Lors d?une conférence de presse animée au siège de son département, le chef de sûreté de la wilaya de Annaba, Benchikh Hocine Kheireddine, a déclaré que la criminalité a diminué de 70% au centre-ville et que les autres quartiers ne sont aujourd?hui concernés que par la «petite criminalité». Une baisse qui ressort, selon lui, dans les bilans dressés par ses services. A titre d?exemple, pour le deuxième semestre 2004, 2 039 affaires d?atteinte à la sécurité des personnes ont été traitées et 258 mandats ont été déposés, contre 1 686 et 206 mandats en 2005. Pourtant, la commercialisation de la drogue reste effrayante pour les mêmes périodes : 14 kg de drogue et 659 boîtes de psychotropes ont été saisis, contre 64 kg de drogue et 3 175 et 74 boîtes de gouttes en 2005. Cependant, M. Benchikh estime que certaines cités restent dangereuses, notamment Sidi Salem, El-Bouni, Djebanette Lihoud, Aïn Achir, Boukhadra, Sidi Ammar, Sidi Brahim. Généralement, ce sont des quartiers populaires où se regroupent des familles qui vivent dans la misère et le dés?uvrement. «Les jeunes souffrent du chômage, ils sont livrés à eux-mêmes ; par la force des choses, ils deviennent voleurs et délinquants car ils n?ont pas où aller ni quoi faire !», précise-t-il encore, en affirmant que la sûreté de wilaya a renforcé son dispositif et que 18 équipes pédestres assurent la sécurité des citoyens au centre-ville. Des rafles sont improvisées, chaque jour, des quartiers chauds sont ciblés. Il faut surprendre et assurer le suivi. «Dans certaines localités, les moyens rudimentaires sont absents, pas d?électricité, pas de gaz, pas d?eau, le chômage, les jeunes souffrent», relève, pour sa part, Kerouchi Yahia, le commandant du groupement de la gendarmerie de Annaba. Même si elle n?est pas classée parmi les wilayas concernées par l?insécurité, les statistiques de la gendarmerie enregistrent un nombre important d?agressions chaque jour. En 2004, 1 025 affaires de crimes ont été traitées par la Police judiciaire, 512 délits ont été commis contre les personnes, 644 personnes ont été arrêtées ; 302 affaires de délits contre les biens ont été recensées durant la même période. L?étude menée par le commandant du groupement démontre, par ailleurs, que la moyenne d?âge de ces délinquants est estimée entre 18 et 28 ans, suivie de la catégorie des 29 et 40 ans. Plus de la moitié d?entre eux sont sans travail, sans ressources.