"Deux patients sur 10 ont définitivement arrêté de fumer, et le reste des fumeurs ont considérablement réduit leur consommation de tabac." Le service de pneumologie de l'Etablissement hospitalier universitaire d'Oran (EHU) a organisé, en fin de semaine dernière, une journée portes ouvertes pour sensibiliser et informer sur les dangers du tabagisme et ses effets sur l'environnement. Selon le docteur Bouhadda, maître-assistant du service de consultation pneumologique de l'EHU, une centaine de personnes ont bénéficié d'un programme spécial de sevrage depuis trois ans, déplorant toutefois le fait que seulement deux patients sur 10 ont définitivement arrêté de fumer et le reste des fumeurs ont considérablement réduit leur consommation de tabac. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sont les jeunes fumeurs âgés entre 18 et 25 ans qui sont les plus touchés par le cancer du poumon. Les fumeurs âgés de plus de 65 ans et les femmes âgées de plus de 40 ans constituent la frange de la population particulièrement exposée aux dangers du tabagisme. "Nous prenons en charge les patients qui souhaitent décrocher grâce à un programme de sevrage entièrement piloté par une équipe de spécialistes qui œuvre dans le cadre d'une unité de sevrage tabagique fonctionnelle depuis une année à l'EHU en attendant la concrétisation de six autres unités dans la wilaya d'Oran", a-t-on indiqué. "Ces centres, dira un autre spécialiste, seront implantés à travers les communes de la wilaya d'Oran et auront pour mission le suivi et la prise en charge des patients souffrant d'addiction tabagique. L'unité de l'EHU offre plusieurs alternatives dont les produits de remplacement de la nicotine, les patchs, les gommes à mâcher et les pastilles. Ces méthodes permettent un sevrage progressif de la nicotine tout en réduisant les effets du manque chez les fumeurs dépendants, notamment les plus âgés", a-t-on affirmé. Cette journée qui coïncide avec la Journée mondiale anti-tabac, a été mise à contribution pour offrir l'opportunité aux fumeurs endurcis de se faire dépister par des tests d'évaluation de la dépendance nicotinique. Adda, fumeur invétéré, âgé de 59 ans, a suivi un test psychologique pour un dépistage de la bronchite chronique obstructive. "Je suis venu à cette journée pour pouvoir bénéficier du programme avec la ferme conviction d'arrêter de fumer", a affirmé notre interlocuteur. Un personnel médical est affecté à cette unité dans la perspective de la renforcer par des formations spécialisées en vue d'améliorer les connaissances des médecins aux techniques d'aide à l'arrêt du tabac. Il faut souligner dans ce contexte que la consommation du tabac en Algérie a triplé au cours de ces dernières décennies, avec un taux de prévalence du tabagisme de 43,81% chez l'homme et de 6,56% chez la femme alors que plus de 50% des fumeurs sont âgés de moins de 27 ans.