La misère et la pauvreté sont les principaux facteurs qui incitent les enfants à rechercher un emploi rémunérateur afin de subvenir à leurs besoins et venir en aide à leurs parents qui vivent dans des conditions difficiles. En effet, au moment où les jeunes de leur âge fréquentent les établissements scolaires, ceux issus des familles pauvres vont à la rencontre du monde du travail, bravant les aléas climatiques, s'exposant aux multiples risques et soumis à l'exploitation. Les garçons deviennent, malgré eux, coursiers, garçons de café, plongeurs, serveurs ou travaillent dans les champs en s'adonnant à la cueillette des fruits et légumes de saison contre des salaires très inférieurs à ceux donnés aux adultes. Ils exercent des travaux pénibles, subissent des mauvais traitements et s'inclinent, sans broncher, devant leurs employeurs, car ignorant la réglementation régissant le monde du travail. Quant aux petites filles, elles sont destinées à garder les valises et les enfants des femmes aisées qui se rendent dans les bains maures, les aident à se lever et à se masser ou exercent les travaux de ménage qui consistent à nettoyer, cuisiner, rouler le couscous et pétrir le pain, des tâches pénibles pour de frêles épaules. En effet, elles apprennent, malgré elles, à tout faire pour donner satisfaction à leurs patronnes, faute d'être chassées et remplacées. Certains enfants n'ont pas eu la chance de fréquenter les bancs des classes tandis que d'autres ont dû interrompre prématurément leurs études faute de moyens financiers dont disposent leurs parents pour travailler dans des circonstances, parfois, très douloureuses. EIles n'ont le droit ni de tomber malade, ni de s'absenter pour quelque motif que ce soit, ni même de refuser une tâche dont elles ne se sentent pas en mesure d'accomplir convenablement. Mal traitées et mal payées, ces gamines ne rechignent pas à l'effort. Elles se considèrent parfois comme servies par la chance en dénichant un travail eu égard à la demande souvent considérable par rapport à l'offre. Ils sont des milliers dans la wilaya de Mascara dans une situation déplorable à plus d'un titre, condamnable à souhait, mais jamais dénoncée puisque chaque partie y trouve son compte. A. B.