Suite aux deux éditions passées, l'association française Maghreb des films, qui a commencé sur les chapeaux de roue avec ses deux versions, vise à organiser au cours de l'année 2010 des rendez-vous cinématographiques ponctuels pour la promotion du cinéma du Maghreb. L'association Maghreb des films compte organiser pour cette année la troisième édition des journées qui se dérouleront pendant 10 jours au mois d'octobre prochain. Pour ce mois de février, elle a inscrit à son programme diverses manifestations dont le visionnage du long métrage Visa pour un rêve de Samia Chala le mardi 2 février à la cité nationale de l'histoire de l'immigration à Paris (France). Après la projection, il est prévu une séance-débat avec la réalisatrice qui sera animée par Mouloud Mimoun. Ce film reprend le thème d'actualité de l'exil, de l'errance, Hedda vers un ailleurs plus clément. Le faux Eldorado Le synopsis s'articule autour de cette fuite outre-mer de ce personnage coloré ; pendant quinze ans, Lamine la fuite, comme le surnomment ses copains d'Alger, n'a rêvé que de ça : décrocher un visa pour la France, fuir l'Algérie pour aller voir «l'eldorado». Un rêve d'Occident, partagé par des millions de candidats à l'exil, prêts à quitter familles et amis pour aller voir de l'autre côté du miroir. «Nous avons rencontré, par hasard, et suivi pendant des semaines l'errance de ce titi algérois (…), écorché de la vie qui, à la manière algérienne, transforme la peine et le désespoir quotidien en une comédie humaine désopilante. C'est le sud, plein d'espoir et d'illusions qui, le nez collé à la vitrine de l'Occident, demande un ticket pour entrer dans ce monde fantasmé» estime la réalisatrice Samia Chala. La projection de Où vas-tu Moshe le film de Hassan Bendjelloun une coproduction maroco-canadienne (2008) est également prévue pour le 2 mars au cinéma les 3 Luxembourg. Cette comédie va mettre en scène des personnages cocasses qui dans leur mesquinerie deviennent sympathiques. Le cinéaste rappelle une période de l'histoire du Maroc où les départs des séfarades sont une réalité tangible. Il relate à sa manière cet épisode douloureux pour cette communauté. «Au début des années 1960, après l'indépendance du Maroc, quand Mustapha, le gérant du seul bar de la petite ville de Béja, apprend que tous les juifs partent, il panique. Si tous les non-musulmans quittent la ville, il sera forcé de fermer le bar. C'est la loi… Comment, dès lors, éviter la fermeture ? S'ensuivent une galerie de portraits populaires, tous plus chaleureux les uns que les autres, et une comédie savoureuse.» Cette association œuvre pour le développement et la promotion de la filmographie maghrébine qui tend à s'étoffer ces dernières années.