Invaincu avec le CRB en six matches, toutes compétitions confondues, Djamel Menad n'a toujours pas perçu le moindre centime depuis son arrivée à la tête de la barre technique du Chabab. Une situation qui n'est pas pour plaire à l'ancien buteur des Verts qui y voit même une négligence de taille de la part des responsables de son club employeur «durant toute ma carrière d'entraîneur, j'ai toujours été solidaire avec mes joueurs sur la question d'argent au point où je veille à chaque fois à ce qu'ils soient payés avant même le staff technique. Je l'ai fait aussi dernièrement avec le CRB en insistant auprès des dirigeants à régler le problème financier le plus vite possible afin d'éviter le pire. Là j'apprends que la plupart de mes joueurs ont fini par être régularisés, c'est une bonne chose certes, mais rien n'a été fait concernant le staff technique, ce qui est une grande négligence de la part de la direction du club», nous disait hier Menad que nous avons contacté par téléphone. Réputé par sa légendaire franchise, le premier responsable technique des Rouge et Blanc ne mâche pas ses mots quand il s'agit d'évoquer sa situation financière avec le Chabab : «Figurez-vous que depuis que je suis au CRB, je n'ai pas perçu le moindre centime, et je ne suis pas le seul à être dans cette situation, puisque tout le monde dans l'encadrement technique de l'équipe reste impayé depuis plusieurs mois. Ça commence à peser lourd sur les nerfs. Ce n'est pas parce qu'on a dans son staff des anciens joueurs du club qu'on se permet de les faire attendre une si longue période. Parfois la patience a des limites», affirme Menad d'un ton menaçant. Et d'ajouter non sans dépit : «Ce qui est regrettable en Algérie, c'est que les entraîneurs étrangers touchent leur argent rubis sur l'ongle à l'instant même de la signature du contrat. Or, ce n'est pas le cas pour la plupart des entraîneurs locaux qui, même en réalisant de bons résultats avec leur équipe, souffrent souvent pour être rémunérés pour leur travail. C'est carrément du deux poids deux mesures», ajoute-t-il. Enfin, l'entraîneur du CRB envoie un message clair à la direction du club avant le départ de l'équipe pour la Tunisie le 7 janvier, en prévision du stage hivernal d'une durée d'une semaine. Pour Menad, le président Gana et son staff disposent d'une semaine pour tenir leurs engagements à l'endroit du staff technique qui, faut-il l'avouer, reste sur une série de résultats excellents en championnat, comme en témoigne cette troisième place au classement général à l'issue de la phase aller. «Les responsables du club ont promis cette semaine de régler l'ensemble du staff technique du club. Pour le moment, on n'a encore rien vu venir. On ne désespère pas de voir ce problème réglé avant le départ de l'équipe pour le stage de la Tunisie, et ce, afin d'éviter d'autres problèmes qui pourraient ébranler encore la stabilité du club. La balle est maintenant dans le camp de la direction du club qui doit trouver une solution à ce problème pour le bien surtout de l'équipe. Car si on veut jouer les premiers rôles, il faudrait avoir les moyens de ses ambitions», conclut Djamel Menad. Gana va-t-il mettre encore une fois la main à la poche pour éviter une autre crise ? Réponse la semaine prochaine.