Aucune circonstance atténuante n'a été accordée par le jury aux deux accusés, à savoir A. Youcef et O. Madjid, âgés respectivement de 51 et 47 ans, et tous les deux membres de la famille de la victime. Le jury du tribunal criminel près la cour de Tizi Ouzou a prononcé la peine de mort à l'encontre des deux accusés dans l'affaire de l'enlèvement suivi de l'assassinat à l'arme blanche du jeune commerçant ambulant, Amirouche Mebrek, en janvier 2014, à Beni Zmenzer. Le jury du tribunal criminel, qui a rendu son verdict dimanche vers 21h30, a ainsi confirmé le réquisitoire du procureur de la République qui a demandé la même peine en plaidant pour "un châtiment exemplaire" au nom, déclarait-il, "de l'humanité, de la population de la région, de la famille de la victime, de la lutte contre le phénomène des kidnappings et de la dissuasion contre ceux qui seront tentés à l'avenir par ce genre de pratiques". Aucune circonstance atténuante n'a été accordée par le jury aux deux accusés, à savoir A. Youcef et O. Madjid, âgés respectivement de 51 et 47 ans, et tous les deux membres de la famille de la victime. Les deux auteurs qui devaient répondre des deux chefs d'inculpation de "kidnapping suivi de demande de rançon" et "homicide volontaire avec préméditation" ont nié toute implication directe dans le meurtre d'Amirouche Mebrek, dont le corps sans vie et portant des traces de torture, allant jusqu'à la mutilation, a été retrouvé à Agouni Gueghrane, dans la région des Ouadhias, cinq jours après sa disparition. Si Madjid O. a reconnu avoir contacté la famille de la victime pour exiger la modique rançon de 3 millions de dinars. Youcef A., qui n'a été arrêté par les services de sécurité que le 1er février dernier, ne s'est pas seulement contenté de nier son implication dans ce crime abominable, mais a tenté de salir la mémoire de la victime en soutenant qu'"Amirouche a été tué par des terroristes avec lesquels il avait l'habitude de travailler". Cela n'était, à vrai dire, qu'une partie d'un scénario digne des films d'Hollywood développé par Youcef A., audacieux, mais profondément agité, qui est allé jusqu'à se présenter comme une victime de ces mêmes terroristes qui ont exécuté, racontait-il, Amirouche. "Je l'ai entendu crier, et en m'approchant à 150 mètres, un des trois terroristes, Abdelghani, a tiré deux balles dans ma direction", racontait-il, ajoutant qu'"Amirouche a été victime des renseignements qu'il m'a fournis pour les transmettre aux services de sécurité avec lesquels je collaborais pour démanteler des réseaux terroristes". Un des témoins appelés à la barre a raconté que "quelques jours après le drame, Youcef a raconté que la mort d'Amirouche est une affaire de femmes". Mais la présidente du tribunal n'a pas tardé à conclure à "la fabulation de l'accusé". "Vous avez raté votre vocation de détective", lui lançait-elle à la figure, tout en expliquant que "la manière avec laquelle Amirouche a été tué n'a rien à voir avec les méthodes des terroristes qui, eux, exécutent leurs victimes sans les torturer". Lors de son réquisitoire, le procureur avait même révélé que Youcef A. a été repéré à l'aide de jumelles infrarouges en compagnie des terroristes. De fil en aiguille, la présidente du tribunal et le procureur ont fini par battre en brèche tout le scénario des accusés, tout en déplorant qu'au lieu de se repentir et demander la clémence et le pardon pour l'horreur de leur acte, les deux accusés ont préféré pousser leur cruauté jusqu'à son paroxysme en niant leur crime abject. Les nombreux citoyens qui observaient, à l'extérieur de la cour, un rassemblement de soutien à la famille de la victime ont été satisfaits du verdict. S. L.