La ville de Béchar s'apprête à accueillir du 27 au 28 août prochain un événement majeur à travers les journées de poésie et de chorégraphie populaires. Organisé à l'initiative de la maison de la culture de Béchar, ce rendez-vous s'annonce des plus prolifiques. C'est ce qu'a affirmé à l'APS l'un des membres du comité d'organisation. A l'occasion de cet événement, une douzaine de poètes ainsi que deux ensembles de danses et d'expressions chorégraphiques locales, «Houbi», prendront part à cette manifestation. Cette rencontre culturelle aura pour objectif de mettre en relief la poésie locale, «El-Melhoun» notamment, très répandu dans la région d'Abadla et dans d'autres communes de la vallée de la Saoura, notamment celle de Beni-Abbès. En outre, l'un des buts essentiels recherchés à travers ces journées est de contribuer à la promotion d'un pan des arts populaires et d'offrir une nouvelle opportunité aux jeunes poètes de la région, indiquent les organisateurs. Le programme de ces journées sera axé sur des soirées poétiques, suivies de danses «Houbi» des troupes des villes d'Abadla et de Bechar. La danse populaire «Houbi» constitue, avec les genres Diwane et Hidouss, les principales expressions chorégraphiques populaires de la wilaya de Bechar. «Houbi», explique la source, est une danse dont la représentation est assurée par dix hommes et une à deux femmes. Cette danse, qui se déroule sans instruments de musique, voit les danseuses et danseurs utiliser uniquement les mains et les pieds dans un ordre impeccable, le maître des danseurs ou «cheikh» courtise la femme par des paroles d'amour appelées «Hmaia» (protection), répétés par les hommes, avant d'être suivis par la danse des femmes. Cette danse en question se distingue par des battements des mains et des pieds dont la cadence s'accélère de plus en plus fort durant une vingtaine de minutes en un perpétuel recommencement. Le «Melhoun» remonte au XIIe siècle et emprunte ses modes à la musique arabo-andalouse en simplifiant ses modes et se développe sous une forme littéraire ne respectant pas la structure grammaticale classique («Qasideh»). Le poème écrit en zajal est enrichi de mélodies populaires, cette création va donner naissance au «Melhoun». La chanson populaire arabe du Maghreb emprunte ses modes à la musique andalouse en les simplifiant. «Melhoun» aurait eu ses prémices à l'époque almohade où de nombreuses productions maghrébines et andalouses du zajal ont vu le jour, selon Ibn Khaldoun. La forme première du «Melhoun» était véhiculée par les meddahin, s'accommodait en effet très bien avec la mission de diffusion d'information que s'étaient assignée les premiers Almohades.