Les Algériens évoluent dans un groupe où aucune équipe ne fait montre d'un grand savoir-faire. Lorsqu'ils ont entamé cette phase de qualification au Mondial et à la CAN 2006, les Verts ne partaient certainement pas favoris. Il y a qu'ils semblaient avoir leur mot à dire dans une compétition qui semblait ouverte malgré la présence du Nigeria. Aujourd'hui, au bout de 7 journées, force est de reconnaître que si les Algériens n'ont guère brillé, leurs adversaires n'ont, pour leur part, jamais fait montre d'un immense talent. Même les Green Eagles du Nigeria ne sont plus ce qu'ils étaient sans quoi, c'est sûr, ils auraient survolé ce groupe 5. On ajoutera qu'ils sont au coude-à-coude avec des Angolais auxquels on se gardera de tresser des lauriers tant leur prestation n'a vraiment rien d'extraordinaire. Tout cela pour dire que si les Algériens ne passent pas le cap de la qualification à la CAN, ils ne devront s'en prendre qu'à eux-mêmes. En somme, ils auront eux-mêmes donné la hache au bourreau, puis lui auraient servi de victime en mettant leur tête sur le billot. Effectivement, même le faible football algérien avait son mot à dire dans ces qualifications du groupe 5 de la zone africaine. Faible par ses clubs qui, par manque de moyens et à cause de dirigeants qui ne sont voués qu'au vedettariat superflu, n'arrivent pas à suivre une politique de formation et de renouvellement de leurs cadres. Faible par ses joueurs, justement mal formés et faisant état d'un immense retard dans la culture tactique, voire même technique. Faible par ses structures de gestion, notamment les ligues dont les responsables, en majorité, ne sont là que pour servir leurs intérêts et ceux des petits camarades. Evidemment, lorsqu'on traîne derrière soi de telles casseroles, il n'y a pas lieu de s'attendre à ce que les exploits surviennent dans un système qualificatif de poule. Seulement, lorsque cette même poule vous dévoile des compétiteurs qui traînent la patte, on se dit que malgré tout, il y a de quoi grignoter quelque chose dans l'histoire. Or, nos Verts ont failli, du moins jusqu'à présent, et le peu d'espoir qui leur reste d'aller en Egypte l'hiver prochain serait de faire le plein dans les 3 matches qui viennent. Ce dimanche, en Angola, le match nul était largement à leur portée car ils ont eu, en face d'eux, une formation angolaise vraiment quelconque. Il ne nous appartient pas ici de stigmatiser la position de Fergani concernant les sélectionnés qu'il a pris. De toutes les manières, le football algérien est bien trop faible par la composante de ses joueurs pour dire qu'untel aurait mieux fait qu'un autre. De grâce, gardons-nous de parler de Saïfi, de X ou de Y... Il n'y a pas de stars dans notre football. Il y a tout juste de petits joueurs capables de faire baballe et d'amuser la galerie par des fantaisies sans aucune commune mesure avec les critères du football de haut niveau. Mais, on le répète, ces petits et faibles joueurs ont leur mot à dire face aux modestes Angolais, Gabonais, Rwandais, Zimbabwéens et même Nigériens qui composent leur groupe. C'est pourquoi, on espère que Fergani essaiera de moins philosopher pour expliquer la défaite de dimanche. Les Angolais n'ont ni développé un football de bonne facture ni fait montre d'un talent appréciable. Ils n'ont trouvé l'ouverture que sur deux balles arrêtées (corners) devant une défense des plus amorphes sur les deux actions. A part cela, il n'y eut presque point d'Angola et autant d'Algérie. Une Algérie qui a pu inscrire le seul but du match orchestré sur un mouvement offensif. Les faibles joueurs algériens sont parvenus à déstabiliser la défense adverse au point de lui planter un but. C'est le signe que ces Angolais étaient prenables même par des Verts au rendement approximatif. Evidemment, il y en aura qui iront de leur version expliquant que les Angolais n'ont pas su développer leur jeu à cause du système appliqué par leurs adversaires. Trêve de plaisanterie et restons dans le réalisme qui veut qu'on n'a eu qu'un petit match disputé par deux petites équipes comme le sont, d'ailleurs, les quatre autres du groupe 5. Alors pour tout dire, la qualification à la CAN reste du domaine du possible pour nos Algériens. Il leur reste à disputer 3 matches dont deux à domicile. Il leur faut pour cela se montrer moins mauvais que leurs vis-à-vis. Ce n'est pas sorcier. C'est faisable. Bien sûr si la qualification venait, on dira: «Mais pourquoi donc envoyer une telle faible équipe à la CAN?» Chut, mieux vaut ne pas en parler. En fait, ce sera juste l'arbre qui cachera l'immense forêt d'imperfections de notre football. Une qualification et oubliées toutes les tares de la discipline. Laissez le puits avec son couvercle dessus.