Le groupe de médias américains Viacom a publié cette semaine un bénéfice net en hausse de 55% pour le deuxième trimestre de son exercice décalé à 585 millions de dollars, et nettement supérieur aux attentes, grâce notamment à la diversification dans le numérique. Rapporté au nombre d'actions et hors éléments exceptionnels, le bénéfice trimestriel par action revient à 98 cents, alors que les analystes en escomptaient 89. Le chiffre d'affaires a progressé de 2% à 3,33 milliards de dollars, restant proche des attentes (3,34 milliards). Les chaînes de télévision (MTV, Nickelodeon, Comedy Central...), qui avaient souffert ces derniers mois, ont cette fois dégagé une progression à la fois de leur chiffre d'affaires (+5% à 2,19 milliards de dollars) et de leur bénéfice d'exploitation (+11% à 893 millions de dollars). Ces progrès sont largement dus à "de plus hautes recettes tirées d'accords de distribution numérique, ainsi qu'à des hausses de redevance". En revanche, les recettes publicitaires n'ont progressé que de 1% aux Etats-Unis, et sont restées stables à l'international. "Nous voyons des signes encourageants d'un raffermissement du marché publicitaire", a toutefois assuré le directeur général, Philippe Dauman, lors d'une téléconférence avec des analystes. Globalement, il a noté que "MTV, Nickelodeon et Comedy Central restent la destination numéro un sur le câble pour leur public, et des nouvelles marques comme VH1 et CMT gagnent des spectateurs avec de nouvelles émissions originales". Ces derniers mois, les investisseurs s'étaient inquiétés de baisses d'audience en particulier à Nickelodeon qui diffuse notamment le dessin animé "Bob l'Eponge". M. Dauman a relevé que les problèmes d'audience, qui s'expliquent partiellement selon lui par des bizarreries dans la façon de la mesurer, mais aussi par la qualité des programmes de chaînes concurrentes, étaient pris au sérieux par le groupe, qui s'efforce de "diversifier" ses émissions. "Nous pensons que progressivement nous ferons remonter l'audience, et nous ne nous arrêterons pas avant que Nickelodeon se développe et s'améliore", a-t-il promis, assurant dans le même temps que les recettes publicitaires ne semblaient pas menacées: "tous nos partenaires sont très contents de Nick". M. Dauman a également mis en avant le lancement d'une première chaîne Paramount en Espagne, et le fait que Comedy Central était désormais diffusé dans plus de 40 pays, y compris la Russie. Côté cinéma (studios Paramount), le chiffre d'affaires a souffert de recettes en salles décevantes, surtout par rapport à de grands succès de l'an dernier, comme le dessin animé "Rango": le film d'épouvante "Devil Inside" et les comédies "Mille Mots" ou "Jeff, who Lives at Home", ont peiné à trouver leur public. Du coup, les recettes ont reflué de 5% à 1,17 milliard de dollars. Une gestion plus serrée a cependant permis de presque tripler le bénéfice d'exploitation à 115 millions de dollars. Les studios "Paramount Pictures ont livré un bénéfice remarquable, avec une série de films ciblés, une stratégie astucieuse qui saisit les nouvelles occasions numériques et une attention soutenue portée aux économies", a souligné M. Dauman. Il s'est notamment dit très attaché au partenariat avec le loueur et diffuseur en ligne Netflix, et a mis en avant des accords avec Amazon qui diffuse également en ligne. Au passage, il a noté que "les tablettes ont dépassé les laptops (ordinateurs portables) comme deuxième écran de choix". Il a indiqué que les trimestres suivants bénéficieraient du grand succès de la sortie de "Titanic" en 3D, ainsi que des films à sortir "The Dictator", "G.I. Joe: Conspiration" et du nouveau dessin animé "Madagascar 3: Bons Baisers d'Europe". Le directeur d'exploitation Tom Dooley a prévenu pour sa part que la croissance du chiffre d'affaires pourrait ralentir durant le trimestre en cours, en raison surtout du timing de divers événements, mais rebondir durant l'été.