258 jours après, le football du cru en Algérie reprend du service. L'occasion était avec la tenue de la finale de la supercoupe d'Algérie de la saison... 2018-2019. Sous un froid glacial et une conjoncture sanitaire exceptionnelle, qui a obligé de jouer devant des gradins vides, deux «grosses pointures», le CR Belouizdad et l'USM Alger, se sont donné la réplique au stade du 5-Juillet d'Alger. A l'arrivée, et au terme d'un débat équilibré - chaque antagoniste a eu sa mi-temps- ce sont les Belouizdadis qui parviennent à prendre le meilleur (2-1), permettant au capitaine Chemseddine Nessakh de soulever le 21e titre de l'histoire de son club. Avant le coup d'envoi de cette 13e édition, une minute de silence a été observée à la mémoire de trois figures importantes du football national, disparues dernièrement. Il s'agit de Mohand Chérif Hannachi, ex-président de la JS Kabylie, Hadj Mohamed Boukaroum, ex-président de la Ligue inter-régions, et Abdelkrim Mechia, ex-dirigeant de l'USM Alger. Pour revenir à la partie, Amir Sayoud, le meneur de jeu des Rouge et Blanc, a été l'homme de la soirée. Même avec un rendement loin des attentes, il a été décisif à deux reprises. D'abord en transformant victorieusement un penalty obtenu par le revenant Zakaria Draoui (8') puis par une offrande vers son coéquipier béninois, Marcellin Koukpo. Celui-ci, et pour sa première en Algérie, a ouvert son compteur buts, en se débarrassant du gardien Alexis Guendouz et fixant, ensuite, la défense des Rouge et Noir pour mettre la balle au fond des filets (30'). Le «Chabab Zoudj» retrouve les vestiaires à la pause-citron avec cette avance de deux buts. En seconde période, la domination change de camp. Chose somme toute logique, puisque les Usmistes étaient contraints de percer en attaque afin de remonter le score et maintenir leurs chances de l'emporter. Après plusieurs tentatives, veines, Aymen Mahious profite d'une passe millimétrée de Abdelkrim Zouari et une hésitation de l'axe défensif du Chabab pour niveler la marque. Dès lors, le match est relancé, avec une domination usmiste de bout en bout. Mais force était de constater que cette domination était stérile, puisque le score reste inchangé sur le tableau d'affichage. Les Belouizdadis peinent à suivre le rythme imposé par leurs adversaires de la soirée. La sortie prématurée du dynamo Billel Tariket a compliqué la mission du CRB, malgré les efforts consentis par Draoui, obligé de reculer d'un cran pour soutenir les deux axiaux, Chouaib Keddad et Sofiane Bouchar. François Ciccolini, l'entraîneur de l'USMA, apporte des changements sur son effectif et dispositif tactique. Mais loin s'en faut. Le score en reste là, malgré les occasions procurées de part et d'autre. Le Chabab s'offre sa deuxième supercoupe, après celle de 1995 face à la JS Kabylie (1-0) et un 21e titre en cette soirée du 21 novembre. Et il n'y a que ce score à retenir sur le plan du jeu, puisque les 28 acteurs qui ont fait leur apparition sur une pelouse en parfait état du stade olympique avaient les jambes lourdes. Un scénario attendu pour un premier match de la saison et qui, de surcroît, intervient après un long arrêt. Pour le CRB, c'est un ascendant psychologique important avant d'entamer la campagne de la Champions League africaine, dimanche prochain. Ce jour-là, et sur ce même stade du 5-Juillet, le champion d'Algérie recevra les Libyens d'Al Nasr, dans le cadre du match aller du tour préliminaire de ladite compétition continentale. Dumas va apporter, à coup sûr, des réglages sur son team afin de réaliser un résultat probant avant la manche retour, le 4 du mois prochain en Egypte. A l'USMA, Ciccolini, en colère au point de ne pas monter récupérer sa médaille des mains du Premier ministre, Abdelaziz Djerrad, est appelé à revoir sa copie, avant de recevoir l'ES Sétif, samedi prochain, au stade Omar-Hamadi de Bologhine, pour la journée inaugurale du championnat de la Ligue 1. En dépit de l'aspect sportif, il est à relever que sur le plan sanitaire, le protocole mis en place a été respecté à la lettre, ce qui donne des assurances aux services en charge de ce volet en prévision du championnat. Ceci, même s'il faut avouer que les ressources financières dont disposent les deux finalistes de samedi dernier sont largement meilleures que celles des autres écuries de la Ligue 1. Tout le monde croise, donc, les doigts, en espérant que le déroulement des matchs à venir soit comme souhaité.