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Le neveu d'abane ramdane répond à ali kafi
DEBAT SUR L'HISTOIRE
Publié dans Liberté le 16 - 05 - 2010

Confortablement installé dans les palais de la République, Ali Kafi a beau jeu de réécrire l'histoire de la guerre de Libération autour de sa personne. Mais, l'exercice étant devenu un travers national qui a pris racine depuis le “hold-up” de 1962, là n'est pas le plus grave. Après tout, M. Kafi, comme d'autres, a au moins le mérite d'avoir combattu le colonialisme même s'il a su préserver sa vie en en faisant juste ce qu'il faut.
Prêt aux excès, certes, mais pas à tous les sacrifices. Cela, bien évidemment, on ne peut pas le reprocher à M. Kafi ni à personne d'autre. Mais là où le bât blesse, c'est quand, comble de l'indignité, on en vient à s'acharner sur ceux qui, patriotes sincères et résolus, ont placé la libération de leur pays au-dessus de tout et même de leur propre vie. Comme Ben M'hidi, Didouche, Zighout, Ben Boulaïd, Houès, Lotfi mais aussi Abane et Amirouche. Ceux-là n'ont pas su ni voulu manœuvrer pour surnager et rester en vie. Didouche, Ben M'hidi, Abane et Lotfi ont même eu la prémonition de leur propre mort avant l'Indépendance.
Les coups que continuent d'encaisser dans la mort Abane et Amirouche redoublent de perfidie. Cryptorégionaliste à la rancune tenace, M. Kafi use et abuse de la tactique de celui qui assène les coups les plus bas sans en avoir l'air : la caresse d'une main, la dague de l'autre. Ni Abane ni Amirouche n'ont besoin d'éloges et encore moins de faux éloges pour mieux faire passer à chaque fois le propos fielleux et scélérat.
Autre fourberie de la méthode : frapper les uns avec les autres. Le procédé est d'autant plus lâche que M. Kafi ne fait parler que les morts. Ainsi, par le passé, il a “actionné” Amirouche et Si Salah contre Abane. Aujourd'hui, c'est à Abane qu'il fait tenir des propos désobligeants sur Amirouche et insultants à l'égard de Krim, avec l'intention mal dissimulée de rabaisser l'un et les autres. La ficelle est aussi grosse que sardonique. Il dresse les uns contre les autres, des responsables morts depuis plus de cinquante ans, lesquels sont perçus d'abord à travers leur région d'origine. En caressant l'espoir de faire descendre leurs familles respectives dans l'arène pour s'étriper les unes les autres. Mais que M. Kafi ne se fasse pas trop d'illusions : le calcul est grossier et l'espoir insensé. Là est donc le régionalisme le plus pervers et le plus attardé. Un régionalisme que n'auraient toléré ni Abane ni Amirouche tant ils ne voyaient et ne rêvaient qu'Algérie. Si ce dernier avait été cet intransigeant sanguinaire monomaniaque de l'exécution hâtive, que nous décrit Ali Kafi, gageons que c'est par lui qu'il aurait commencé, s'il était encore en vie.
Que cherche Ali Kafi ? À supposer que les propos qu'il met dans la bouche d'Abane s'adressant à Amirouche soient rigoureusement exacts, cela peut-il contribuer à l'écriture de l'histoire nationale en aidant ces “historiens algériens” dont il déplore, par ailleurs, avec l'insulte grossière à la bouche, l'“incurie et la lâcheté” ? En vérité, ce qui motive Ali Kafi c'est le plaisir gratuit à prendre : celui de la double estocade, ô combien facile, qu'il porte à Abane et à Amirouche en diabolisant l'un et en dévalorisant l'autre. Que ne ferait-il pour un éphémère instant de grandeur, même illusoire ?
Il est de notoriété publique que M. Kafi, que beaucoup d'Algériens considèrent, à tort il est vrai, comme l'une des figures les plus emblématiques de la prédation nationale, se moque de l'écriture de l'histoire, du sort du pays et du peuple algérien. Qu'a-t-il fait à la tête de l'ONM si ce n'est de s'en être servi comme tremplin pour aller faire un tour au sommet du pouvoir ? Qu'a-t-il fait, si ce n'est d'avoir manifesté son désir d'y rester, comme l'a révélé Khaled Nezzar, à la tête du HCE, lorsqu'il y fut placé comme un pansement de fortune sur la plaie béante de notre pays meurtri ? Ce bégaiement tragique de l'histoire nationale qui l'amènera accidentellement et éphémèrement au sommet du pouvoir (il serait intéressant de savoir si Ali Kafi aurait pu être élu ne serait qu'à la tête de la mairie d'El Harrouch, son village natal) lui aura permis néanmoins de plonger encore un peu plus la tête dans les mangeoires de la République. Et il pourra ainsi continuer à reprocher à Abane, cinquante ans après sa mort, de ne pas avoir une “orientation de gauche” et d'avoir “fait injure aux couches déshéritées, aux paysans, aux travailleurs…”, en ouvrant la Révolution aux militants politisés des villes. Chiche ! Relisons notre histoire récente. Même avec ses propres yeux, il serait difficile à Ali Kafi d'y trouver une action glorieuse, une contribution déterminante à mettre à son crédit pour la cause de notre libération. M. Kafi auquel on ne dénie ni sa qualité de maquisard ni celle ensuite de diplomate de la Révolution, dont il a porté la bonne parole dans les capitales arabes, peut bricoler l'histoire à sa guise, rien n'y fera. Rappelons-nous la fable de cette grenouille qui s'était mise en tête de se faire aussi grosse que le bœuf !
Quel que soit l'angle sous lequel on l'examine, l'histoire récente de notre pays porte l'empreinte indélébile d'Abane Ramdane, la contribution déterminante et le sacrifice glorieux et courageux d'Amirouche qui a fait le choix du combat intérieur pour échapper aux délices de Capoue tunisois, la pureté et la vision révolutionnaires de Ben M'hidi, l'abnégation de Ben Boulaïd, la sagesse patriotique de Ben Khedda et le brio diplomatique d'Aït Ahmed. Même en Wilaya II, on ne se souviendra que du bon sens stratégique et de la bravoure du colonel Salah Boubnider alias Saout El Arab, qui a su en restant à la tête de sa Wilaya jusqu'à l'Indépendance lui redonner de l'éclat après le commandement falot de son prédécesseur.
Quid de M. Kafi, à part d'avoir “traversé trois fois les lignes” ? En vérité, comme l'écrivait il y a quelques années le politologue Addi Lahouari, le seul fait d'armes qui ait fait connaître Ali Kafi est d'avoir insulté Abane Ramdane. Aujourd'hui encore, l'ancien chef de la Wilaya nord-constantinoise, pour redevenir visible, se hisse de nouveau sur les épaules de deux géants de la Révolution. Disons que c'est de bonne guerre. Inacceptables, cependant, ces coups de pied qu'il continue d'asséner aux lions gisant sous terre. Inacceptable aussi cette promptitude à absoudre les crimes de certains et à dégorger sa rancune venimeuse sur d'autres, lesquels, à ses yeux, portent leur région d'origine comme un travers rédhibitoire. Où est la gloire ? Où est la dignité ? Je voudrais faire ici une dernière mise au point à l'intention de ceux qui n'ont que le mot régionalisme à la bouche. D'abord le tribalisme et le régionalisme, voire le “villisme”, sont en Algérie, comme le bon sens, les choses les mieux partagées. S'agissant d'Abane d'Amirouche, de Ben Boulaïd, de Ben M'hidi et de tous nos héros nationaux, est-il encore besoin de rappeler qu'ils appartiennent à la nation toute entière et non à leur région ou à leur douar d'origine ? Faut-il dire et répéter que le débat sur notre histoire récente et les personnages clefs qui l'ont animé n'a de limites que celles de l'éthique scientifique et de l'honnêteté intellectuelle. Hors de celles-ci, c'est du charlatanisme ou de l'invective.
C'est, cependant, dans ce travers que semblent s'abîmer certains, et ils sont de plus en plus nombreux à l'assumer depuis quelques années, qui rejettent telle figure comme si elle était étrangère à cette terre algérienne qui a vu naître et se perpétuer ses ancêtres depuis la nuit des temps. Ces régionalistes masqués semblent nous dire : “Telle personnalité ne vous appartient pas. Laissez-la-nous pour en faire et en dire ce que bon nous semble.” Soit. Mais nous voyons précisément ce qu'ils sont capables d'en faire et d'en dire : inventer des tares, criminaliser les erreurs et “euphémiser” les mérites. Exactement l'inverse du discours réservé à ceux qu'ils considèrent comme des leurs, ceux de leur région ou de leur clan. Qui est alors régionaliste ? Revenons à M. Kafi qui continue à jouer du lance-pierre, oubliant sans doute que sa propre maison était de verre ? Sait-il, lui, qui ne répugne pas à s'attaquer même aux morts, qu'un jour ses propres turpitudes peuvent lui être renvoyées à la face comme un implacable boomerang ?


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