Le premier congrès de chirurgie esthétique et plastique s'est tenu, ces 22 et 23 mars, à Oran, marquant la volonté de nombreux spécialistes algériens d'ériger cette vaste discipline en un domaine incontournable, dans notre pays. D'où cette première manifestation scientifique, organisée par le Collège algérien de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique créé en 2015 qui a permis de regrouper quelque 300 participants venus de France, d'Angleterre, de Tunisie et de Turquie. Deux jours durant, des thèmes variés ont été abordés comme "la reconstruction du visage", "la chirurgie maxillo-faciale", "la chirurgie reconstructive", "la traumatologie", "les brûlures" et "les reconstructions mammaires". Le président du Collège et du congrès, Mustapha Aït Aïssa, a tenu à expliquer l'importance de cet évènement pour "mieux informer la population" par rapport à la chirurgie esthétique et plastique ou différemment la médecine esthétique. Et la précision est de taille, comme nous l'avons remarqué, par la dualité qui s'est exprimée lors de cette rencontre entre chirurgie esthétique, plastique et reconstructrice et médecine esthétique. "La chirurgie esthétique, plastique et reconstructrice est depuis peu une spécialité qui s'enseigne dans les universités et il y a eu la première promotion de diplômés en 2017. Ce sont des médecins chirurgiens diplômés dans différentes spécialités et qui vont encore accroître leurs spécificités pour faire de la reconstruction", explique notre interlocuteur. Quant au Collège qui se veut être une société savante et donc agréé par le ministère de l'Intérieur, le Dr Aït Aïssa ajoute qu'une charte a été instaurée "pour les bonnes pratiques". Par ailleurs, les congressistes évoquent l'augmentation des demandes en Algérie, allant de la reconstruction mammaire (homme ou femme) à l'augmentation du muscle fessier (glutéal), en passant par la chirurgie des parties intimes à la suite, parfois, de pathologies. Pour un autre spécialiste algérien, le Dr Djamel Djaïder, la dualité entre chirurgie esthétique et plastique et médecine esthétique est réelle, mais ne doit pas, pour autant, déboucher sur des problèmes. Une opinion toute personnelle dira encore ce dernier. Si l'acte de chirurgie esthétique est depuis peu reconnu, l'acte de médecine esthétique ne l'est toujours pas, a expliqué notre interlocuteur. "Une demande a été transmise au ministère de l'Enseignement supérieur et à celui de la Santé dans ce sens, depuis 4 à 5 ans." Le Dr Djaïder pense encore, qu'en termes de coûts, la médecine esthétique en Algérie doit fonctionner à la carte "parce que les moyens de la population ne permettent pas de payer un acte esthétique 4 à 5 millions ou le lifting chirurgical à 14 millions de centimes". Alors que le cancer du sein chez la femme est le plus fréquent, notre interlocuteur estime le coût d'une reconstruction mammaire entre 23 et 24 millions de centimes. Autre inquiétude chez lui, l'implantation capillaire très demandée ces dernières années, soit 15% des demandes. "Alors qu'elle pourrait être règlementée en Algérie et codifiée. Les Algériens se rendent en Turquie pour la faire avec un coût atteignant les 40 millions, tout frais compris, pour 4 000 greffons." Et de relever que les progrès techniques font que des robots sont utilisés pour les implantations capillaires. "On peut se retrouver dans une situation où un investisseur qui n'a aucune qualification médicale va acquérir ces robots et pratiquer", prévient-il, d'où son insistance pour une réglementation de la médecine esthétique. D. LOUKIL