C'est sur fond de crise que se tiendra, du 17 au 26 mars au Palais des expositions des Pins maritimes, le 19e Salon international de l'automobile d'Alger (SIAA-2016). Plusieurs marques manqueront à l'appel lors de cet important événement qui compte habituellement de nombreux stands. Du jamais vu en Algérie depuis la création de ce Salon spécialisé. L'introduction d'un nouveau cahier des charges régissant l'activité des concessionnaires — renouvellement d'agrément, nouvelles normes pour les voitures importées et limitation de l'importation par un système de quotas — est l'une des raisons ayant bloqué l'élan de plus d'un professionnel dans ce secteur. Ainsi, les relents de la crise que connaît le secteur se font de plus en plus sentir. Face à cette épreuve, plusieurs marques européennes et asiatiques font profil bas, décidant de ne pas prendre part à ce salon. Les représentants de ces marques estiment ne pas être en tort, plaidant l'absence d'intérêt à y prendre part dans des circonstances économiques difficiles. Selon eux, «en Algérie, jour après jour, le marché de l'automobile se tasse. Après l'épuisement des stocks, il n'y a pas de véhicules à vendre. Cela implique logiquement l'absence de nouveautés à exposer en raison des blocages générés par les nouvelles dispositions régissant le secteur et la limitation des importations. Exposer sans prendre de commandes, encore moins vendre, est inutile. Quant à l'entretien de l'image de marque, elle est souvent établie pour chaque produit et le Salon d'Alger n'est pas une référence en la matière». Sans conteste, les grands absents à ce rendez-vous ne passent pas inaperçus. Il s'agit, entre autres, de GMS (Mercedes-Benz, Great Wall, Jeep, Chrysler), Diamal (Chevrolet et Opel), Elsecom (Ford et Suzuki), KIV (BYD, MG) et Sodi Automotive, le représentant des marques italiennes Fiat, Lancia et Alfa Romeo. Moins importantes, des marques chinoises ont également préféré s'abstenir pour limiter l'impact négatif de la crise. «En ces temps de disette, mieux vaut minimiser les charges, d'autant plus que la concurrence est à son plus bas niveau. Les restrictions budgétaires s'imposent pour pérenniser notre activité soumise à des défis inhabituels», estiment en substance ces concessionnaires. A vrai dire, l'édition 2016 du Salon international de l'automobile sera, pour plusieurs participants, marquée par l'absence de l'aspect commercial en raison du manque de disponibilité de véhicules. La non-participation à l'événement décidée par d'autres en dit long sur un choix dicté par la crise.