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Députés, dites-vous ?
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 06 - 11 - 2014

Du jamais vu à l'Assemblée populaire nationale : lors de l'examen de projet de loi de finances pour 2015, le député indépendant, Habib Zagad c'est son nom, s'en est pris, violemment, au président de l'APN, Larbi Ould Khelifa qui, selon ledit député, n'a rien de démocrate.
Poussant plus loin « son coup de gueule », le député, entré décidément en dissidence, a brossé lors de la séance plénière de l'Assemblée, un tableau, plutôt sans complaisance, de la situation actuelle du pays, caractérisée a-t-il tenu à le rappeler « par l'absence remarquée du président de la République ! ».
Commentant son intervention, certains de ses collègues ont dit « qu'il s'était tiré une balle dans le pied ! ».
D'autres, lui ont trouvé du courage mais en pensant, tout de même, qu'il aurait dû aller au terme de sa démarche et démissionner de l'Institution Parlementaire.
Tout comme Mustapha Bouchachi, cet ex-député du FFS, qui a démissionné, déçu de ne pas avoir trouvé une tribune pour défendre les électeurs qui lui ont conféré mandat ; il a renoncé au salaire mirobolant de député et a osé faire un sursaut digne d'un homme intègre, choqué, selon ses dires « par la transgression flagrante de la loi par certains élus qui ignorent les lois de la République, y compris celle régissant leur propre institution et qui n'ont pas eu le courage de voter des propositions de mise en place de commissions d'enquêtes indépendantes ».
Bien avant lui, c'est le sénateur Mokrane Aït-Larbi, qui avait pris congé du Conseil de la Nation et des locataires du palais Zighout Youcef, censés pourtant, comme ceux nommés dans le tiers présidentiel, apporter leur expérience et leur expertise au pays. De tout cela on a rien vu, si ce n'est une majorité de cumulards et de prétendants à plus de privilèges ainsi qu'une poignée de ministres recyclés.
L'exemple de l'intrépide député Habib Zagad est rare pour ne pas être évoqué, d'autant plus qu'il se détache, par le propos tenu, de cette catégorie de députés dits « indépendants » qui, dans l'absolu, se fondent dans les partis sitôt élus à l'APN avec, déjà, l'idée de se faire réélire. Un candidat à la députation, indépendant comme on dit, plein d'énergie, diplômé, expérimenté, ne fera pas le poids en période d'élection. Sans soutien et sans argent, il ne passera pas le cap du dépôt de candidature.
Et le citoyen dans cette histoire. Il continuera à voter, bien évidement, parce que la démocratie l'exige et qu'il doit assumer sa citoyenneté en caressant l'espoir de voir, peut-être, se multiplier les élus qui feront de leur mandat un engagement et une charge, pour servir et non se servir.
Lors de ces dernières mandatures quelques uns d'entre ces derniers se sont fait connaître, comme le député du Sud Akhamoh Hag Moussa, qui a porté la voix des zones frontalières du Sahara, ou Nordine Aït Hamouda qui avait le courage de dire, haut et fort, ce que tout le monde pensait tout bas ou encore Cherif Ould El Hocine qui a mis au service de l'APN son expertise en matière agricole.
Avec eux, on peut citer, également, Lakhdar Benkhellaf de l'Alliance Verte, Ramdane Taazibte qui porte la voix des travailleurs ou dans une législature passée, Mohamed Laïchoubi excellent président de la commission des finances selon ses pairs, ministre, ambassadeur et conférencier international depuis.
D'autres députés, en revanche, n'ont pas fait honneur à leur mandat :
• on les a vus en venir aux mains et en découdre, parce qu'ils étaient à court d'arguments.
• un des leurs, selon un quotidien arabophone, a été épinglé pour cause de trafic de visa.
• on a cru, un instant, à la démarche des 26 députés qui voulaient instaurer un débat sur la corruption. On a cru aussi à la mode des commissions d'enquête qui n'ont jamais vu le jour, pour semble-t-il, un manque d'ancrage juridique.
• on nous a parlé aussi des députés qui ont voté des lois dont ils ne connaissaient même pas la consistance et aussi des députés qui n'ont pas ouvert la bouche durant tout leur mandat.
• on a encore en mémoire, ce documentaire tourné par une télévision privée algérienne, montrant des députés avouant, toute honte bue, n'avoir jamais lu de livre.
On n'a pas vu encore, à ce jour, une loi porter le nom de son député, on a, en revanche, regardé avec ahurissement les travées vides de l'APN à l'occasion de discussions de textes fondamentaux, comme la loi de finance 2015 : Ils étaient à peine une cinquantaine ! L'examen du texte leur a pris un peu plus que deux journées pendant lesquelles ils ont revendiqué des logements promotionnels et des crédits sans intérêts ; pour ceux qui l'ignorent encore, les députés bénéficient déjà d'une indemnité de logement estimée à 750 000 DA et d'un crédit sans intérêts pour l'achat d'un véhicule.
La représentation nationale, émanation du peuple, est censée porter les idéaux et les doléances de celui-ci. La réalité est, hélas, toute autre aujourd'hui.
Sommes-nous restés au stade de l'apprentissage ? Peut-être bien. C'est agaçant, tout de même, car les députés, eux, s'accommodent aisément de cette situation dès lors que l'Etat les entretient, grassement, autant qu'il les déresponsabilise avec cet argument du mandat national et non pas local.
Il ne faut pas donc attendre grand-chose des députés actuels, trop nombreux, majoritairement inféodés à des partis inamovibles, devenus institutions dans les institutions (FLN-RND).
A moins de recadrer les choses et de dire :
Le député représente la Nation et doit donc parler au nom de l'intérêt national ; il a aussi une responsabilité locale qui l'oblige à être à l'écoute de ses électeurs, de prendre en charge leurs doléances et leur rendre compte.
Il devra, lorsqu'il présentera sa candidature aux élections, engager personnellement sa responsabilité sur un programme, fût-il celui élaboré par son parti.
Il sera obligé aussi, non seulement d'ouvrir une permanence, localement, mais s'assurer l'aide d'un assistant parlementaire, autre que membre de sa famille, pour donner plus de crédibilité à sa charge.
Quant aux partis politiques, ils ne pourront pas leurrer, indéfiniment, les citoyens en leur faisant croire que leurs listes sont conduites par des universitaires et des personnes instruites, sachant bien, qu'un diplôme quel qu'il soit, ne donne pas une compétence et une intelligence dans la gestion des situations ; seul le quotidien permet de juger sur pièce. Que de fois avons-nous été dépités par la qualité des interventions des députés et la stérilité de leurs débats, qui apparaissent hors histoire, hors sujet et sentant la langue de bois.
Quant aux pouvoirs publics, ils devront trouver le chemin d'une démocratie réelle, crédible et véritablement représentative de toutes les couches sociales de la population.
Cela passerait, obligatoirement, par une réforme du parlement, par la suppression du Sénat, par exemple, dont personne n'entrevoit l'utilité ou ne perçoit l'expertise tant louée.
Cela passerait, également, par la réforme des règles de campagne électorale, du mode de scrutin, du statut de député et du lancement de la formation des assistants parlementaires et du métier y afférent.
En conclusion, peut-on un jour rêver « d'aller nous plaindre à notre député ! », tout comme le citoyen lambda, de la rive nord de la méditerranée et d'ailleurs, qui use et abuse de cette formule, car convaincu, qu'il tient là un sésame lui permettant, si besoin était, de contester, légitimement, toutes les formes d'abus dont il se sentirait l'objet, par la faute d'une administration malveillante à son égard ou, de quelques fonctionnaires trop zélés à son goût ?
Ce même citoyen rencontrera, bien évidemment, son député à sa guise, au détour du marché de son quartier ou dans sa permanence ; il pourra lui parler, sans protocole et lui exposer ses griefs ou lui parler de ses attentes, avec la garantie, déjà, d'une attention non feinte et ,aussi, la conviction que sa requête sera, pour le moins, examinée.
Oui, mais là on est dans des pays où la démocratie est ancrée dans les mœurs, ce qui n'est pas le cas en Algérie où l'élection du député n'est pas liée à une quelconque compétence, qu'il peut éventuellement avoir, mais qu'il faut qu'il étouffe, mais à une allégeance qui tire ses fondements dans un atavisme qui plonge dans la nuit des temps et qui est appelé « aççabya » par Ibn Khaldoun, «Benaamisme » aussi, ou encore « aarouch », bref, qui fait appel à des expressions du terroir qui avaient toutes leur pertinence dans l'histoire séculaire de l'organisation sociale des communautés tribales(*).
Conséquemment, la circonscription électorale aura un député, confortablement élu, qui n'aura pas à rendre compte à la population, qui a certes voté pour lui, mais plutôt à celui qui l'aura fait roi, c'est-à-dire son parti, celui qui l'a intronisé et l'a placé en tête de liste, pour le faire élire, sûrement, mode d'élection oblige.
Le souci prioritaire de cet élu serait, outre sa reconnaissance éternelle à son parti, de se montrer dans sa wilaya, à chaque visite ministérielle, pour être vu, le plus possible, à côté des responsables locaux, en compagnie du ministre. En dehors de ça, c'est l'inaction politique qui le caractérise et qui est dissimulée par un emploi du temps chargé en apparence, car son contenu est bien souvent d'une indigence affligeante, en termes d'efficacité.
Faut-il, en conséquence, changer les choses ? Oui, bien sûr, en commençant, déjà, par faire bouger les lignes de cette vie politique à « l'encéphalogramme plat » et l'initiative ne peut venir, in fine, que du Président de la République qui détient toutes les clefs pour décider :
• d'un dialogue national avec toutes les parties qui ont émis le souhait « d'une transition pacifique avec le pouvoir ».
• d'élections législatives anticipées pour crédibiliser l'institution parlementaire
* Professeur Chems-eddine Chitour


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