Le ministre des Transports et des Travaux publics, Boudjema Talaï, vient de prendre à bras le corps le problème des longues files d'attente devant les agences de contrôle technique des véhicules automobiles. Il a, ainsi, remis en cause, hier, les conditions drastiques relatives à ce contrôle périodique qui, il est vrai, défiaient jusque-là tout entendement. En effet, rendu obligatoire par la loi n°87-09 du 10 février 1987 relative à l'organisation, la sécurité et la police de la circulation routière mais devenu effectif qu'à partir de février 2003, le contrôle technique périodique des véhicules automobiles est devenu rapidement un véritable "casse-tête" pour les propriétaires de véhicules particuliers des grandes villes et singulièrement ceux de la capitale. Il faut savoir, en effet, que sur 8 millions de véhicules circulant en Algérie, plus de 1 500 000 sont immatriculés à Alger qui se taille, ainsi, la part du lion du parc automobile national. Au vu des conséquences souvent coûteuses en temps et en argent, le ministre a décidé de prendre le taureau par les cornes en annulant tout simplement ces mesures qualifiées d'insensées. Finies donc les nuits blanches pour de nombreux automobilistes qui étaient obligés de poireauter de longues heures devant les agences de contrôle. Désormais, plus aucune limite géographique n'est imposée. Par exemple, un propriétaire de véhicule de transport immatriculé à Alger et activant à Tamanrasset ne sera plus obligé d'effectuer un trajet de plus de 2 200 km pour procéder au contrôle technique automobile ! Autre nouveauté, et non des moindres, le ministre a décidé de rallonger le temps de travail jusqu'à minuit alors que l'heure limite était fixée à midi. Du fait de cet aménagement des horaires, les quotas imposés aux agences de contrôle vont disparaître puisque le traitement "rigoureux" de chaque véhicule fixé à un minimum de 20 minutes devrait, dorénavant, largement suffire. Il y a lieu de signaler également que les "embouteillages" dans les agences agréées a été accentué par l'arsenal répressif qui prévoit de lourdes sanctions. Il est à rappeler que les contrevenants au contrôle technique automobile obligatoire, selon la date d'immatriculation portée sur la carte grise, s'exposent non seulement à une amende de 20 000 à 50 000 DA, mais aussi à une peine d'emprisonnement d'une durée de deux à six mois. Autre punition prévue pour les réfractaires au contrôle technique automobile, la suspension du permis de conduire pour une durée d'une année, voire son annulation, même en cas de récidive. Une application rapide de ces mesures, codifiées dans un décret à paraître incessamment au Journal officiel, devrait vite désengorger les agences agréées par l'Etablissement national de contrôle technique automobile (Enacta), lui-même, relevant du ministère des Transports et des Travaux publics.