Chaque année, à l'aube de la saison estivale, le secteur des forêts redouble d'efforts, multiplie les initiatives, se solidarise et se mobilise avec pour objectif la lutte contre les feux et autres incendies susceptibles de remettre en cause la mise en application de tout un programme et mettant en exergue ses attributions sommes toutes classiques qui consistent en la gestion et la protection du patrimoine forestier, la lutte contre l'érosion, la protection et le développement du patrimoine cynégétique. Dans ce contexte, tous les agents en congé sont rappelés, les postes vigie augmentés et le matériel approprié renforcé. Certes, les éléments de la protection civile sont sollicités en toutes circonstances mais les pointés du doigt restent ceux du secteur des forêts investis d'une telle mission et censés mener le combat afin de préserver le paysage. À cet effet, la vigilance est mise en exergue car l'été est la saison la plus redoutée par les directions des forêts eu égard aux risques d'incendies très élevés, qu'ils soient accidentels ou volontaires. Si, jusque-là, les efforts déployés par les forestiers passent souvent sous silence, force est de reconnaître leur mérite, car ils entreprennent des missions très risquées en bravant tous les dangers à chacun de leurs pas. Dans ce contexte, ils ont payé un lourd tribu au cours de la décennie noire que le pays a traversée car les terroristes avaient ciblé les forêts comme zones de repli, d'hébergement et camps d'entraînement. Réduits à une position de faiblesse, les forestiers ont été contraints de faire des concessions. Maintenant que la sécurité est assurée et la forêt réappropriée, les professionnels tentent de rattraper le terrain perdu en s'attelant à une double tâche, nettoyer et gérer le patrimoine forestier. Ce dernier s'étend sur une superficie de 93 000 ha qui se répartit entre Beni Chougrane 45 000 ha, avec le thuya, le pin d'Alep et l'eucalyptus comme espèces, les monts d'Aouf, 11 000 ha, où cohabitent thuya, chêne, pin d'Alep, eucalyptus, la zone Mohammadia-Sig-Bouhenni-Zahana, 22 000 ha, avec ses pins d'Alep et ses eucalyptus, ainsi que la région de Ghriss, 6 000 ha, essentiellement de pins d'Alep. A. B.