Hier matin, des dizaines d'employés de la Setram, Société d'exploitation du tramway d'Oran, arrivant par petits groupes, ont tenu un rassemblement de protestation devant le siège régional de l'inspection du Travail pour interpeller cette structure "qui n'a pas accompli son travail face aux licenciements abusifs de nos deux délégués syndicaux du tramway, et cela, en violation du droit du travail algérien", nous a-t-on expliqué sur place. Et si depuis hier, c'est le retour aux actions de protestation de rue, cela est dû à l'échec des pourparlers menés sous l'égide de l'UGTA avec la direction générale d'Alger de la Setram pour la réintégration des deux délégués syndicaux, le SG et le coordinateur de la section, "en raison du blocage total persistant à Oran", nous expliquent nos interlocuteurs. Plus grave, les délégués licenciés ont expliqué qu'en dépit des différents courriers des structures de la Centrale syndicale, "l'inspecteur du travail a refusé de constater que le licenciement est abusif et que l'UGTA n'a jamais été destinatrice d'un courrier émanant de la direction du tramway d'Oran pour notre licenciement puisque la loi prévoit la présence d'un représentant du syndicat. Pour preuve, dans ce soit-disant courrier, il n'y avait aucun accusé de réception, mais cela n'a rien changé". Pour les concernés, la direction de la Setram tente de faire l'impasse sur leur statut de délégués syndicaux car cette sanction a été prise à leur encontre en "violation totale des lois du travail en Algérie de la part de cadres dirigeants français", évoquant même une passivité, voire une duplicité, de l'inspection du Travail. Le rappel des dispositions de l'ordonnance 96-12, le respect du libre exercice syndical ne semble pas être pris en compte par la direction du tramway à Oran, et c'est là aussi les raisons de l'interpellation de l'inspection du Travail, insistent les protestataires. Plusieurs salariés ont encore témoigné, lors du rassemblement d'hier, du harcèlement et des menaces qu'ils subissent quotidiennement par certains cadres dirigeants de la Setram, ainsi que de la modification arbitraire du temps de roulement qui est pourtant soumis à un accord avec le partenaire social. Cette situation incongrue au sein de l'entreprise du tramway d'Oran n'a cessé de se détériorer depuis l'arrêt du mouvement de grève qui avait paralysé le trafic du tramway, 17 jours durant, le mois mai dernier. C'est quelques semaines après ce mouvement de grève que les deux délégués syndicaux ont été licenciés, alors que des PV cosignés par la direction de l'entreprise et l'UGTA prévoyaient des négociations sur la plateforme de revendications datant de deux années. D. L.