C'est le cas de la ville de Annaba, où ces pratiques narguent à outrance la décision de l'autorité locale, quant à la fermeture des marchés à bestiaux et la désignation de points de vente de moutons de l'Aïd. Si la décision s'inscrit, rappelons-le, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, c'est parce que, le non-respect des gestes barrières à été fort bien négligé, dans les marchés à bestiaux de la wilaya. Situation obligeant à plus d'un titre, la régulation de ce commerce à l'occasion de l'Aid El Adha. L'administration locale de la wilaya de Annaba a, dans le but de limiter la propagation de la pandémie, procédé à la désignation de lieux de vente officiels. Pas moins de 15 points de vente de moutons ont été autorisés à travers les 12 communes de la wilaya. Pour la commune de Annaba, la cité Seybouse a été retenue comme point de vente officiel du mouton de l'Aïd. Or, en l'absence d'un contrôle rigoureux, la vente frauduleuse du mouton de l'Aïd, s'est taillée une brèche pour proliférer en pleine crise sanitaire. Le constat est visible à l'oeil nu, notamment dans la commune de Annaba, où les rues et les ruelles secondaires n'échappent pas à cette situation jugée inquiétante par les professionnels de la santé publique, notamment en cette période de pandémie de coronavirus. Il suffit de faire un tour du côté du boulevard Bichat, menant à l'hôpital Pont-Blanc, pour constater un minisouk à bestiaux. À moins de 500 m de l'arrondissement de police, un enclos est installé quotidiennement! Un lieu de vente où le rush des acheteurs n'est pas invisible. Même constat dans l'une des cités du Pont-Blanc où, des cheptels en pâture, attirent les acheteurs, à la recherche du mouton, pour le sacrifice de l'Aïd El Adha. Ces lieux de vente frauduleux et dangereux sont constatés dans plusieurs quartiers de la ville, en bordure de la route et dans les champs en jachère. Ces pratiques des nantis de la vente clandestine du mouton de l'Aïd, avec leur indiscipline conjuguée à l'inconscience des acheteurs, présentent un risque monumental, favorisant la propagation de la pandémie du Covid-19. Contre cette situation, aucune mesure répressive n'a été prise. Ces lieux de vente informels continuent de proliférer en toute impunité. Ce relâchement dans la vente du mouton de l'Aïd El Adha, témoigne d'une anarchie absolue et la situation parle d'elle-même. Car, force est de souligner que les gestes barrières, port de bavette et distanciation sociale entre autres, sont souvent oubliés en ces lieux de grande affluence. Pis encore, l'acheteur et le vendeur tâtent et soupèsent l'animal. Ces gestes ne sont pas sans risque tout autant que la toison du mouton. Celle-ci, tout comme une poignée de main, représente un foyer de propagation du coronavirus. Autre situation dramatique, ces chefs de familles qui, pour acheter le mouton de l'Aïd, se font accompagner le plus souvent de leurs enfants. Un caprice auquel les parents cèdent pour satisfaire leurs progénitures. Une inconscience, le moins que l'on puisse dire, meurtrière en cette pandémie engendrée par le Covid-19. Cet état d'esprit renforcé par l'indiscipline de ces vendeurs clandestins de moutons, peut provoquer un drame sanitaire, si rien n'est fait, puisque, convient-il de rappeler que le sens du rituel de l'Aïd El Adha, dans la religion islamique, n'a jamais été synonyme de suicide. Sinon, comment expliquer, l'achat du mouton en dehors des points de vente légaux et désignés par les autorités locales de la wilaya. Signalons que, par ailleurs, les cas de contamination dans la wilaya de Annaba s'affichent à la hausse, notamment dans certaines administrations. Et Dieu sait que, endiguer la pandémie du coronavirus passe par le respect des orientations sanitaires, dont les gestes barrières, pour la préservation de la vie de tout un chacun. C'est dire que l'appel à la vigilance reste de mise et l'implication des services de sécurité, pour stopper la prolifération des lieux de vente informels, est impérative. Une implication devant freiner les mercantilistes occasionnels, car, ces professionnels du gain facile, ne semblent pas abdiquer, même en pleine pandémie du coronavirus.