Une équipe médicale américaine composée de 17 éléments volontaires, dont 3 éminents neurochirurgiens, 1 pédiatre, 1 cardiologue, 2 réanimateurs, 2 anesthésistes et des infirmières sont arrivés jeudi dernier à l'hôpital Mohammed-Boudiaf de Médéa pour coopérer avec leurs confrères algériens, échanger des informations technologiques et de pratiques médicales dans le domaine des traitements chirurgicaux de la maladie «spina bifida». Le syndrome spina-bifida est le développement incomplet de la colonne vertébrale. Il s'agit d'une malformation qui survient avant la naissance, causant la paralysie et la perte de sensibilité des membres inférieurs. Le spina-bifida cause également des problèmes de fonctionnement de la vessie et des autres fonctions d'élimination. Il peut aussi entraîner des pertes de coordination des mains, de la vue et de l'ouïe et engendrer des problèmes d'apprentissage. Plusieurs facteurs peuvent être responsables du développement du spina (colonne vertébrale) bifida (fissure ou division), certains connus, tels que le bagage génétique, l'alimentation de la mère avant la conception et durant la grossesse ou l'environnement du fœtus ou d'autres facteurs encore inconnus. Selon les explications fournies par les spécialistes, le cerveau et la moelle épinière se développent au cours des premières semaines de la grossesse, en commençant par la formation du tube neural avant le 28e jour suivant la conception. Lorsque le spina-bifida survient, le tube neural ne se forme pas de façon normale. À ce jour, on ne sait pas s'il s'agit d'une fermeture incomplète de ce tube ou d'une fusion qui survient après et qui serait causée par une quelconque pression. A l'endroit où le tube est ouvert, les os, les muscles et la peau ne peuvent pas se développer autour de la moelle épinière. Les nerfs qui croissent normalement à partir de la moelle épinière ne peuvent pas se développer adéquatement là où survient la lésion. La moelle épinière fissurée, les nerfs et le liquide rachidien, tous ensembles, causent la formation d'un sac sur le dos du fœtus, appelé «cèle», laquelle est recouverte d'une membrane que l'on nomme les «méninges». Le nombre de nerfs affectés et les séquelles causées aux parties du corps qu'ils contrôlent dépendent de la position de la cèle sur le dos. Plus sa position est haute, plus les séquelles sont importantes. Selon le Dr Leila Djadi, spécialiste en neurochirurgie, le terme de spina bifida est un terme qui englobe la myéloméningocèle, le méningocèle et le spina bifida occulta, avec des formes dorsales, vertébrales ou cervicales, en un mot toutes les malformations de la colonne vertébrale. Dans le cas de ces atteintes, l'intervention chirurgicale doit s'opérer au plus tard dans les 72 h après la naissance alors que les hydrocéphalies, en Algérie, sont prises en charge très en retard. Le problème auquel se trouvent confrontés les spécialistes algériens indique-t-on, est celui de la difficulté d'anesthésier les nouveau-nés. «Nous venons d'opérer un nouveau-né de 20 jours ici à Médéa, c'est pour nous un grand exploit, une grande victoire», déclare le Dr Leila Djaâdi. Pour les parents d'enfants atteints du spina bifida, surtout pour ceux qui n'ont pas les moyens, la prise en charge relève d'un défi parfois insupportable telle cette mère d'un enfant de 13 ans, venue de Blida, après avoir fait tous les services des grands hôpitaux du centre du pays.