L'émissaire international Lakhdar Brahimi, a affirmé hier, à Damas que la Conférence internationale Genève-2 censée réunir pouvoir et opposition pour trouver une solution politique au conflit en Syrie n'aura pas lieu si l'opposition n'y participe pas. «Si l'opposition ne participe pas, il n'y aura pas de conférence de Genève», a affirmé M. Brahimi lors d'une conférence de presse à Damas avant son départ pour Beyrouth dans le cadre d'une tournée régionale. «La participation de l'opposition est essentielle, indispensable et importante», a ajouté l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, soulignant que la Conférence de paix, espérée pour novembre, est prévue «pour aider les Syriens et résoudre leurs problèmes». Selon M. Brahimi, qui a effectué une visite de cinq jours à Damas, «le gouvernement syrien a accepté de participer à la conférence de Genève». Il a ajouté que «l'opposition, que ce soit la Coalition nationale ou les autres composantes, s'efforce de trouver les moyens pour se faire représenter» à Genève-2. Au même temps, le secrétaire d'Etat John Kerry repart une nouvelle fois ce week-end en tournée au Proche-Orient et dans le Golfe, au chevet du difficile processus de paix israélo-palestinien, de la guerre en Syrie et de la crise nucléaire avec l'Iran. Point d'orgue de ce 17e voyage en huit mois pour le chef de la diplomatie américaine, sa première étape dimanche en Arabie saoudite pour des entretiens avec le roi Abdallah afin de tenter d'apaiser les tensions entre les deux alliés : Ryad reproche tout à la fois à Washington son non interventionnisme militaire en Syrie et son rapprochement avec l'Iran. Après Ryad, M. Kerry est attendu jusqu'au 11 novembre à Varsovie, Al Qods, Bethléem, Amman, Abou Dhabi, Alger et Rabat. Proche de son homologue saoudien, le prince Saoud al-Faysal qu'il a encore vu à Paris il y a dix jours, M. Kerry «va réaffirmer la nature stratégique des relations entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite», un «partenaire immensément important sur des dossiers tels que la Syrie ou (...) l'Iran», a argumenté la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki. «C'est le bon moment pour une visite du secrétaire d'Etat», a-t-elle assuré. De fait, et bien que Washington le nie, les relations américano-saoudiennes subissent un coup de froid, tant à cause de la Syrie que de l'Iran. Le dernier rapprochement avec Téhéran n'était pas du goût des Américains. L'Iran, puissance régionale de tout temps, reste la bête noire de Ryad. La monarchie islamique a annoncé le 18 octobre son refus de siéger au Conseil de sécurité de l'ONU, alors qu'elle venait d'y être élue, un geste sans précédent pour protester contre «l'impuissance» du Conseil et surtout contre l'inaction de Washington face au drame syrien. Les Saoudiens reprochent à leurs alliés américains d'avoir renoncé à frapper militairement le régime de Bachar al-Assad. Selon le Wall Street Journal, le chef des renseignements saoudiens, le prince Bandar ben Sultan al-Saoud, avait déclaré à des diplomates européens que Ryad réduirait sa coopération avec la CIA pour armer et entraîner des rebelles syriens en collaboration avec la France et la Jordanie. Au cours de cette tournée dans le monde arabe, M. Kerry fera une brève incursion en Europe, à Varsovie, pour parler de «nos partenariats de défense avec la Pologne et de sa contribution à la promotion de la démocratie et (...) de l'influence de l'Otan», selon Mme Psaki. Le secrétaire d'Etat, qui a déjà visité quelque 35 pays depuis sa prise de fonctions en février, bouclera sa tournée par un premier voyage au Maghreb, à Alger pour le dialogue stratégique Etats-Unis/Algérie, puis au Maroc. M. Kerry et le département d'Etat avaient évoqué cette semaine une possible visite au Caire «dans les prochaines semaines», mais cette éventuelle étape égyptienne ne figure pas au programme de la présente tournée. M. S./Agences