Les restrictions posées par l'Algérie aux importations de certains produits affectent sensiblement les exportations espagnoles. "L'ouverture vers l'extérieur est la voie pour le redressement de l'économie algérienne", a estimé, hier, la Secrétaire d'Etat espagnole au Commerce, María Luisa Poncela García, à l'ouverture du Forum d'affaires algéro-espagnol. Estimant l'investissement étranger "vital pour renforcer le tissu entrepreneurial algérien", la Secrétaire d'Etat au Commerce d'Espagne, qui a coprésidé le forum en compagnie du ministre de l'Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a indiqué que l'Algérie doit assouplir sa réglementation sur les investissements étrangers et lever ses barrières aux importations. Avec plus de 7 milliards d'euros d'échanges commerciaux, l'Espagne figure "parmi les partenaires les plus importants de l'Algérie", dont elle est le 3e client ainsi que le 5e fournisseur et où opèrent 450 entreprises espagnoles, a rappelé le ministre de l'Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, en ouvrant le forum. M. Yousfi a regretté, néanmoins, des relations "inférieures aux potentialités" et "en deçà des attentes" des deux pays. Partageant le constat du ministre de l'Industrie et des Mines, la Secrétaire d'Etat espagnole au Commerce a déploré une "chute de 11% des exportations espagnoles vers l'Algérie". Elle imputera, cependant, cette chute aux "mesures de restriction imposées" par Alger. Selon elle, "l'Espagne ne considère pas le déficit commercial (...) avec l'Algérie comme un problème, nous considérons comme un problème les restrictions posées par le pays aux importations de certains produits qui affectent sensiblement les exportations espagnoles". La Secrétaire d'Etat espagnole a souhaité que l'Algérie, qui est un "partenaire stratégique indispensable pour l'Espagne (...), assouplisse les restrictions aux importations appliquées actuellement, ainsi que les règles appliquées à l'investissement étranger et au climat des affaires" qui gagnerait, selon elle, à être remodelé pour encourager plus d'investissements espagnols en Algérie. Répondant aux critiques sur l'environnement des affaires en Algérie, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a tenu à relever, dans son discours de clôture du forum, que cette situation n'a pas "empêché la venue de centaines d'investisseurs d'autres régions qui sont en train de prospérer dans mon pays, prenant ainsi de l'avance sur leurs concurrents". Le Premier ministre a tenu à rappeler que la chute brutale des prix des hydrocarbures a eu des impacts négatifs sur l'économie algérienne. Vu cette situation, le gouvernement a pris les mesures qui s'imposent, notamment des dispositions transitoires de sauvegarde en matière de commerce extérieur. "Nous savons que ces mesures pèseront transitoirement sur les exportations de nos fournisseurs traditionnels, et nous espérons leur compréhension", a indiqué le Premier ministre qui souligne, cependant, que ces mesures de sauvegarde commerciales constituent de nouveaux incitatifs à l'investissement en Algérie. Selon Ahmed Ouyahia, "l'Espagne pourra ainsi compenser son manque à gagner commercial par les dividendes que rapatrieront ses entreprises qui s'engageront en Algérie". Lors de sa conférence de presse conjointe avec son homologue espagnol Mariano Rajoy, le Premier ministre Ahmed Ouyahia est encore revenu sur le mécontentement de la Secrétaire d'Etat espagnole, en déclarant : "Il m'est agréable de vous annoncer que nous avions discuté de cette question et de vous informer de la parfaite compréhension de nos amis espagnols. Nous leur avons expliqué que les mesures de restriction sur les importations sont temporaires. Nos relations avec l'Espagne ont dépassé le stade des relations ordinaires et ne se limitent pas au volet économique. Je tiens à vous rappeler que dans notre accord de coopération avec l'Espagne, il y a un article stipulant que les deux parties ont le droit de prendre des mesures restrictives pour la sauvegarde de leurs économies en cas de crise." Saïd Smati