M. Bouchama, A. Andaloussi et S. Sid Petite surprise dans le Onze rentrant. Comme à son habitude, Coach Vahid donne libre cours à son imagination. Attendu aux côtés de Bougherra, Cadamuro est renvoyé sur le banc. C'est Rafik Halliche qui reprend son rôle de second stoppeur alors que, comme prévu, Medjani assure la couverture des axiaux. Dès les premiers ballons, les poulains de Halilhodzic tentent de monopoliser le cuir. Pas de gros pressing de la part des Belges qui se «casent» entre les deux espaces situés entre les lignes arrière et médiane. Le jeu se concentre finalement autour des trente-quarante mètres du milieu. Une densité qui a ajouté à l'intensité de la pression, perceptible plus chez les Diables rouges que dans le camp algérien. Le round d'observation se taille la part du lion durant le premier quart d'heure. Les deux blocs sont en place. Les deux gardiens ne sont pas encore sollicités. Quelques ballons perdus sont recueillis par le géant Courtois et M'Bolhi. Les quinze minutes franchies, les alertes sont lancées. Un mauvais renvoi de Bougherra est repris par les bras ouverts de M'Bolhi puis une longue transversale, sur la relance, du portier algérien, lobe le longiligne Van Buyten et atterrit dans les pieds de Mahrez. Une feinte suivie d'un tir décroIsé à droite des bois belges (17'). Stratégies obligent, les deux blocs semblaient cerner les espaces de construction. La bataille du milieu fait rage et les croisés Bentaleb-Dembele-Chadli, les Spurs de ce duel belgo-algérien, devenaient légion. Les tirs lointains, tel ce bolide de Witsel difficilement repoussé par M'Bolhi (20'), devenaient une solution intermédiaire. 28 ans après Zidane... Feghouli Le tiers de l'heure est consommé et il fallait un coup de folie pour libérer les foules. Une percée de Ghoulam, lancé par Bentaleb, et un centre décroisé à la perfection du Napolitain effacent l'axe défensif belge. Feghouli, incrusté derrière Vertonghen lequel accroche le Valencien par le maillot. Le Mexicain désigne logiquement le point de penalty et inflige le carton au défenseur belge. Feghouli se fera justice en envoyant Courtois à contre-pied (24'). 28 ans après Djamel Zidane, buteur face à l'Irlande du Nord à Monterrey (Mexique), l'Algérie marque son sixième but dans un tournoi final du Mondial. Sur une autre balle arrêtée. Le stade brûle sous les stridentes acclamations des 4 000 fans algériens qui vont, dix minutes plus tard, retenir leur souffle suite à une nouvelle frappe de Witsel que M'Bolhi repousse en corner (34'). Les Belges ne s'affolent pas mais peinent à organiser la rébellion devant des Algériens, offensivement poussifs, mais assez bien calés dans leurs positions arrière. Hazard est esseulé et ses crochets et débordements ne déroutent pas ses gardes, Taïder et Bentaleb, qui se relayaient devant sa petite mais explosive carapace. Lukaku qui se fait oublier, ayant vu sa masse athlétique contenue par Halliche et Bougherra, remonte au milieu afin de récupérer quelques ballons, en vain. Les Diables rouges n'ont pas l'allant pour surfer facilement dans le périmètre de M'Bolhi. Trop de passes latérales, une seule en profondeur (Hazard sur Chadli) que l'attaquant de Tottenham n'a pu conclure, à six mètres des bois de M'Bolhi (43'). Malgré une importante possession de balle (66% contre 34%) pour les hommes de Wilmots, la mi-temps s'achève sur un avantage, certes maigre, précieux pour Halilhodzic et ses hommes. Résistance et contre assassin A l'amorce de la seconde mi-temps, Wilmots incorpore le Napolitain Mertens qui ira défier son équipier en club, Ghoulam. Chaud duel en perspective entre deux footballeurs techniquement «blindés». L'ailier de Naples annoncera la couleur sur un corner mal apprécié par M'Bolhi qui finira sur le crâne de Witsel qui met le cuir, sans le vouloir, dans les airs (50'). Le kop algérien encourage son gardien en criant «M'Bolhi, M'Bolhi». Sur un corner au profit des Verts, Taïder dépose le cuir sur la tête de Medjani dont la reprise rate de peu le cadre de Courtois (57'). L'heure de jeu est là présente, pressante. Wilmots opère un second changement en sortant Lukaku, incertain suite à sa blessure en amical face à la Tunisie, par Origi, également incertain suite à une foulure lors d'un entraînement, la semaine dernière, au camp de base des Belges. Ce sont donc deux attaquants puissants (Chadli et Lukaku) qui sont remplacés par deux silhouettes frêles mais rapides. Histoire (belge) de débouler et de provoquer la fracture au sein de la charnière défensive mise en place par Halilhodzic. Dans les gradins, la «Holà» est admirablement exécutée par le public algérien. Les fans belges commencent, eux, à désespérer. Leurs mines défaites, étendues sur les deux écrans géants du temple de Belo Horizonte, sont aggravées par le ratage d'Origi face à M'Bolhi (67'). Avant cette dangereuse alerte belge, Wilmots a épuisé ses changements en incorporant le médian de MU, Felaini, à la place de Dembele, alors que Slimani, côté algérien, remplaçait Soudani carbonisé par son duel face à Kompany et Van Buyten. La Belgique presse sous la férule de Hazard, maître du couloir gauche où Mostefa, malgré le soutien de Feghouli, peine à trouver la bonne formule pour contenir le crack des Blues. Ce dernier finira par avoir raison de Mostefa, écarte sur Vertonghen dont le centre trouve Felaini, en pointe de l'attaque, qui devance Halliche et lobe de la tête M'Bolhi (1-1, 72'). L'égalité qui fera sauter de joie Wilmots au moment où Halilhodzic ne comprenait pas cette inattention assassine. La rencontre se referme à nouveau. Le staff des Verts fait appel à l'expérience de Lacen pour rééquilibrer la zone médiane outrageusement accaparée par les équipiers de De Bruyne. Le scénario que redoutait le sélectionneur des Verts : subir et souffrir à l'infini. Un contre de Hazard, qui ouvre sur la droite pour Mertens, et la Belgique prend l'avantage sur le tir en force de son attaquant napolitain (79'). Et la baraka sera avec M'Bolhi sur cette rageuse frappe de la tête de Felaini, détournée en corner par le portier algérien (83'). Au sommet de cette domination des Diables rouges, Halilhodzic envoie Ghilas sur la pelouse (à la place de Medjani, visiblement blessé). Mais les torrents belges ne s'essoufflent pas, acculant une formation algérienne qui semblait à bout de souffle pour aller chercher l'égalisation. Certains éléments, à l'instar de Bougherra et Halliche, n'avaient plus de jus pour balancer le cuir dans la zone adverse. Le referee mexicain accorde trois minutes. L'espoir d'un finish à la Betrouni, aux JM d'Alger en 1975 contre la France. Hier, Feghouli a cassé un mythe mais les Verts n'ont pas réussi à signer leur troisième victoire dans l'histoire de l'Algérie en tournoi final d'une Coupe du monde. M. B. Fiche technique Belo Horizonte, Estadio Mineirao, temps chaud (26°), terrain parfait, affluence nombreuse, arbitrage de M. Marcos Rodriguez (Mexique) assisté de MM. Marvin Torrentera et Marcos Quintero (Mexique). 4e arbitre: Alireza Faghani (Iran). Arbitre assistant de réserve : Hassan Kamranifar (Iran). Buts : Feghouli (24', s. p.) Algérie, Felaini (72') Mertens (79') Belgique. Avts : Vertonghen (23') Belgique, Bentaleb (33') Algérie. Belgique : Courtois, Alderweireld, Kompany, Vertonghen, Witsel, De Bruyne, Hazard, Van Buyten, Dembele (Felaini,65'), Chadli (Mertens, 46'), Lukaku (Origi 58'). Entr. : Marc Wilmots. Algérie : M'Bolhi, Bougherra, Ghoulam, Halliche, Mostefa, Medjani (Ghilas, 84'), Taïder, Bentaleb, Feghouli, Soudani (Slimani (66'), Mahrez (Lacen, 73'). Entr. : Vahid Halilhodzic. Hymne national en chœur Si l'hymne belge a été religieusement suivi par les milliers de fans des Diables rouges, Kassaman a retenti dans le stade Mineirao comme un volcan en ébullition, tellement les fans algériens ont chanté en chœur l'œuvre de Moufdi Zakaria. Un hymne qui a ébloui le public «neutre» (et même des Belges) présent. Les fans algériens devant la zone médias Les milliers de supporters algériens ont pris place dans le stade principal de Belo Horizonte, hier. Des dizaines ont occupé des espaces parmi les autres galeries alors que le plus gros du contingent s'est installé à côté de la tribune réservée aux médias créant une ambiance pour le moins extraordinaire. Cafouillage dans les tribunes de presse Petit cafouillage au niveau de la tribune de presse du stade Mineirao, hier à l'occasion du match Belgique-Algérie. Les volontaires chargés de montrer les positions des journalistes ont provoqué une énorme confusion envoyant certains, dont les deux envoyés spéciaux du journal, dans des positions qui n'étaient pas les siennes. Malgré l'intervention des officiers médias de la Fifa, il n'était plus possible de caser ce beau monde à ses positions initiales occupées par d'autres journalistes, malencontreusement placés là où il ne fallait pas. Heureusement que l'immense stade de Belo Horizonte dispose d'un espace libre qui a contenu tous les journalistes accrédités. Les joueurs acclamés malgré la défaite L'amère désillusion des camarades de Feghouli, hier face à la Belgique, n'a pas empêché le public de leur réserver une standing ovation à la fin de la rencontre. Un hymne salué par les joueurs qui ont également eu à remercier le public pour ses encouragements.