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Confiance dans les marchés, antitrust dans les médias
Publié dans La Tribune le 08 - 02 - 2017

Cette année, la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos s'est tenue à un moment de perplexité pour les élites économiques et financières. Bien que l'économie mondiale se porte plutôt bien ces derniers temps, les électeurs se rebellent contre les élites.
Cette année, la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos s'est tenue à un moment de perplexité pour les élites économiques et financières. Bien que l'économie mondiale se porte plutôt bien ces derniers temps, les électeurs se rebellent contre les élites.
Malgré des défis et des points faibles très médiatisés, il y a eu de nombreuses bonnes nouvelles en économie au cours des dernières années. La mondialisation et le progrès technologique ont favorisé la croissance annuelle mondiale du PIB par habitant de 2,5% depuis 2009, plus faible qu'avant la Grande récession, mais encore très élevée par rapport aux normes historiques. Au cours des 35 dernières années, la part de la population mondiale vivant dans la pauvreté a chuté de 40% à seulement 10%.
Le plus important motif de plainte de l'année passée a peut-être porté sur les inégalités. Mais au niveau mondial, les inégalités sont en baisse. Et tandis que les inégalités ont augmenté dans certaines économies avancées, cette augmentation n'a pas été particulièrement spectaculaire et reste à des niveaux raisonnables.
Mais ce n'est pas ce que voit le citoyen moyen. Selon le nouveau Rapport de Transition de la Banque européenne pour la reconstruction (Berd) et le développement, fondé sur l'enquête Life in Transition 2015-2016, produit par la Banque mondiale et la Berd (dont je suis économiste en chef), l'accroissement perçu des inégalités dépasse de loin la réalité décrite par les données officielles, d'après les résultats des enquêtes effectuées auprès des ménages.
Dans un seul des 34 pays où les ménages ont été interrogés, une majorité de répondants ont indiqué que les inégalités avaient augmenté au cours des dernières années. Pourtant les données officielles montrent de très petites variations du coefficient de Gini (une mesure standard des inégalités), au cours de cette période, la plupart des pays ayant connu une diminution des inégalités.
On peut supposer que dans une dispute entre les données et l'opinion, les données l'emportent toujours. Mais dans ce cas précis, ce sont peut-être nos données qui sont fausses, ou plus exactement, nous utilisons peut-être les mauvaises données. Contrairement aux citoyens ordinaires qui voient des sans-abris dans les rues et des milliardaires dans l'actualité, les enquêtes ménages analysant les mesures des inégalités sous-échantillonnent peut-être les personnes situées tout en haut et tout en bas de la distribution des revenus.
Un autre type de données, recueillies par l'économiste français Thomas Piketty, peut fournir une image plus précise des inégalités actuelles : les dossiers fiscaux. Ces données indiquent que les revenus des super-riches ont récemment dépassé de loin ceux du reste de la population. Philippe Aghion de Harvard et du Collège de France et ses co-auteurs ont renforcé cette constatation, en montrant que, si les inégalités n'ont pas augmenté entre les 99% inférieurs de la population des pays riches, le 1% supérieur s'est détaché du peloton.
La concentration des richesses au sommet, comme le remarquent Piketty et d'autres, peut être dangereuse. Quand les institutions politiques sont faibles, certains magnats peuvent utiliser leur argent pour «capturer» les représentants du gouvernement et faire pencher la réglementation économique en leur faveur. Avec leurs nouveaux avantages concurrentiels, ils peuvent accumuler des profits indus puis réinvestir une partie de leur butin dans l'acquisition de rentes encore plus injustes. La concentration de richesses peut devenir difficile à limiter et au fil du temps, les petites et moyennes entreprises risquent d'être évincées.
Bien sûr, si les institutions politiques d'un pays ne sont pas assez fortes, les super-riches peuvent même fausser les règles du jeu. Dans ce cas, ceux qui accumulent le plus de richesses sont les plus talentueux et les plus chanceux parmi les entrepreneurs, qui récoltent leurs récompenses pour stimuler l'innovation et la croissance qui profitent à l'ensemble de l'économie.
Malheureusement, dans bon nombre des 36 pays membres de la Berd, les institutions politiques ne sont pas si fortes. Cela se traduit dans le fait que les marchandises et les ressources naturelles représentent une majorité de la richesse des milliardaires dans les pays de la Berd, ce qui suggère non seulement que les rentes des ressources naturelles sont disponibles, mais également que ces rentes sont insuffisamment taxées.
Il y a un besoin évident de s'attaquer à l'influence politique injuste des super-riches. Plus directement, cela implique de rendre plus transparent le financement politique, avec des règlementations plus sévères et plus efficaces. Mais cela implique également de traiter le problème de l'utilisation des médias par les oligarques en vue de manipuler la politique pour leur propre compte.
Comme Luigi Zingales l'a souligné en 2012, les oligarques peuvent utiliser la propriété des médias pour consolider leurs positions politiques, qu'ils peuvent ensuite exploiter pour fixer des rentes à partir desquelles ils peuvent financer des médias. Zingales soutient que l'ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi était passé maître en cette matière. Mais de nombreux oligarques dans les pays post-communistes ont fait de même.
Certains oligarques peuvent soutenir qu'il est préférable que ce soit eux qui détiennent les médias plutôt que le gouvernement : au moins, ils peuvent rivaliser avec d'autres oligarques. C'est un leurre. Oui, la propriété des médias par un gouvernement kleptocratique ou autoritaire est dangereuse. Mais il en va de même de la propriété des médias par des oligarques qui peuvent s'associer entre eux pour protéger leurs intérêts collectifs : des intérêts qui peuvent différer considérablement de ceux du reste de la société.
Les médias sont l'un des fondements des sociétés démocratiques modernes. C'est pourquoi la propriété des médias doit être transparente. Et dans l'idéal, la possession d'autres biens devraient être interdite aux propriétaires de médias. En bref, les médias doivent être soumis au même type de politique antitrust que les industries d'infrastructure, par exemple.
Bien sûr, une telle politique antitrust risque de rencontrer une vive résistance politique. Et même si une telle politique était mise en œuvre, les magnats continueraient de s'efforcer d'influencer les médias, par exemple par des contrats de publicité surévalués. Dans une certaine mesure, certains médias pourraient accueillir favorablement les subventions oligarchiques comme un moyen de gérer de nouveaux défis contre les modèles économiques traditionnels.
La résolution de ces problèmes requiert d'abord et avant tout, un régulateur indépendant fort. En même temps, des subventions publiques transparentes et non politisées peuvent contribuer à soutenir le bien social de l'honnêteté des médias d'information.
La mise en œuvre d'un cadre efficace de concurrence des médias ne sera pas facile. Mais cela sera toujours plus facile que la concurrence avec une opinion publique de plus en plus insatisfaite, qui perd la foi en la démocratie et en l'ouverture des marchés.
S. G.
*Economiste en chef de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
In project-syndicate.org


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