Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed El-Ghazi, a déclaré, hier à Alger, que les syndicats qui font grève dans les différents secteurs sociaux tel que l'éducation, la santé, l'administration publique, font «des tentatives pour tromper l'opinion publique concernant le dossier de la retraite». En marge de l'ouverture des travaux du regroupement des directeurs de wilaya, le ministre du Travail a rappelé que sa tutelle a été présente pour débattre du dossier de la retraite avec le partenaire social, mais «il y avait plusieurs syndicats qui étaient absents». Selon El-Ghazi, ces parties veulent «politiser le dossier», rappelant que toutes les portes du dialogue sont ouvertes. Le premier responsable du secteur du travail, interrogé sur une éventuelle tentative de dialoguer avec les syndicats, a répondu que tous les syndicats ont eu à débattre de ce dossier avec le ministre concerné de chaque secteur, insistant sur le fait que ce n'est pas constitutionnel de demander l'avis du partenaire social avant de présenter une loi devant le Parlement mais que le gouvernement l'a quand même fait. Il a, par ailleurs, souligné que la loi sera présentée à l'APN, c'est cette institution qui représente le peuple et qui votera pour l'intérêt du citoyen. Par ailleurs, le ministre a rappelé que la semaine dernière, il a été dans une rencontre conjointe avec la ministre de l'Education nationale pour débattre de ce dossier avec les syndicats, «les chaises étaient vides, ils ont parié que je ne serai pas présent», a-t-il précisé, s'interrogeant, «où est la mauvaise foi ici, chez le gouvernement ou bien chez le partenaire social ? A vous de voir». Défendant le projet de loi sur la retraite, le ministre a indiqué qu'il s'agit d'un «retour aux normes», prenant exemple des pays européens développés au niveau économique, «où l'âge du départ à la retraite est plus élevé, en Allemagne, il est à 67 ans, en France à 62 ans, en Espagne et en Italie à 63 ans». Interrogé sur le nouveau Code du travail, le ministre a expliqué qu'il «n'est pas à l'ordre du jour, nous ne l'avons pas encore étudié et quand il le sera, on le présentera aux partenaires sociaux, à la tripartite avant de le présenter au conseil du gouvernement puis le Conseil des ministres ». Au sujet de la crise économique, Mohamed El-Ghazi a affirmé que cette conjoncture, «nous la vivons avec plus ou moins de difficultés, nous avons réalisé une croissance de plus 3%, même si elle n'est pas importante, on doit se féliciter des résultats, car cela prouve qu'il y a une politique cohérente». En ce qui concerne le chômage, le ministre a indiqué que «le taux est en baisse». Selon lui, il était de 11,2% en 2015, pour descendre à 9,9% en avril 2016. Néanmoins, le ministre du Travail a regretté la tendance des jeunes à fuir certains secteurs. «Quotidiennement, il y a des milliers d'emplois qui se créent au niveau national, à Aïn Témouchent par exemple, il y a 800 000 emplois dans l'agriculture, à Bouira 300 000 emplois disponibles dans le bâtiment, mais les jeunes aiment la facilité et fuient ces secteurs».