Le procès de 24 Tunisiens accusés d'être impliqués dans l'assassinat en 2013 de l'opposant tunisien Chokri Belaïd, farouche critique des islamistes, a commencé hier. Près de 200 avocats, des journalistes ainsi que des policiers se trouvaient au tribunal. Des dizaines de personnes manifestaient par ailleurs dans la rue en scandant «Tunisie libre, terrorisme dehors», selon une journaliste. Face à l'affluence, l'audience se tenait non pas dans l'une des salles du Palais de justice de Tunis, mais dans le grand hall au premier étage du bâtiment. «Aujourd'hui, nous allons voir si justice sera faite ou non. Il y aura des indices sur la volonté ou pas de rendre justice», a dit la veuve de l'opposant, Basma Khalfaoui. Chokri Belaïd, un farouche critique des islamistes d'Ennahda alors au pouvoir, a été tué devant chez lui le 6 février 2013 à Tunis. Cet assassinat avait choqué le pays et provoqué une crise politique. Seuls quatre des accusés étaient visibles dans le hall archiplein. Selon le parquet, 23 des accusés sont en détention et un est en liberté. Les 24 accusés sont poursuivis pour «incitation à commettre des crimes terroristes», «adhésion à des groupes en relation avec des organismes terroristes» et meurtre avec préméditation, avait indiqué l'avocat de l'un des accusés. Ils sont aussi soupçonnés d'avoir «fourni des informations, un local et des dons directs afin de financer des personnes ayant des activités terroristes», ainsi que d'avoir «fourni des armes et des explosifs à un organisme en relation avec des crimes terroristes», a précisé le parquet. Les autorités avaient attribué le meurtre à la mouvance djihadiste et annoncé en février 2014 avoir tué, dans une opération antiterroriste, son assassin présumé. En décembre 2014, des djihadistes ralliés à l'EI ont pour la première fois revendiqué l'assassinat de Chokri Belaïd et celui d'un autre opposant, le député Mohamed Brahmi, assassiné en juillet 2013. Mais la famille de Chokri Belaïd continue de dénoncer des «zones d'ombre» et de réclamer la vérité. Ce procès s'est ouvert alors que la Tunisie est encore sous le choc après un attentat sanglant vendredi contre des touristes près de Sousse, revendiqué par l'EI.