Amoureux et amateur du quatrième art depuis sa tendre enfance, artiste autodidacte, Akli Tmazirt, de son vrai nom Outamazirt Ahcène, est né le 24 avril 1970 à Tighilt Makhlouf, village perché sur les hauteurs de la commune d'Ighram dans la wilaya de Béjaïa. Il y a entamé son premier cycle scolaire, jusqu'à la cinquième année. Il s'est rendu, par la suite, au village limitrophe Aït Aziz (relevant de la wilaya de Tizi Ouzou), pour continuer ses études. Il rejoint le collège — actuelle Ecole des beaux-arts —, puis le lycée d'Azazga. “Mes débuts dans le théâtre remontent aux années 1980 avec la création de ma première troupe au technicum d'Azazga. Je me suis ensuite associé à la coordination des lycées de la même ville. Nous étions parvenus à organiser une exposition sur le Mouvement culturel berbère à l'université de Oued Aïssi de Tizi Ouzou, bastion du mouvement 80, qui coïncida avec une conférence animée par feu Mohamed Haroune. Aux funérailles de Mouloud Mammeri, nous avions initié une grève du cartable au niveau des lycées d'Azazga et un départ collectif à Ath Yenni, pour accompagner le défunt à sa dernière demeure", se rappelle l'artiste. N'ayant pu obtenir son baccalauréat, Akli retourne au village natal et monte sa première pièce, Targit (le rêve). Il intégrera l'association les Amis de l'art d'Akbou, et écrit avec la collaboration de Moussa Bechroune, le spectacle Tidet (la vérité). “Après la disparition des deux associations avec lesquelles j'ai travaillé, j'ai intégré la maison de jeunes Abderrahmane-Farès d'Akbou, où j'ai créé une nouvelle troupe théâtrale et écrit la pièce Yeareq yixef-is (la débâcle). J'ai rejoint ensuite l'association Illoulen d'Ighram, puis l'association Etoile culturelle d'Akbou en 1998. Au sein de cette association, et dans un cadre mieux organisé, nous avions marqué notre présence sur la scène artistique locale, en organisation maintes manifestations, ainsi que les représentations des pièces Targit et Yeareq yixef-is", nous a-t-il confié. En voyant partir, un à un, les membres de la troupe, Akli Tmazirt se résigne à travailler seul et interprète le one man show, Amara Ageswah n'Taddart (Amara le bohémien du village). Ce spectacle, écrit par Abbassi Boussad, a été diffusé sur la chaîne BRTV, et il est également disponible en format DVD -Akli a également travaillé sur Timucuha, un dvd réalisé par Sellami Yahia, contenant d'anciens contes kabyles. Le dernier travail d'Akli Tmazirt est le one man show, Ax yella tuttfa ulac (promesse non tenue), écrit par Boualem Messouci. Ce spectacle a reçu le 1er prix au 4e Festival national du monologue (organisé par l'association Tigelzide de Bordj Mira). L'artiste a également reçu le 2e prix des Olympiades culturelles de la wilaya de Béjaïa, pour la pièce Tekkfa deawessu. C'est donc un amour pour l'art des planches qu'Akli cultive avec patience et dans l'anonymat. Il vit toujours dans sa région natale, peut-être loin des yeux, mais tout près d'une essence théâtrale inspirée de la vie de tous les jours. K. T