Les préoccupations du football national ont été invitées aux débats des premières assises de la Fédération algérienne de football, tenues lundi et mardi dernier à Alger sous le haut patronage du président de la République. Le programme était plein d'idées neuves et probablement fécondes sauf que ce sont des idées qui sont souvent à la traîne, elles n'ont presque jamais été exploitées pour que notre football ressemble un peu à celui de l'autre côté de la rive. Ce qui est possible chez nous au regard du niveau des joueurs professionnels. Les locaux aiment s'acharner sur les arbitres pour cacher leur mauvais jeu ou leur mauvaise performance, encore moins dans leurs déclarations de fin de match. Les assises sont importantes, faut-il seulement qu'elles s'expriment sur le dérouler de ce sport, qui ne se porte pas bien. Ce qui n'est un secret pour personne, confirmé à juste titre par le patron de la FAF, lors de son allocution d'ouverture de ces assises. «Les clubs amateurs ne forment pas des talents et les clubs professionnels ne font pas mieux dans ce domaine. Au fil des années, notre football s'est retrouvé très pauvre en matière de bons joueurs malgré le nombre important de licenciés», a-t-il déploré. Alors de quel football faudrait-il parler ? La question est posée, mais dans les coulisses, ce sont d'autres questions qui défilent. Face ce constat véridique, Zetchi s'est exprimé : «Nous ne devons pas avoir honte de ce constat certes amère. Un diagnostic profond s'impose pour sortir de ce symposium avec des résolutions concrètes et applicables sur le terrain, pas des théories et des avis qui n'avancent en rien», a-t-il insisté. «Oui», disent les professionnels, il s'agit là d'une action ou plutôt d'une série d'actions qui viseraient à mieux visser les projets appelés à modifier les différents circuits pour que supporters ou non supporters se retrouvent au niveau des gradins pour assister à du beau spectacle, sans être menacés par cette violence devenue le poison de ce sport. Saluant le travail que fait la police à chaque match, évitant très souvent de graves incidents, le contrôleur de police Aïssa Naïli, directeur de la sécurité publique à la Direction générale de la Sûreté nationale dira : «La police algérienne ne s'est pas retirée des stades de manière totale et définitive, mais elle a entamé un repositionnement optant pour l'accompagnement des clubs notamment dans la formation de pas moins de 3 300 stadiers qualifiés». Avons-nous des stades de qualité ? Oui, mais pas en nombre. La télévision qui nous arrose de très belles images ne manquent pas au passage de mettre en valeur l'état des lieux de nos infrastructures sportives. Lorsque la caméra se braque sur les entraîneurs pour des déclarations à chaud de fin de match, l'œil de la caméra nous invite à nous rappeler des stades. Malgré ses trois participations aux Mondiaux de football et sa présence permanente aux phases finales de la CAN, le problème des infrastructures sportives, de football plus particulièrement, demeure persistant, notamment au niveau de la capitale. Les clubs professionnels d'Alger ne disposent pas de stades dignes de ce nom. La construction des stades de Baraki et de Douéra entrant dans le cadre du plan du soutien à la croissance économique, lancé par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika en 2007, avance au ralenti, tout comme les cinq autres stades olympiques qui sont en cours de réalisation à Tizi-Ouzou (50 000 places), Sétif (50 000), Oran (50 000), Constantine (50 000) et Mostaganem (35 000 places). «L'Algérie, terre de football, n'a assurément pas les infrastructures qu'elle mérite», faisait remarquer un confrère, déjà en 2012. Aujourd'hui, malgré ses masses d'argents, la majorité de nos stades n'ont rien... de stade de football, et ce n'est certainement pas avec ce cliché que les clubs espèrent enfourcher les passerelles qui séparent l'amateurisme du professionnalisme. Les assises ne devront pas seulement figurer dans les bilans de la FAF, mais servir de références à faire inscrire au titre du bilan d'activité et toucher du doigt la transformation et l'amélioration de l'environnement de notre football. Elles devront promettre du changement, changement dans les discours et les actes parce que le football veut aussi mouiller son maillot sportif. L'espoir est grand certes, mais il faudrait réellement y croire. Rabah Madjer, le sélectionneur national doit retirer la marque de «X» opérateur lors de ses activités professionnelles. La FAF vient de l'avertir. Mais en dehors de cette remarque bénigne, quelque chose semble l'étouffer. Pas de matches amicaux, plutôt, pas besoin de remplacer l'annulation de l'équipe de football des Emiraties et encore moins celle de nos amis libyens. Un point d'ordre s'impose. Défenseur des matches amicaux pour relancer la machine. Avec les locaux, le voilà qui fait marche arrière. Est-ce juste ? Toutes les portes sont ouvertes pour laisser place aux rumeurs. Que fera la FAF ? Que nous cache Madjer ? Suivre son raisonnement ou alors imposer des matches amicaux ? Voilà bien un match difficile à suivre même s'il venait à être joué à huis clos. Et pour réussir, Madjer qui n'a pas bonne mine doit trouver un chemin original qui passe par des réussites concrètes. Des réussites concrètes, dites-vous ? Qui n'en veut pas ? Le BF souvent désigné du doigt pour des actions qui ne reflètent pas le bon sens de Zetchi, l'équipe nationale est passée à côté de ses réussites. Le Directeur technique national Rabah Saâdane s'en explique : «Je dis et je redis, la régression de l'EN est due à l'instabilité qui a touché la barre technique ces dernières années. On ne peut pas demander l'impossible à un sélectionneur en l'espace de quelques semaines. L'entraîneur a besoin au minimum de 6 mois pour connaître les joueurs. Nous avons de bons joueurs qui ont bénéficié d'une excellente formation. Je ne comprends pas pourquoi on est en train d'orienter les débats vers d'autres sujets subjectifs. Si l'on veut avoir une bonne EN, on doit faire confiance au sélectionneur et lui accorder le temps nécessaire pour faire progresser l'équipe. La stabilité de l'entraîneur est une condition primordiale pour avancer dans le sens positif». Ceci est la version de Saâdane avant de fustiger «les gens qui cherchent de faux problèmes au lieu de s'occuper des véritables contraintes». Comme si ces dernières n'ont pas été dénoncées par les médias, les observateurs et les consultants, il reconnaîtra ensuite que «le football algérien traverse une période très difficile et même compliquée à cause de la recherche des résultats immédiats. C'est un cumul de plusieurs années», a analysé l'ancien sélectionneur national, avertissant que «si on continue sur cette cadence, l'Algérie ne se qualifiera même pas à la prochaine Coupe d'Afrique des nations en 2019». «Personne ne peut cacher la réalité que notre football est incapable maintenant de produire des joueurs avec une formation répondant aux standards internationaux», a déclaré Zetchi dans son intervention en panel, à l'occasion du symposium sur le «Renouveau du football algérien», ouvert lundi au Centre international des conférences (CIC).