n'y reviennent pas. La municipalité peuplée par près de 12 000 âmes au début des années 1990, n'en compte aujourd'hui que 5000, selon le recensement de 2008. Ce constat reflète le fossé qui existe entre le discours des autorités locales qui promettaient de mettre les moyens adéquats pour renverser le chemin de l'exode et la réalité du terrain. Un long chemin reste à parcourir pour que les villages abandonnés lors des années du terrorisme reprennent vie.


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