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Ou comment résoudre les problèmes de l'humanité… avec des logiciels Microsoft
Retour vers le futur : Finale au Caire de la compétition internationale “Imagine Cup” pour les étudi
Publié dans Liberté le 23 - 07 - 2009

“Imagine Cup encourage les jeunes à mettre en application leur imagination, leur passion et leur créativité dans les innovations technologiques qui peuvent faire la différence dans le monde”, dit Bill Gates, pour présenter cette compétition sur le site qui lui est dédié. Evidemment, dans la bouche du boss de Windows, ces innovations technologiques doivent forcément passer par les produits Microsoft ! L'Imagine Cup, où l'imagination est coupée, telle que je l'ai vue dans la chaleur de l'été cairote…
Initiée il y a 7 ans par Bill Gates, Imagine Cup est devenue, avec les gros moyens de la firme de Redmond, La compétition “IT” incontournable pour des milliers d'étudiants en technologie à travers le monde (300 000 inscrits dans 100 pays pour cette année).
Les phases finales de l'édition 2009 se sont déroulées entre le 3 et le 7 de ce mois de juillet au Caire, où se sont confrontés 444 finalistes réunis en 149 équipes venus de 70 pays, dont une équipe algérienne, Evotech, représentée par deux étudiants en mastère 2, informatique, de l'université des sciences et technologies Houari-Boumedienne.
El Kindi Rezig et Ryadh Dahimen, âgés tous les deux de 21 ans, ont concouru dans “la conception de logiciel”, catégorie phare de la compétition, avec une plateforme (logiciel, portail web, applications mobiles… ) traduisant en langage informatique un concept novateur qui fait une synthèse inédite entre les réseaux sociaux et un logiciel d'organisation des activités du volontariat qui s'autorégule automatiquement en fonction des communautés qui y adhèrent, baptisé “People Really”, qui collait parfaitement au thème de la compétition cette année : “Imaginez un monde où la technologie nous aide à répondre aux enjeux les plus cruciaux de notre société.”
Malgré une brillante présentation effectuée en anglais face à un jury international (le maîtrisant moins et manquant visiblement de fraîcheur après une matinée de délibération), Evotech n'a pourtant pas été sélectionnée parmi la douzaine d'équipes demi-finalistes issues de la soixantaine de départ. Pourtant, après avoir pris connaissance des projets des autres équipes concurrentes, les deux représentants de l'Algérie étaient quasi sûrs de décrocher, au moins, une place parmi les finalistes.
D'ailleurs, pour les autres étudiants éliminés, abasourdis par l'engrenage de la compétition, leur échec n'est que le résultat de faiblesses dans leurs projets, comme le répétait l'équipe palestinienne de Gaza, qui minimisait l'enjeu de sa présence. Les équipes qui ont remporté les épreuves principales sont la Roumanie dans la catégorie conception de logiciel (les seuls ayant reçu l'unanimité et des participants et des invités avec un projet de contrôle de la criminalité), la Corée pour les technologies embarquées (avec un projet assez hallucinant, consistant à établir un système qui aide à la croissance des larves de termites, “principale nourriture des Africains à 92%”, selon les chiffres de l'Unesco sur lesquels se sont basés tous les compétiteurs), en enfin les Brésiliens, venus très nombreux (plus de 70 000 inscrits au Brésil aux qualifications régionales contre 800 pour l'Algérie) ont remporté, entre autres trophées, des catégories secondaires (design, photographie, algorithme… ), celui du meilleur développement de jeux vidéo.
Les équipes africaines et arabes qui ont participé sont reparties bredouilles, à l'exception de la Jordanie (prix d'honneur), pour des raisons évidentes, selon les participants : manque de préparation à cause d'inscriptions tardives, mauvaise maîtrise de la langue anglaise et, enfin, moyens insuffisants à l'échelle locale.
Mais pour un observateur extérieur, la fin ne justifie pas les moyens.
Sur le plan technique. Alors que d'énormes moyens ont été mis en place pour les présélections dans chaque pays, on retrouve au Caire des jurys surmenés et forcément subjectifs ; un système d'évaluation expéditif (80% d'éliminés dès le premier tour), opaque et inégal d'un juré à un autre ; non-considération des contextes locaux où, bien souvent, les compétiteurs des pays du Sud se sont débrouillés seuls sans engagement de leurs universités respectives et sans sponsor, contrairement à des pays comme le Japon. Autres contraintes : la langue et l'utilisation exclusive des logiciels Microsoft pour libérer son imagination, des logiciels pas toujours disponibles en Afrique.
Puis, sur le fond de la compétition. Il y a comme une contradiction entre l'esprit et la lettre : comment transformer un projet à vocation humanitaire en un produit commercial ? Comment devenir “le meilleurs des meilleurs des meilleurs”, non pas pour aider son prochain, thème de la compétition, mais pour gagner “beaucoup d'argent”, reconnaît du bout des lèvres, Ali Faramawy, vice-président de Microsoft Moyen-Orient et Afrique, lors de la cérémonie d'ouverture ? Une cérémonie qui se transformera très vite en propagande à la gloire des success stories des gros bonnets de Microsoft. Un numéro que rejouera, avec beaucoup d'“émotion”, lors de la soirée de clôture, le sympathique, jeune et amical Joe Wilson, directeur des initiatives universitaires de la Division Developer & Platform Evangelism chez Microsoft... comme on tente d'inscrire dans les consciences que choisir Microsoft, c'est choisir la réussite. Tout ceci dans l'ambiance feutrée et cossue des hôtels de luxe au Citystars, où compétiteurs, accompagnateurs Microsoft et journalistes étaient hébergés (au moins 250 dollars la nuit). Les économies, quant à elles, se feront sur le dos des étudiants égyptiens recrutés bénévolement ! Des MSP (Microsoft Students Partners) pour la plupart, comme Kareem, étudiant en informatique à Alexandrie. Ils étaient une quarantaine, filles et garçons, à avoir été choisis pour effectuer (de bon cœur, contre, pour seule récompense, leur présence périphérique dans l'évènement) les corvées du séjour du millier d'invités. Microsoft Egypt va jusqu'à leur faire tenir, debout dos aux pyramides, pendant plus d'une heure, des pancartes indicatives sur les gradins de la scène de clôture… “Quelle chance de ne pas être bénévoles”, avaient l'air de se dire bon nombre des prestigieux 444 élus. C'est avec le soutien direct et précieux de la première dame d'Egypte, Suzanne Mubarak, que Microsoft a organisé cet “évènement”. Comme en Algérie, la firme de Steve Balmer a su se rapprocher de l'Etat égyptien pour investir le secteur de l'éducation, l'université et multiplier les formations dans les entreprises. Dans un magasin d'informatique au centre du Caire, un Windows Vista Starter (la base) original coûte 425 livres, souvent le salaire moyen d'un Egyptien que justement le “meilleur des meilleurs, des meilleurs” doit convaincre que seule la technologie Microsoft est bonne pour améliorer sa condition humaine.
H. Y.


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