«Musique andalouse», était le titre d'un récital présenté, mercredi en soirée, à la salle Ibn Zeydoun à Alger par l'interprète de la chanson andalouse Lila Borsali et le chanteur-guitariste espagnol Suhaïl Serghini. La salle Ibn-Zeydoun de l'Office Riadh El Feth (OREF) était archicomble, ce mercredi soir, pour le concert de Lila Borsali et de Suhaïl Serghini. Le public venu relativement nombreux assister au spectacle a été ravi par les atmosphères empreintes de convivialité, ponctuées par une belle fusion de la chanson andalouse au flamenco. Ce brassage des styles qui a réuni durant tout le spectacle la chanson andalouse, par la voix limpide voix de Lila Borsali, au flamenco et le chant et la musique offerts par Suhaïl Serghini a réuni également sept musiciens de l'orchestre de Lila Borsali, dirigés par Leila El Kébir. Ces derniers ont accompagné la chanteuse andalouse et le chanteur de flamenco espagnol d'origine marocaine, Suhaïl Serghini, dans un répertoire qui a restitué le patrimoine musical commun entre l'Espagne et l'Algérie. Des le début du concert, les deux artistes ont tenu à rendre hommage au grand chanteur et poète espagnol Carlos Cano (1946-2000). Hommage à la Palestine Originaire de Grenade, Carlos Cano avait sauvé de l'oubli plusieurs styles de musiques andalouses en les rassemblant, notamment, la «copla andaluza» et le «paso doble». Les deux chanteurs se sont par la suite mis d'accord pour interpréter une vingtaine de chansons connues et moins connues dans les deux langues, arabe et espagnole. Parmi les chansons interprétées en arabe, ils ont choisi certaines pièces tirées du pur classique andalou telles que «Lamma bada yatathanna», mais surtout du Hawzi et de de la variétés dont «Qoulou el yamna», «Wahd el ghoziyel», «Mahanni ezzine et Selli houmoumek». Ces chansons souvent très rythmées ont mené le public à suivre la cadence en battant la mesure avec les mains et en répondant en chœur aux deux chanteurs. Avec sa voix rauque et son jeu exceptionnel à la guitare Suhaïl Serghini a invité le public à un véritable voyage en andalousie pour vivre des moments dédiés au flamenco. Par la suite, les deux voix se sont unies pour rendre hommage au peuple palestinien qui lutte contre l'occupant sioniste en interprétant «Rouhi maâk» et «Allahou akbar» que le public a reprises en chœurs avec les deux chanteurs. Le public en or et connaisseur présent à la salle Ibn Zeydoun a fortement applaudi l'orchestre, notamment lors de l'exécution des istikhbarate ( préludes) par Leila El Kébir et Rafiq Benhamed aux violons altos, des frères Mahdi et Ryad Guelmaoui, au luth et à la mandoline et Djihad Larbi au qanoun. A la fin du concert, Lila Borsali et Suhaïl Serghini, fortement applaudis ont interprété, «Allahoma salli aâla El Moustapha» et «Khoudou min hali», deux pièces dans le genre m'dih. Des artistes prolifiques Le chanteur, compositeur et musicien Suhaïl Serghini, qui vit à Grenade en Espagne a fondé et dirigé les groupes «Suhaïl Ensemble» et «Ziryab Calo», constitués de remarquables musiciens. Il est très connu en Espagne et a participé à plusieurs festivals à travers le monde. Lila Borsali qui ne cesse de faire parler d'elle a enregistré plusieurs albums dont la «Nouba Rasd Eddil», la «Nouba Ghrib». Son dernier album intitulé Pour l'espoir est sorti en 2018. Le concert «Musique andalouse» de Lila Borsali et Suhaïl Serghini, a été présenté dans le cadre de la programmation, «Les nuits du Ramadhan» (27-31mai), organisé par l'Institut Cervantès d'Alger, en collaboration avec l'ambassade d'Espagne d'Alger, le ministère de la Culture et l'Oref.