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journées de canicule à Tizi Ouzou: Le purgatoire
Publié dans Le Temps d'Algérie le 08 - 07 - 2017

«J'ai vu le soleil se mettre à l'ombre», ironise Ammi Ahmed qui a dû faire appel à son génie en matière d'éloquence pour qualifier cette terrible vague de chaleur, qui s'est abattue sur Tizi Ouzou depuis mercredi dernier.

D'autres parlent de purgatoire, de fournaise ou encore de boulangerie à ciel ouvert. A Tizi Ouzou on ne parle que de cette insupportable vague de chaleur. Même les services météo et la direction locale de la santé s'y mettent, notamment à travers les ondes de la radio locale en prodiguant des conseils aux habitants afin de se prémunir des éventuelles fâcheuses conséquences qui peuvent surgir en raison, notamment, d'une exposition au soleil, surtout chez les personnes âgées et les enfants. Avant-hier comme hier, le ton a été donné dès les premières heures de la matinée. Les gens sont sortis faire quelques emplettes avant de s'abriter. On ferme fenêtres et volets et on met la clim. C'est quasiment une, règle pour tout le monde. Les rues sont désertes. Des commerces ont fermé. La boule rouge impose le «couvre-feu». On ne commence à sortir que vers 18h. Les plus téméraires ont pris le chemin des côtes pour se rafraîchir. Les autres restent à la maison. Pour le commun des citoyens, c'est un fait, voire même une fatalité. Chacun essaie à sa manière de commenter ces journées caniculaires devenues la hantise. L'extraordinaire montée du mercure qui, dit-on par ironie, déborde du thermomètre, est devenue le sujet principal. Outre les explications données par les services de la météo, les petites gens s'amusent aussi à donner leur propre version. Le premier à qui vous parler de cette chaleur torride qui enveloppe la ville des Genêts, n'hésitera pas à vous lancer à la figure cette phrase adoptée comme tous comme une explication logique de cette montée des températures : «C'est le barrage de Taksebt qui a aggravé le phénomène. Il est la cause principale qui génère un taux d'humidité anormalement élevé à Tizi ville et dans ses environs, et par conséquent, une aggravation des températures». A Tizi Ouzou ville et à la Nouvelle ville, il ne fait plus bon vivre depuis que le mercure a atteint des seuils qui dépassent le supportable. La baisse des températures enregistrée la semaine dernière a donc laissé place à une spectaculaire remontée du mercure. L'astre diurne impose sa loi et contraint les gens à changer leurs habitudes. On se presse, on fait vite et on n'a dans l'esprit que le fait de s'abriter. Quand le soleil est au zénith, il tanne la peau, provoque des coups de chaleur qui peuvent être dangereux pour certains. «Moi, je sors la matinée pour faire mes emplettes. Juste après, je rentre à la maison et j'y reste toute la journée à passer le temps en regardant la télé. C'est tout ce qu'il y a ! Quand le soleil décline, je sors de nouveau faire un tour en ville, mais jamais avant. Nous autres vieux, nous sommes vulnérables et on a plus le cœur pour aller ailleurs», ajoute ammi Ahmed, qui ne manque pas de regretter le fait qu'une ville comme Tizi Ouzou vienne à manquer cruellement d'espaces verts, de jardins et autres lieux de détente. A tout cela, comme boucler la boucle, s'ajoute la pollution et l'insalubrité. La Nouvelle ville, ou c'est admis d'appeler ainsi, illustre parfaitement la terrible dégradation du cadre de vie. Les saletés sont partout. Poubelles, autres détritus, eaux usées, sont à chaque coin de rue. La chaleur additionnée à cette insalubrité «invitent» à fuir.
Le «sauve-qui-peut»
Petit à petit la ville se vide. Tizi Ouzou grouille de monde principalement quand les habitants des villages y descendent. Dès que la chaleur commence à monter, ces derniers se retirent.
Les rues deviennent alors désespérément vides. «Que vais-je faire si je reste ici dans cette fournaise?», nous lancera Samir venu du village Azrou Bawar, dans la commune forestière de Mizrana. «Je suis venu en ville juste pour un document administratif préfère rentrer. Là-bas, au moins, il y a de l'air pur à et de la fraîcheur à l'ombre des chênes-lièges !», ajoutera-t-il avec ironie.
A côté du village Azrou Bawar, connu pour ses sources naturelles et ses eaux fraîches des plus limpides qui n'ont rien à envier à celles de Yakourène, la commune de Mizarana a aménagé un espace à l'intérieur même de la forêt avec tables, tabourets et corbeilles, pour permettre non seulement aux villageois de s'y reposer, mais aussi aux automobilistes de faire une halte avant de poursuivre la route vers Tigzirt ou autre. Ainsi, Tizi Ouzou-ville vit au rythme d'une tristesse qui la marque tout au long des périodes de grandes chaleurs. Seuls les vendeurs de glaces se frottent les mains.
C'est bien eux et eux seuls qui voient en ces pénibles moments de montée spectaculaire du mercure une occasion inouïe de doubler, voire même de multiplier leurs ventes par quatre. La demande est trop forte sur ce type de consommations typiquement estivales.
Incendies à Tizi Ouzou: Des villages ont frôlé le pire à Maâtkas
Comme chaque été à cette période, les feux de forêts causent de plus en plus de ravages. L'après-midi de la journée de mercredi dernier a été surtout marquée par un important incendie, qui s'est déclaré au lieu dit Tassift N'Merouane, séparant les villages Aït-Zaïm et Aït-Ahmed de ceux des Ath Mouh Oussaïd et Tala Meda, à Maâtkas, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Tizi Ouzou. La canicule aidant, les flammes se sont tout de suite propagées pour atteindre d'autres lieux, notamment les oliveraies. A Tala Meda, une catastrophe a été évitée de justesse car les flammes ont été maîtrisées au bout de grands efforts juste devant les portes des habitations. Le plan Orsec a été déclenché par les autorités locales (communes et daïra). On notera aussi le renforcement du dispositif anti-incendie déployé avec les camions-citernes de la commune voisine de Souk El Tétine.
Aussi, faut-il noter la mobilisation de la population, en particulier les jeunes des villages d'Aït-Ahmed, d'Aït-Zaim, de Tala Meda, d'Ath Mouh Oussaïd et de Berkouka qui ont donné un grand coup de main aux unités de la Protection civile de Draâ Ben Khedda et de Tizi Ouzou dépêchées sur les lieux. Les éléments de l'Algérienne des eaux (ADE) étaient également au rendez-vous avec tous leurs moyens mobiles et plus particulièrement avec leurs camions citernes qui ne cessaient tout au long de l'après-midi de ravitailler les pompiers.
Le premier bilan non exhaustif rendu public au début du mois en cours par la conservation des forêts de la wilaya de Tizi Ouzou a fait état de quelque 18 hectares parcourus par six départs de feu enregistrés sur le territoire de la wilaya durant le mois de juin. Le plus important incendie a été enregistré, le 13 juin dernier, au niveau de la localité de Thachroufth dans la commune d'Azazga, et qui avait causé en une seule journée la destruction de 11 hectares de forêts entre végétation et différents arbres. Les cinq autres feux de forêts qui ont eu lieu de la période allant du 1er au 30 juin dans différentes localités de la wilaya ont été fort heureusement de moindre envergure.
L'arboriculture en sursis
L'arboriculture ne cesse de subir de sévères coups, essentiellement en raison des incendies qui ravagent des milliers d'arbres fruitiers chaque année à travers de nombreuses localités de la wilaya de Tizi Ouzou. Les arbres fruitiers, essentiellement les oliviers et les figuiers, subissent des pertes considérables. Aujourd'hui, le constat est là : l'espace qu'occupent les oliveraies se rétrécit comme peau de chagrin d'année en année. Il y a quelques années seulement, pour rappel, la wilaya de Tizi Ouzou comptait approximativement 27 658 oliviers qui occupaient une superficie de 32 971 hectares. Aujourd'hui, elle est réduite à moins de 28 000 h. L'écart est si grand qu'il trahit un net recul de l'activité. Plusieurs facteurs concourent à cette situation des plus déplorables. Ces facteurs sont soit humains ou naturels, comme les aléas climatiques ou les maladies. Outre les dégâts occasionnés à l'arboriculture, les incendies causent d'importants dégâts au couvert végétal estimé à 2 851 hectares dont 637 ha de forêts, 786 ha de maquis, 903 ha de broussailles et 525 ha de divers arbres fruitiers. D'autres activités sont, chaque année aussi, durement touchées. On citera, entre autres, l'apiculture qui subit annuellement d'importantes pertes.


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