Ma fille est en 5e année primaire. Elle se prépare à passer son examen de sixième en juin 2007. A ce jour depuis trois mois, sa classe ne dispose pas d'enseignant de français. Dépassé par ce problème, le directeur d'école nous a orienté vers l'inspecteur de la circonscription. Ce dernier nous a aimablement reçus et écoutés. Grande est notre surprise ! Il nous avoue que pas moins de quinze écoles sont dépourvues d'enseignant de français. Est-ce à dire que ces élèves vont avoir à affronter l'examen de fin d'année avec un tel handicap ? Boumelha R. (Staouéli - Alger) Réponse : Nous souhaitons de tout cœur qu'une solution soit trouvée dans les plus brefs délais. Sûrement que la tutelle est consciente de ce problème. El Watan se fait un devoir de porter votre doléance en espérant que disparaissent le calvaire et surtout l'angoisse de ces enfants et de leurs parents. Je viens vous soumettre un grave dérapage didactique au niveau de l'enseignement des langues étrangères dans notre pays. Etant moi-même PES de français, j'ai toujours tenu à ce que mes enfants soient performants dans cette langue. Le cas de mon fils en 1e AM (de collège) m'embarrasse quelque peu. Il a commencé le français en 4e primaire, il a toujours été bon par rapport à ses camarades de classe. Il a une bonne base, et je l'ai vérifié. Deux ans après, c'est-à-dire à partir de cette année 2006/2007, il a commence l'anglais. Il me surprend en affichant des confusions dans le repérage des mots. Il à des difficultés pour lire le mot écrit en graphie latine : doit-il le lire en anglais ou en français ? C'est sûrement que les bases en français n'ont pas été assez consolidées. L'introduction de l'anglais n'a-t-elle pas été précipitée ? Mme O. Nacéra (Kouba - Alger) Réponse : Merci de nous avoir interpellé sur un problème d'ordre purement pédagogique. Il servira certainement aux instances concernées. Effectivement, l'approche méthodologique la mieux indiquée est celle qui consiste à prendre toutes les précautions pour ne pas tomber dans le travers des interférences qu'elles soient graphiques – comme c'est le cas – ou syntaxiques. Le même problème s'est déjà posé pour le français et l'arabe au primaire sans parler de tamazight. Il s'agit là d'un débat de fond qui doit être tranché par les spécialistes loin de toute considération idéologique ou politique. Une chose est sûre et elle est partagée par les plus hautes éminences du domaine - linguistes, psychologues et pédagogues : la plasticité du cerveau de l'enfant l'habilite à apprendre jusqu'à deux langues étrangères sans dommage aucun, à condition que la méthode d'enseignement soit celle qui éloigne ces risques d'interférence. Et elle existe, cette méthode ! Il suffit de voir la manière dont s'y prennent les Libanais pour amener tous leurs bacheliers vers l'université munis d'un précieux butin : la maîtrise de trois langues (l'arabe, le français et l'anglais).