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Ali Kafi : “SAïd Sadi n'a pas le droit d'écrire sur l'histoire”
L'ex-président s'en prend à l'auteur du livre sur amirouche
Publié dans Liberté le 08 - 05 - 2010

Après Mourad Benachenhou (ancien ministre) et Ali Mabroukine (universitaire), c'est au tour de Ali Kafi, ancien président du Haut-Conseil d'Etat (HCE) et colonel de la Wilaya II (le Nord constantinois), de joindre sa voix aux contradicteurs de Saïd Sadi qui a publié récemment un livre sur le colonel Amirouche intitulé Amirouche : une vie, deux morts, un testament.
Lors d'une rencontre à bâtons rompus avec des journalistes de deux journaux francophones (Liberté, El Watan) et de deux autres arabophones (El Khabar, El Fadjr) tenue jeudi, chez lui au Club-des-Pins (Alger), Kafi assure vouloir faire une mise au point non pas à Saïd Sadi mais à son livre pour apporter “des précisions et des corrections sur une question ayant trait à l'Histoire”. Fait curieux, il a avoué ne pas avoir lu le livre mais juste “suivi la polémique qui a accompagné sa parution et les déclarations de Saïd Sadi dans le quotidien El Khabar”.
“Les historiens algériens sont des lâches”
Ce qui ne l'a pas empêché de dénier à Saïd Sadi le droit d'écrire sur l'Histoire. “Saïd Sadi n'a pas le droit d'écrire sur l'Histoire. Il est psychiatre et non pas historien. De plus, n'étant pas un acteur de la Révolution, il est très loin du processus historique de notre Révolution. Il ne l'a pas vécue, donc il ne peut pas s'en imprégner”.
Il dit aussi se poser des questions sur le contexte de la parution de ce livre, à savoir la campagne menée par la France par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, mais aussi le doute jeté sur le nombre de moudjahidine. “Est-ce qu'il y a coordination ou s'agit-il d'une simple coïncidence ?”, s'est-il interrogé avant d'enchaîner : “Au vu de la faillite qui a gagné son parti, veut-il peut-être rebondir sur la scène en enfourchant le cheval de la grandiose Révolution qui a libéré le pays.” “Si Amirouche était encore en vie, il aurait exécuté son propre fils ainsi que Saïd Sadi”, s'est-il emporté.
“Je ne sais pas pourquoi ils écrivent sur cette période de l'Histoire alors qu'ils ne sont pas concernés. L'Algérie, ce n'est pas la Wilaya III seulement et celle-ci n'est pas leur propriété. Abane, Amirouche et Krim, qui sont les enfants du mouvement national, ne leur appartiennent ni ne partagent les mêmes idées. Il ne faut pas rabaisser la stature de ces grands hommes. Pour moi Amirouche, avec toutes les erreurs commises, restera un des symboles de ce pays”.
Ali Kafi a adressé un vif reproche aux historiens algériens. “Nos historiens sont lâches et des entremetteurs. Ils n'écrivent pas”, s'est-il emporté avant de s'en prendre à l'Etat qui, dit-il, ne joue pas son rôle et ne défend ni n'écrit l'histoire de la Révolution. “Pourquoi on n'écrit pas notre histoire ? La France a-t-elle peur que l'histoire de l'Algérie soit écrite ? Y aurait-il des Algériens qui seront dérangés par l'écriture de l'histoire ?”, s'est-il interrogé.
“Boussouf et Boumediene ne sont pour rien dans la mort d'Amirouche”
Il dit ne pas s'expliquer les accusations portées contre Abdelhafidh Boussouf et Houari Boumediene d'être derrière la mort des colonels Amirouche et Si El-Haouès. “Je connais personnellement Boussouf durant les années 50 quand il était responsable de daïra de Skikda. C'est un nationaliste jusqu'à la moelle et il n'y a aucun doute sur son engagement révolutionnaire. Il n'avait jamais eu l'ambition de faire main basse sur la Révolution. S'il l'avait voulu, c'était chose très facile pour lui. C'était un homme très réfractaire à la gestion personnelle au point de s'être opposé à Messali qui demandait les pleins pouvoirs. Sa culture et sa formation ne lui auraient pas permis de se laisser aller à ce genre d'agissements”, explique-t-il. Et de s'interroger : “Boussouf ne connaît même pas Amirouche. Pourquoi l'éliminerait-il ? Ce n'était pas lui qui le contacta mais plutôt Mohammedi Saïd et Krim. Est-il concevable que Boussouf rentre en collusion avec la France pour éliminer deux chefs de wilaya ? Si tel était le cas, alors la Révolution était au service de la France. Pourquoi alors nous n'avions pas subi le même sort ?” Il assure que “c'est lui-même qui avait envoyé à Amirouche la convocation pour se rendre à Tunis après réception d'un message de la part du ministère de l'Armement par le biais de Mohammedi Saïd, responsable du Commandement des opérations militaires de l'Est. Seule la radio de la Wilaya II marchait. Je l'ai invité à venir à la Wilaya II pour qu'on parte ensemble à Tunis. Je ne sais pour quelle raison, il avait préféré prendre la route du Sahara avec Si El-Haouès. C'est vrai que le Sud était moins infesté de soldats français”.
Pour Ali Kafi, l'affirmation que Amirouche était parti à Tunis pour dissoudre le MALG est une “élucubration d'un malade”.
Pour ce qui est de la responsabilité de Boumediene dans la disparition de Amirouche, l'ancien chef de la Wilaya II assure que Boumediene “a toujours évolué à l'ombre de Boussouf”. “Moi, Boumediene je l'ignore. Il est entré à la Révolution en 56 grâce à une lettre de recommandation d'Ahmed Ben Bella. Il ne connaît pas les tenants et aboutissants de la guerre de Libération” affirme-t-il. Sur le ton de la confidence, il a assuré avoir protesté auprès de Boussouf pour avoir privilégié Boumediene sur ses compagnons qui avaient rejoint la Révolution bien avant lui. Mieux, il s'est montré très critique à l'égard du règne de Boumediene à la tête de l'Etat. “Il a ruiné le pays. Les deux seules bonnes décisions qu'il avait prises, ce sont la nationalisation des hydrocarbures et la Révolution agraire”. Pour ce qui est des documents que détient Saïd Sadi, l'ancien chef de l'Etat s'est interrogé “d'où il les a ramenés et qui les lui a donnés ? Si c'est la France, pourquoi à lui et pas à l'Etat algérien ?” Pis, il n'a pas écarté l'hypothèse que ces documents soient des faux.
Pour ce qui est de la thèse de l'envoi par Krim Belkacem d'un émissaire en Wilaya III pour avertir Amirouche, il dit ne pas lui accorder le moindre crédit. “C'est un mensonge”, s'écrie-t-il. Et de poursuivre : “Le seul contact qu'il y avait c'était par le biais de la radio qui était en notre possession. En plus, il est impossible qu'un homme puisse parcourir toute cette distance en si peu de temps. Je suis parti de Jijel le 25 mars, je ne suis arrivé à Tunis qu'au mois d'avril. En plus, Krim Belkacem, qui était dans le maquis depuis 47, savait très bien qu'un tel message pouvait tomber dans les mains de l'ennemi.”
Congrès de la Soummam : Ali Kafi persiste et signe
Selon Ali Kafi, la délégation de la Wilaya IV, à laquelle Amirouche a servi de guide, était tombée dans un accrochage au niveau de Palestro. Amirouche a alors fui en abandonnant ses hôtes dont Ouamrane qui a été blessé à la main. “On appelait Amirouche ‘Taxi Ami Salah'”, ironise-t-il. Poursuivant son récit, Ali Kafi affirme : “On s'est retrouvé tous dans une maison à Michelet. Repérant Amirouche isolé dans un coin tout empêtré dans sa kechabia, Abane l'avait sermonné devant tout le monde en le traitant de tous les noms d'oiseaux. Il lui cria à la figure : ‘'J'emmerde celui qui t'a nommé officier” (inaal bouh lisemak dhabet). Mais comment alors avait-on confié la responsabilité des préparatifs et de la sécurisation du Congrès à Amirouche qui, en plus des félicitations des congressistes pour l'impeccable organisation de ce grandiose événement, s'était vu chargé par la suite de la délicate mission d'aller dans la Wilaya I, c'est-à-dire les Aurès, pour mettre fin aux dissensions qui la minaient ? Kafi n'en souffle mot.
Pour ce qui est de l'histoire de son empêchement par Amirouche d'accéder à la salle des délibérations, Kafi assure : “On ne s'est pas parlé. Il n'était pas habilité à m'empêcher car il ne faisait pas partie de la délégation de la Wilaya III. J'avais pris part à deux réunions. Pendant la troisième, Ben M'hidi, Zighoud et moi, nous étions sortis pour délibérer sur l'affaire de l'avion qui allait déposer une cargaison d'armes le 11 septembre dans la zone II. Je quittai alors le Congrès pour aller à Sidi Sbih. Le jour J, il n'y eut point d'avion”. Il n'y avait pas de congrès mais juste une réunion dont les décisions n'étaient même pas reconnues par certains dirigeants de la Révolution. Moi-même j'avais refusé beaucoup de ces décisions tout en étant réservé sur d'autres. C'est le cas aussi de Zighoud Youcef qui, à la fin des travaux, avait déclaré à quelques-uns de ses compagnons : “L'indépendance on l'aura. Mais la révolution, c'est fini.” Pourtant, aucun document ayant trait au Congrès n'avait mentionné une quelconque réticence de Zighoud à une quelconque décision prise lors du congrès de la Soummam.
“La Bleuite est la plus grande erreur d'Amirouche”
Selon l'ancien président du HCE, Amirouche était tombé dans l'erreur de douter de tout le monde : les médecins, les infirmiers jusqu'à son propre secrétaire, Tahar Amirouchène. Il avait mis en place un comité mobile, présidé par Hacene Mahiouz, chargé de juger les personnes incriminées. Résultat des courses : plus de 1 800 jeunes lettrés avaient été exécutés. D'où tient-il ce chiffre alors que les archives de la Wilaya III n'avaient fait état que de la mort de 350 personnes ? “C'est Amirouche lui-même qui me l'avait donné dans une lettre qu'il m'avait envoyée. Malheureusement, cette lettre comme beaucoup d'archives de la Wilaya II, avaient été brûlées par Attaïlia pendant la guerre”, explique-t-il.
Mais la bleuite avait-elle touché d'autres Wilayas ? Réponse : “On m'avait parlé de 400 à 500 morts dans la Wilaya IV. Il y avait aussi des exécutions dans la Wilaya I. Mais pas une seule personne n'avait été éliminée en Wilaya II.”
Il assure avoir vivement protesté auprès du GPRA pour avoir envoyé des félicitations à un responsable qui “avait commis une telle boucherie”. Pourtant dans sa réponse à Amirouche en date du 23 août 58, Ali Kafi avait écrit : “Nous avons étudié avec soin la lettre en date du 3 août courant et où vous nous appreniez la découverte d'un vaste complot ourdi contre la Wilaya III. Nous tenons à vous féliciter pour la mise hors d'état de nuire de ce complot.” (voir la page 127 des mémoires d'Ali Kafi).
Rencontre dans le Constantinois des colonels des wilayas de l'intérieur
Ali Kafi semble accorder peu de cas à la réunion des colonels de 4 wilayas sur le territoire de sa propre wilaya en décembre 1958. “À part la réunion des dix colonels à Tunis, il n'y a aucune réunion à l'intérieur du pays”, décrète-t-il. “La rencontre tenue dans la Wilaya II eut lieu sans qu'il y eut accord. Seules 3 wilayas (III, IV et I) y avaient pris part. Moi je leur avais envoyé Lamine Khane”, explique-t-il. Il assure que Si El-Haouès n'y avait pas pris part et la Wilaya VI qu'il dirigeait n'était en fait que de l'encre sur du papier. La raison de son absence ? “J'avais refusé d'assumer la purge. Et si l'histoire se refaisait, j'aurais chassé Amirouche de ma wilaya”, peste-t-il. Ce qui ne l'a pas empêché de dire : “Dans l'ensemble, mes rapports avec Amirouche étaient bons. On s'était rencontrés à plusieurs reprises et nos relations étaient plus que fraternelles.”
Séquestration des ossements d'Amirouche et de Si El-Haouès : “Un crime impardonnable”
Sans détours, Ali Kafi a qualifié la séquestration des ossements des colonels Amirouche et Si El-Haouès de “crime impardonnable”. “Cela ne fait pas très longtemps que je suis au courant de cette affaire. Mais je la considère comme un crime impardonnable contre les chouhada”. De son point de vue, Bencherif doit dire ce qu'il sait de cette affaire sans se défausser sur Kasdi Merbah.


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